éditorial
François Hollande compte sur une opération en Syrie pour faire l'union nationale, pendant que la Droite se cherche
par Yves de Kerdrel
La semaine écoulée a permis au pouvoir socialiste de renouer avec les patrons à travers quelques gestes symboliques et quelques phrases aimables échangées à l'Université d'été du Medef. La semaine qui vient pourrait être celle d'une frappe aérienne sur la Syrie qui permettrait de faire l'union nationale, même si l'opinion publique y est majoritairement hostile.
01/09/2013 - 08:02

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C'est ce dimanche qu'a lieu la seconde grande réunion des amis de Nicolas Sarkozy. Le rassemblement se tient à Arcachon. Et cette année, à la différence de l'an passé, on devrait y voir très peu de ténors de l'UMP. Si Jean-François Copé a prévu d'y assister et si Alain Juppé a accepté de s'y montrer aux côtés d'Éric Woerth et de Christian Estrosi, certains vont surtout s'employer à compter les absents : Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez, François Baroin, Nathalie Kosciusko-Morizet, Éric Ciotti, Luc Chatel ou Valérie Pécresse. Essentiellement des fillonistes. Seuls les fidèles comme Brice Hortefeux, Nadine Morano, Henri Guaino ou Guillaume Peltier devraient s'y retrouver avec 2.000 assidus, pour y écouter notamment un message de l'ancien président.
Cette réunion intervient au moment où l'UMP est plus divisée que jamais. D'une part entre les partisans de François Fillon et ceux de Jean-François Copé. Mais aussi à cause de la rupture récente entre ce dernier et Nicolas Sarkozy. L'ancien Président, qui prépare toujours une grande surprise, à l'égard du peuple de droite, reste convaincu qu'il demeure une "valeur refuge". Le succès du "Sarkothon", cet été, a rassuré ses amis : la base du parti reste sarkozyste.
SARKOZY TOUJOURS EN TETE
C'est d'ailleurs ce que montre un sondage IFOP réalisé pour Sud-Ouest Dimanche et publié aujourd'hui. Pour les sympathisants UMP, Nicolas Sarkozy reste le candidat favori à la présidentielle de 2017. 54 % d'entre eux émettent une préférence en sa faveur, très loin devant François Fillon (17 %) et Alain Juppé (11 %). L'ancien chef de l'État perd toutefois du terrain, puisqu'en juin dernier 58 % des personnes interrogées souhaitaient sa candidature (et même 63 % en avril). François Fillon gagne un point par rapport à juin et Alain Juppé trois. Viennent ensuite, notamment, Christine Lagarde (5 %) et Jean-François Copé (4 %). 2 % penchent pour Laurent Wauquiez, autant pour Nathalie Kosciusko-Morizet. 1 % cite Xavier Bertrand, 1 % également Bruno Le Maire. 3 % n'optent pour aucun de tous ces candidats possibles.
De son côté Jean-Louis Borloo commence à réapparaître sur le devant de la scène profitant de l'accalmie judiciaire autour de l'affaire Tapie et du désordre à droite. Lui qui avait été tenté, à un moment, de faire une liste commune avec l'UMP pour les européennes discuterait maintenant avec le Modem. L'Europe figurant dans leur patrimoine génétique commun, quoi de mieux que des élections européennes pour leur permettre de surmonter leurs handicaps respectifs ? C'est ce qui a conduit François Bayrou et Jean-Louis Borloo à reprendre contact cet été. Ils ont déjeuné ensemble la première quinzaine d'août et n'ont plus cessé de se parler depuis. Jeudi dernier, ils ont encore été vus, avec Marielle de Sarnez, dans un restaurant près de l'Alma.
FILLON TRACE SA ROUTE
Il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Mais le patron de l'UDI, Jean-Louis Borloo a déjà montré sa volonté de dépasser les intérêts de boutique en proposant aux centristes et assimilés chez nos voisins européens de faire campagne ensemble sous une bannière ?cuménique: Les Européens. L'UMP a fait savoir qu'elle n'approuvait pas l'initiative. Autre question: qui assumera le leadership des listes du centre reconstitué, dans les huit circonscriptions concernées et surtout au niveau national ? Le sujet n'a pas encore été évoqué. Borloo ne veut pas se présenter, Bayrou n'en a guère envie non plus.
De son coté, François Fillon continue de tracer sa route. Dans son discours d'ouverture de la journée de réflexion de Force républicaine à Rouez-en-Champagne (Sarthe), et en présence des parlementaires UMP qui le soutiennent, l'ancien premier ministre a réaffirmé sa volonté sans faille de se présenter à la primaire de l'UMP pour la présidentielle de 2017. Se posant en homme d'État, Fillon ambitionne de donner à la droite républicaine et au centre le corpus idéologique qui lui fait défaut" en vue de cette échéance. De nombreux poids lourds de l'UMP figuraient parmi les parlementaires présents à la journée de réflexion de l'ancien premier ministre, dont Valérie Pécresse, Éric Woerth, François Baroin, Hervé Gaymard et Gérard Longuet.
