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Yves de Kerdrel

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Les socialistes commencent à parler de la défaite de Hollande
par Yves de Kerdrel

La dynamique de campagne reste clairement en faveur de Nicolas Sarkozy, dont les français ont très largement salué sa gestion de la crise humaine, terroriste, et nationale, qui a marqué la semaine écoulée. Si bien que le moral du camp socialiste commence à faiblir, d'autant que la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon handicape François Hollande.
25/03/2012 - 09:17 Temps Lecture 7 mn.
La semaine écoulée a été inédite pour une campagne présidentielle française avec à la fois une tuerie dans une école juïve, l'émotion nationale soulevée par ce drame, l'identification très rapide du meurtrier, l'enterrement des victimes en présence des autres candidats à la magistrature suprême, et enfin l'assaut contre le terroriste, avec l'inévitable ballet de polémiques qui s'en est suivi. Malgré tout si l'on en croit un sondage TNS Sofres-Mediaprism pour i>Télé, 71 % des français estiment que Nicolas Sarkozy a bien géré cette crise. 76% des personnes interrogées estiment que le chef de l'Etat est apparu, durant cette séquence, à la hauteur de la fonction présidentielle et 41% seulement soupçonnent le candidat-président d'avoir tenté de récupérer ce drame pour marquer des points dans la campagne. Il est clair que Nicolas Sarkozy s'est totalement mis en congé de la campagne pendant toute cette période de crise. Dés lundi soir, il a annulé plusieurs émissions de télévision et de radio, et un meeting à Orléans. De la même manière, mercredi soir, après la cérémonie à Montauban, il a refusé de passer au Méridien Montparnasse, où l'attendaient les principaux donateurs de la campagne présidentielle. DIMINUER L'ANTI-SARKOZYSME Dans l'entourage proche du Chef de l'Etat on ne considère pas que cette crise va changer radicalement le rapport de forces. En revanche, on espère bien qu'une bonne part de "l'anti-sarkozysme" primaire va disparaître chez certains électeurs qui vont prendre conscience de la capacité du président-candidat à gérer les crises, quelles que soient leurs natures. Les derniers sondages disponibles à la veille du week-end attribuaient toujours environ 30 % à Nicolas Sarkozy contre 28 % pour François Hollande, qui est handicapé à la fois par la dynamique de son principal adversaire et par la forte montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon, désormais crédité de 14 %. Par ailleurs plusieurs sondeurs expliquent que le score du Président de la République est sous-estimé, certains français n'osant pas dire qu'ils lui sont favorables. Un phénomène qui n'est pas corrigé. Rue de la Convention, où l'on se satisfait que Claude Guéant se soit refait une virginité dans cette affaire, après l'impair de la viande hallal, un nouveau programme de meetings est mis au point pour les semaines à venir. Dés demain soir il sera à Orléans, puis le lendemain à Nantes avant une grande rencontre avec les jeunes à Paris samedi 31 mars. Ensuite, les principaux meetings sont prévus à Rennes, Toulouse et Clermont-Ferrand. Par ailleurs, le 4 avril Nicolas Sarkozy se rendra à La Réunion. La dernière grande réunion de campagne pourrait avoir lieu le vendredi 20 avril à Nice, sur un terrain particulièrement tenté par les idées du Front National. LE TOURNANT DE LA CAMPAGNE ? Avenue de Ségur, cette semaine, pour la première fois, les plus proches de François Hollande, qui se répartissaient, il y a encore quinze jours les futurs postes de ministres ont commencé à gloser sur une possible défaite de François Hollande. Le changement de dynamique, la fatigue ressentie par le candidat socialiste, et la panne d'idées dans le camp socialiste expliquent ce coup de mou. A moins qu'il s'agisse du vrai tournant de la campagne... Sur le front économique, la nouvelle importante est venue de la révision à la hausse de la perspective de croissance pour 2012 à 0,7 % contre 0,5 % précédemment. Ce qui aura des conséquences positives en termes de recettes fiscales et du respect de la trajectoire budgétaire. Un chiffre qui tombe bien à quelques jours de la publication des derniers chiffres du chômage que la gauche a d'ores et déjà prévu de faire ressortir. Même si cette différence reste très limitée surtout dans une période où les variations des cours du pétrole peuvent peser sur la croissance de manière immédiate et brutale. SORTIR SPINETTA D'AREVA L'autre inquiétude des chefs d'entreprise tient à ce qui s'est récemment passé en Chine avec l'éviction du maire de Chonqing, Bo Xilai, de la course à la présidence du parti communiste chinois. Ce dernier, bien connu de patrons français comme Gérard Mestrallet ou Bruno Lafont, était réputé être très favorable au développement d'une "Chine capitaliste", à une plus grande ouverture aux entreprises étrangères et à l'élévation rapide du niveau de vie des classes moyennes, afin de favoriser les importations et rééquilibrer la balance commerciale. Son éviction, pour ne pas parler d'éxécution, laisse craindre un climat de glaciation dans les relations entre la Chine et l'Occident dans les mois qui viennent, d'autant plus que le ralentissement économique qui frappe l'ex-Empire du Milieu s'avère plus profond que prévu. Du côté du monde des affaires, il est largement question, depuis que François Baroin a décidé d'en finir avec la question des indemnités d'Anne Lauvergeon, de pousser Jean-Cyril Spinetta vers la sortie du conseil de surveillance d'Areva. Nul n'ignore qu'il est, depuis le début, le principal soutien, de l'ancienne présidente du directoire auprès de laquelle il continue de rapporter tout ce qui se passe au sein du leader mondial du nucléaire. Une situation intenable pour Luc Oursel et pour l'ensemble du management qui tentent de réparer les dégâts commis par l'ancienne sherpa de François Mitterrand. Dans ces conditions, puisque Jean-Cyril Spinetta a repris, depuis l'automne des fonctions éxécutives chez Air France-KLM, l'Agence des Participations de l'Etat réfléchirait à une évolution de la gouvernance d'Areva avec, à la clé, une transformation du mode de direction du groupe. Le directoire et le conseil de surveillance seraient fusionnés en un seul conseil d'administration qui serait présidé par Luc Oursel. C'en serait donc ainsi fini de l'ère Spinetta. Mais, à Bercy, tout le monde craint les réactions de ce dernier, et de ce qu'il reste de la "Mitterrandie". La saison des publications de résultats est sur le point de s'achever et a laissé transparaître bien plus de bonnes surprises que de mauvaises et surtout beaucoup de perspectives favorables concernant l'exercice en cours. La saison des assemblées générales d'actionnaires s'apprête à débuter avec un risque de focalisation sur la question des rémunérations. D'autant que les documents de référence, qui sont publiés au fil de l'eau, montrent que les patrons du CAC 40 n'ont pas fait preuve de modération en 2011, comme ils s'y étaient engagés. A cela s'ajoutent leurs ventes massives de titres réalisées pour des raisons fiscales ou par précaution avant les élections, qui n'ont, bien sûr, rien d'illégal, mais dont les montants peuvent surprendre des "petits porteurs" accablés par les moins-values. Ce qui devrait amener les organisations patronales à écrire aux dirigeants du SBF 120 afin qu'ils fassent oeuvre de pédagogie, en la matière, au cours de ces assemblées, dans la mesure du possible.
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