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Yves de Kerdrel
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La dynamique a changé de camp en faveur de Nicolas Sarkozy
par Yves de Kerdrel
Désormais c'est officiel, les courbes du premier tour se sont croisées. Quant au second tour,l'écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande a fondu de huit points en l'espace de deux semaines. Si bien que le candidat socialiste est désormais sur la défensive !
18/03/2012 - 08:14
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C'est un François Hollande sur la défensive qui est apparu sur les écrans de France 2 jeudi soir pendant plus de deux heures et demi d'émission. Pas tant en raison du débat de choc avec Jean-François Copé. Mais parce que les derniers sondages commandés par la direction des enquêtes du Parti Socialiste sont plus mauvais encore que ce que redoutait le député de Corrèze. Au premier tour l'écart est désormais positif de deux points en faveur de Nicolas Sarkozy.
Quant au second tour, François Hollande n'y apparait plus qu'avec une avance de 53 % au lieu de 57 % il y a encore trois semaines. Surtout, selon les spécialistes des instituts de sondage, la proportion des français ne sachant pas pour qui ils vont voter a nettement diminué au cours des quinze derniers jours, passant de 60 à 40 %. Et leurs choix vont en majorité pour Nicolas Sarkozy, ou pour Jean-Luc Mélenchon.
DES MESSAGES BIEN PERCUS
Tout cela explique la fébrilité qui commence à s'installer Avenue de Ségur où les réactions au meeting de Villepinte sont restées timides et dispersées, laissant du même coup, dans les médias, le champ libre à un effet "boule de neige". A cela s'est ajoutée l'émission de lundi dernier sur TF1 "Paroles de candidat" où Nicolas Sarkozy a réalisé un bon score d'audience. Du même coup, Rue de la convention, on reste sur l'idée que la cristallisation des sondages pour le premier, comme pour le second tour va se faire autour du premier avril, soit trois semaines avant le 22 avril.
Du côté d'Emmanuelle Mignon et de Sébastien Proto qui mettent en musique les thématiques soufflées par Patrick Buisson et Henri Guaino on se félicite que les messages délivrés par le Président-candidat soient aussi bien perçus. 43 % des Français interrogés par TNS Sofres pour I-Télé estiment que Nicolas Sarkozy est en train de marquer des points dans cette campagne. Ce qui correspond à une hausse de 15 points en l'espace d'une semaine. A l'inverse, François Hollande ne marque des points que pour 28 % des sondés, en baisse de onze points. A titre de comparaison, à la fin du mois de janvier le candidat socialiste marquait des points d'après 58 % des personnes interrogées, contre 10 % pour Nicolas Sarkozy.
COPE A GAGNE SES GALONS
Par ailleurs du côté des projets, les Français approuvent à 62 % la proposition de Nicolas Sarkozy de renégocier les accords de Schengen, mais seuls 48 % la jugent possible. Ils saluent massivement l'idée de taxer les exilés fiscaux (79 % d'approbation) mais seuls 33 % jugent qu'elle sera mise en ?uvre. Concernant François Hollande, 52 % approuvent l'idée de renégocier le pacte budgétaire européen et 42 % jugent sa réalisation possible.
Il reste qu'avec l'égalité des temps de parole, la campagne va devenir plus contrainte pour tous les candidats. Même si dans le camp de Nicolas Sarkozy on espère bien profiter de l'espace libéré par la non-candidature de Dominique de Villepin. En coulisses, des manoeuvres sont toujours entreprises pour que l'ancien premier ministre, à défaut d'être un soutien, ne soit pas une nuisance d'ici au premier tour. Et surtout, ne passe pas le moindre accord avec François Bayrou.
Jean-François Copé, qui a été félicité en public à Meaux vendredi par le Président-candidat, pour sa prestation face à François Hollande, a gagné ses galons pour un poste important en cas de victoire. Initialement France 2 songeait à un débat entre le candidat socialiste et François Fillon. Et c'est Nicolas Sarkozy en personne qui a demandé au secrétaire général de l'UMP de remplacer le Premier Ministre qu'il redoutait être trop mou, comme l'avait été Alain Juppé lors d'une précédente émission à la fin du mois de janvier. En revanche Xavier Bertrand se fait plus discret, multipliant les tournées en province, et les visites de fédérations... comme s'il préparait un futur congrès de l'UMP.
LE PROBLEME ESPAGNOL
Du côté de l'actualité économique, c'est à nouveau le grand calme avec les yeux des européens braqués sur l'Italie et sur l'Espagne. A Milan, vendredi, le spread entre les taux italiens et allemands a atteint son plus bas niveau depuis plus d'un an, témoignant du succès de la méthode Monti. Mais du coup cela donne encore plus d'écho aux demandes répétées des chefs de gouvernements italiens et espagnols de mener une politique de croissance au niveau européen. La situation la plus incongrue du moment est celle que vit la péninsule ibérique qui est menacée de se voir sanctionnée par Bruxelles pour un dérapage budgétaire alors qu'elle a été très loin dans les réformes de structure demandées par les gardiens du Temple Européen.
Mais les marchés pourraient continuer à faire bonne figure dans les semaines qui viennent. D'autant que les rendements restent élevés et que les PER sont modestes avec des perspectives de résultats plutôt favorables. Certains se sont inquiétés de voir un investiseur aussi avisé qu'Albert Frère prendre subitement sa plus-value sur Arkema et sur une partie des titres Pernod-Ricard qu'il a en portefeuille depuis plusieurs années. Cependant il semblerait que ces arbitrages soient davantage dictés par la volonté de se désendetter plutôt que par une peur du retournement des marchés. D'aucuns évoquent également un renforcement de la présence du milliardaire belge au capital de LVMH. Ou bien - dernière hypothèse - une reconfiguration des holdings de contrôle un an après le "delisting" de la Compagnie Nationale A Portefeuille et le début du désengagement de BNP Paribas.
TOUR DE PASSE-PASSE
Le feuilleton Veolia a repris de plus belle cette semaine avec la reconfiguration du conseil d'administration du groupe. Le board a assisté à un drôle de tour de passe-passe avec la fin du mandat de Georges Ralli, patron de Lazard Frères Gestion et adversaire déclaré d'Antoine Frérot... qui a été aussitôt renommé en tant que représentant de Groupama. Or Groupama est notamment conseillé dans sa restructuration par la banque Lazard. Cette nomination, dont nul n'était au courant au sein de la banque du boulevard Haussmann a créé quelques remous d'autant plus que Ken Jacobs, le patron mondial de Lazard était à Paris cette semaine.
Toujours est-il que cette "tâche" sur la gouvernance du groupe de Veolia n'a pas empêché Antoine Frérot de pousser son avantage en mettant dehors ceux qui ne faisaient pas preuve d'une fidélité exemplaire. Notamment Denis Gasquet et Olivier Orsini. Un geste aussitôt salué par une forte hause du titre à la Bourse de Paris. Depuis le début de l'année, l'action Veolia a rebondi de 50 %.
La semaine à venir va être ponctuée par la publication des résultats de Bolloré et ceux d'Hermès. Ce sera l'occasion d'en savoir plus sur le calendrier d'échange des titres Direct 8 contre 1,8 % du capital de Vivendi après l'accord d'acquisition conclu avec Canal +, filiale du groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy. Sans attendre les autorités administratives, l'industriel breton a acheté officiellement 13,6 millions d'actions Vivendi sur le marché, soit 1,1 % du capital. Et il ne saurait être exclu qu'il a su mettre à profit la récente baisse du titre...
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