LA CONVERSION DE MOSCOVICI
Profitant de toutes ces divergences à droite, y compris sur la politique étrangère, François Hollande compte bien profiter des évènements en Syrie pour faire remonter sa popularité. Le Chef de l'État est bien décidé à frapper, même si ce n'est que de manière symbolique. Le Charles de Gaulle, qui était encore en cale sèche à Toulon, devrait appareiller incessamment avec des Rafale équipés de missiles Scalp capables de frapper à seulement 300 kilomètres, c'est-à-dire sur des cibles à l'ouest du pays, laissant les cibles principales au missiles mer-sol américains. Un débat extraordinaire sur cette intervention doit se tenir à l'assemblée ce mercredi. La veille François Hollande a un rendez-vous en tête à tête avec Laurent Fabius.
Sur le plan économique, la semaine passée a été marquée par l'annonce de la fausse réforme des retraites et par l'Université d'été du Medef. Alors que d'aucuns prévoyaient une confrontation électrique, jeudi 29 août, entre le nouveau patron des patrons, Pierre Gattaz, et le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, l'échange a donné lieu à un dialogue courtois, presque complice. Qui a permis au ministre, au final, de recueillir les applaudissements nourris du parterre de dirigeants d'entreprise qui se pressaient sous un chapiteau archicomble. Se présentant comme le "ministre des entreprises", il a multiplié les amabilités à leur égard. Au-delà des mots, le ministre a aussi voulu donner des gages au Medef. Et il n'était pas venu les mains vides. Pierre Gattaz avait, en introduction, répété les trois obsessions de son organisation : coût du travail trop élevé, asphyxie fiscale, complexité législative et normative.
REVISION A LA HAUSSE DE LA CROISSANCE
Pierre Moscovici l'a pris au mot. "Le niveau des prélèvements obligatoires est-il bon pour l'économie et l'emploi ? La réponse est non. Le niveau des cotisations doit-il baisser ? Oui", a-t-il affirmé en guise de préambule. Et dés demain matin les deux hommes doivent se revoir à Bercy pour faire avancer ces chantiers. Surtout, Pierre Moscovici a promis que les impôts pour les entreprises n'augmenteront pas dès le projet de loi de finances pour 2014 et que, sur la suite du quinquennat, le niveau des prélèvements obligatoires qui pèsent sur les entreprises va baisser. Écartée, donc, une hausse de la taxe sur les dividendes, en même temps que le ministre a dit vouloir ouvrir une réflexion sur la modernisation de la fiscalité des entreprises.
De son côté, à l'occasion d'une interview au journal Le Monde, François Hollande a jugé que le temps est venu?de faire une "pause fiscale". Le chef de l'État a profité de cette intervention pour redire qu'un mouvement de reprise en France et en Europe se dessine. "Je gage que nous pourrons revoir légèrement à la hausse la prévision de croissance pour 2014" a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement l'indiquerait "fin septembre au moment de la présentation du projet de loi de Finances". La prévision officielle de croissance pour 2014 est de 1,2 %, mais le gouvernement travaillait depuis le début de l'été sur un scénario proche de 0,8 %. C'est donc ce dernier chiffre qui sera revu à la hausse, selon les informations recueillies par WanSquare
L'OREAL PRET A SON BIG BANG
Du côté des affaires, il se confirme que Total va faire de nouvelles restructurations en France, comme l'a averti vendredi 30 août son président, Christophe de Margerie, sans toutefois évoquer de projet ou de calendrier précis. Le pétrolier français a indiqué début août qu'il souhaitait transférer à Londres la gestion de sa trésorerie et sa communication financière. Mais le groupe a convoqué pour mercredi un comité central d'entreprise concernant un projet d'avenir pour le site pétrochimique de Carling en Moselle. Selon des sources syndicales, Total pourrait annoncer l'arrêt du vapocraqueur, la principale installation du site, et la suppression de quelque 200 emplois nets sur les 550 du site, dans un secteur pétrochimique européen à la peine.
L'autre événement du moment, c'est la petite phrase lâchée par Jean-Paul Agon, le patron de L'Oréal, affirmant que son groupe était capable de racheter la participation détenue par Nestlé au cas où le groupe suisse souhaitait se désengager. C'est en avril 2014 qu'expirent les droits de préemption liant la famille Bettencourt et le géant de Vevey. L'Oréal, qui capitalise 77 milliards d'euros en Bourse, ne supporte aucun endettement et dispose même comme poire pour la soif de sa participation résiduelle dans Sanofi estimée à 9 milliards d'euros. En attendant le big bang du capital, les excellents résultats du leader mondial des cosmétiques ont mis du baume au c?ur des investisseurs frustrés, l'action grimpant de 3,15 % vendredi 30 août.
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