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La Grèce profite à Sarkozy... et oblige la gauche à parler rigueur
par Yves de Kerdrel

Le second plan de sauvetage de la Grèce a permis au Chef de l'Etat d'apparaître comme celui qui fournit la solution. Ce qui est bon pour son image, même si les marchés en décideront peut-être autrement. Pendant ce temps, les socialistes revoient leur discours en matière de rigueur et "font la course à l'échalote" derrière François Hollande.
24/07/2011 - 07:53 Temps Lecture 6 mn.
A l'Elysée, l'humeur est plus vagabonde en ce week-end d'arrivée du Tour du France, qu'elle ne l'était il y a seulement une semaine. La mise en scène du second plan de sauvetage de la Grèce a été une réussite, même si les conseillers du Chef de l'Etat concèdent que le plus dur reste à faire. C'est-à-dire : passer les tests des marchés, voir les autres maillons faibles de l'Europe du Sud continuer à faire l'objet de dégradations de notes, et renforcer la gouvernance économique de la zone Euro, comme le voeu en a été fait dans le communiqué final du sommet du 21 juillet. Il reste qu'en termes d'image, pour le commun des mortels, ce qui reste de cet épisode, c'est un Président de la République française qui est celui qui apporte une solution. Et qui, de surcroit, prend le temps d'aller convaincre à Berlin, la Chancelière allemande, que cette solution est la bonne. Les premières études d'opinion faites à la demande du "Château" au lendemain du sommet ont fait ressortir à quel point les français avaient apprécié cette posture d'un Nicolas Sarkozy, "arrangeur" du casse-tête grec, et surtout "protecteur" de l'Europe, telle qu'elle est. SONDAGES EN HAUSSE POUR SARKOZY Tout cela devrait se confirmer dans les sondages à venir, qui montrent tous une remontée très lente, mais très régulière, de la cote du Chef de l'Etat. Même si les simulations d'un second tour en temps réel le donnent toujours largement battu par François Hollande. A condition qu'aucun évènement insolite vienne perturber la saison estivale, les vacances du Président de la République, qui débuteront au Cap Nègre, juste après le conseil des ministres du lundi 1 er août, devraient donc se dérouler dans la sérénité, pendant qu'à gauche, la mayonnaise va continuer à monter entre Martine Aubry et François Hollande. L'avance prise par ce dernier sur la Maire de Lille continue de se creuser, grâce à ses efforts de présence tous azimuts. L'épisode de l'affaire Banon a été vite dégoupillé avec une audition par la police, qui s'est déroulée dès la semaine dernière, et non pas à la rentrée de septembre. Idem pour Stéphane Le Foll, son ex-directeur de cabinet. Le camp Aubry, comme l'Elysée, qui espéraient exploiter le fait que le nom de François Hollande soit cité dans l'affaire DSK-Banon, en sont donc pour leurs frais. SURENCHERE DE LA GAUCHE SUR LA RIGUEUR Mais là où le député de Corrèze a surtout marqué des points, c'est à travers son interview dans le journal Le Monde où il se démarque du projet socialiste en termes de rigueur budgétaire. Ce qui a obligé Martine Aubry à aller à Canossa, en dépit des recommandations de son conseiller économique, Daniel Cohen (piètre concepteur du premier plan de sauvetage de la Grèce). Malgré tout, les socialistes ne sont toujours pas près de voter la règle d'or, si Nicolas Sarkozy se décide à réunir le Congrès, comme François Fillon l'objurgue à le faire. D'autant que le communiqué du sommet de Bruxelles incite tous les pays membres de la zone Euro à adopter une disposition de ce type. En dehors de la popularité montante de François Hollande, les deux principales préoccupations des conseillers de Nicolas Sarkozy restent le cas Borloo et le cas Le Pen. S'agissant du premier, son état-major de campagne semble se préciser, même s'il ressemble à une cohorte de "Marie-Louise" avec Yves Jégo comme probable directeur de campagne, et Dominique Paillé comme principal coordinateur. Curieusement, aucune place ne semble être faite, dans ce "shadow cabinet" à Rama Yade, qui a pourtant pris le plus de risques aux côtés du patron du Parti Radical. LE CAS LE PEN ET L'ASSISTANAT Concernant Marine Le Pen, qui plafonne toujours dans les sondages, les proches du Chef de l'Etat ont observé qu'elle avait perdu des points dans son "nouvel" électorat, en défendant la politique d'assistanat lorsque Laurent Wauquiez avait mené une charge contre elle. A la rentrée, un nouvel assaut contre les profiteurs de l'assistance à la française devrait être mené par des chevau-légers de la majorité, de manière à susciter de nouvelles réactions de la présidente du Front National. L'Elysée espère qu'ainsi, les classes moyennes, qui ont été, un temps, attirées par la gouaille de Marine Le Pen, s'apercevront que cette dernière n'est pas vraiment l'égérie de la France qui souffre et de celle qui se lève tôt. Au chapitre économique, le microcosme a beaucoup bruissé de la vidéo postée sur internet où Arnaud Lagardère échange des mots doux et des gestes tendres sur fond de musique lascive avec sa nouvelle compagne. Cette contre-publicité faite au patron du groupe qui porte son nom crée un certain embarras dans les milieux d'affaires français et européens, à un an de la prise de fonction programmée d'Arnaud Lagardère à la tête d'EADS. SEMESTRIELS ATTENDUS POUR LES BANQUES Par ailleurs selon les informations de WanSquare, après l'annonce d'un nouveau retard sur l'EPR de Flamanville, le gouvernement devrait solder définitivement, cette semaine, l'ère Lauvergeon, en réunissant Luc Oursel, le nouveau président du directoire d'Areva et Henri Proglio, le P-dg d'EDF, autour d'Eric Besson, à l'occasion de l'installation du Comité stratégique de la filière nucléaire. Cet évènement devrait être précédé par un déplacement du Ministre de l'Industrie sur le site d'Areva de Chalon en Bourgogne. Enfin après l'entrée en négociations exclusives d'Accor avec Sodexo pour la cession de Lenôtre sur la base d'un prix, considéré comme élevé, de 75 millions d'euros, les discussions finales devraient aller rapidement. Il semble que le fonds de private-equity Fondations Capital, dirigé par Xavier Marin, un ancien d'Eurazeo, a été proche d'emporter le dossier, mais il aurait été découragé par l'équipe de management. Les deux autres candidats, à savoir, le groupe Le Duff et le Groupe Lucien Barrière ont sous-valorisé l'affaire, aux dires des différents banquiers conseils. Ce qui les a disqualifiés. Désormais les marchés vont concentrer leurs attentes sur les semestriels des grandes banques et sur la manière dont elles vont intégrer le coût du "haircut" auquel elles sont soumises dans le cadre du plan grec. En principe elles devraient intégrer une dépréciation de 21 % de leurs créances sur Athènes. Ce qui pourrait représenter, après impôt, environ 700 millions d'euros pour BNP Paribas, 500 millions pour Dexia et 350 millions pour la Société Générale.
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