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Yves de Kerdrel

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Ne pas confondre reprise et sortie de la récession
par Yves de Kerdrel

Plusieurs signes objectifs témoignent d'une amélioration lente du climat économique. De quoi donner raison à François Hollande qui affirmait le 14 juillet dernier " la reprise est là " avant de le répéter ces derniers jours. Sauf qu'il s'agit davantage d'une simple sortie de la récession.
28/07/2013 - 08:19 Temps Lecture 9 mn.
François Hollande n'a pas cessé de répéter, à la moindre occasion, au cours de la semaine écoulée que la reprise économique était bien là. Bien sûr, ses conseillers restent plus prudents sur le sujet lorsqu'on les interroge. Bien sûr Pierre Moscovici se garde bien d'entonner lui aussi ce refrain. Quant à Bernard Cazeneuve, il reste préoccupé par la baisse des recettes fiscales, liées à la chute de la consommation, en dépit d'une saison des soldes plus favorable que prévu. Il reste que certains signes sont clairement meilleurs depuis quelques semaines. A commencer par la demande de crédit qui est l'un des meilleurs indicateurs avancés. Sans compter que la première vague de résultats semestriels de grands groupes du CAC 40, comme Capgemini, LVMH, Michelin, Orange, Total ou Lafarge ont publié des résultats très encourageants. Surtout, les premiers résultats n'ont pas fait ressortir pour l'instant d'avertissements. Seule une quinzaine de sociétés du CAC 40 ont donc fait état de leurs résultats ou chiffre d'affaires depuis mi juillet. Mais ces premières publications corroborent la batterie d'indicateurs publiés par l'Insee ces derniers jours. Le climat des affaires a bien gagné un point en juillet en France, sa troisième hausse d'affilée. Dans l'Hexagone, le moral des entrepreneurs est en train de s'améliorer doucement tant dans l'industrie que dans les services. Et s'agissant des biens de consommation, les perspectives semblent moins moroses. Whirlpool, le premier fabricant mondial d'électroménager, a fait état, la semaine dernière, d'une hausse plus importante que prévu de son bénéfice trimestriel, en raison d'une progression des ventes dans tous ses marchés, notamment en Europe, où elles ont augmenté de près de 6%. LA MAUVAISE FOI DE SAPIN Il reste naturellement un point noir qui rend incompréhensible par l'opinion le message de François Hollande : ce sont les chiffres du chômage qui continuent de se détériorer. Michel Sapin, le Ministre du travail a cru y déceler un ralentissement, signe encourageant vers une inversion de la courbe d'ici à la fin de l'année, comme l'avait promis le président de la République. N'hésitant pas, pour l'occasion à falsifier la vérité. Par exemple, il a expliqué : "Ça fait cinq ans que le chômage augmente chaque mois. A part le mois précédent et un autre mois dans les années précédentes." Or si l'on considère les seuls chômeurs de catégorie A, Michel Sapin dit faux, puisqu'on observe des baisses en mai et novembre 2009, en juillet et octobre 2010, janvier et mars 2011. Ainsi qu'une stagnation -et non une baisse- le mois dernier. De la même manière, Michel Sapin a expliqué que : "Pour la première fois, et deux mois de suite, le chômage des jeunes de moins de 25 ans recule." Si le Ministre du Travail a raison sur ce point, en revanche ce n'est pas une "première". Il avait aussi baissé de manière ponctuelle en mars et en avril 2011, et avant cela, en mai et en octobre 2010. Pour l'heure à gauche, à quelques jours du dernier conseil des ministres avant les vacances (prévu pour le vendredi 2 août) l'heure est à la préparation des universités d'été du Parti Socialiste. Plusieurs dirigeants s'alarmaient, ces derniers jours, du retard pris dans l'organisation de la traditionnelle rentrée socialiste, du 23 au 25 août à La Rochelle. La mise en ligne du programme, mercredi 24 juillet, sur le site du parti, n'a guère calmé les esprits."Mobilisés" : c'est le thème de cette université d'été. Mais les signes de mobilisation, à ce stade, demeurent faibles. Parce que le programme précis est arrivé tardivement dans les fédérations. Parce que le projet directif de l'université -le soutien au gouvernement- n'est pas forcément très alléchant pour des militants déboussolés. Et parce que, l'événement tombant plus tôt qu'à l'accoutumée, beaucoup seront encore en vacances. De surcroit, le dimanche précédent, Arnaud Montebourg aura lancé la rentrée politique lors de la fête de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avec comme invité d'honneur Claude Bartolone. C'est peu dire que Matignon aura à l'oeil ces deux tenants d'une inflexion de la ligne gouvernementale. EPILOGUE POUR LA SAUR Concernant La Rochelle, sur l'aile gauche, les amis de Benoît Hamon envisagent une réunion commune avec ceux d'Arnaud Montebourg, d'Emmanuel Maurel, voire avec les clubs de la Gauche populaire et de la Gauche durable. L'idée : débattre des moyens de résister au Front national, mais aussi parler de politique. Même si la direction du Parti Socialiste a envoyé une note aux cabinets ministériels fixant la règle : chaque ministre ne pourra venir qu'avec un seul collaborateur. Par ailleurs entre les Anti-mariage pour tous, le lobby gay-trans qui réclame la PMA, ou les déçus des réformes, les syndicalistes et les contestataires potentiels, attirés par la présence du gouvernement au grand complet, sont légion. Ce qui fait de cette une université d'été un moment à haut risque. Du côté des affaires le tribunal de commerce de Versailles a approuvé, vendredi dernier, la reprise et le refinancement de la Saur par ses banques créancières. Le groupe a obtenu l'homologation du protocole d'accord relatif au plan de refinancement de Hime-Saur par le tribunal de commerce de Versailles. Ce plan prévoit la reprise de 100 % du capital de Hime, la holding de contrôle de Saur par un groupe de banques menées par les françaises BNP Paribas et Natixis et la britannique Royal Bank of Scotland, en échange de l'abandon d'environ la moitié de sa lourde dette. Dans la nouvelle organisation, BNP Paribas aura 21 % ; RBS, 16 % ; et Natixis, 13 %, précise le groupement de banques. Elles auront donc la moitié du capital à elles trois. Le groupe Saur était jusque-là détenu par le FSI, Séché Environnement, Axa Private Equity et le fonds d'investissement Cube. Leurs participations, qui ne valaient plus rien, n'ont fait l'objet que d'un dédommagement symbolique. SUSPENSE FORMIDABLE SUR PUBLICIS En l'échange du capital de Hime, le protocole signé début juillet prévoit de ramener la dette à 900 millions d'euros (contre plus de 1,7 milliard auparavant), ainsi qu'une division des charges d'intérêts par 3, portés à 30 millions par an. L'accord contient également une clause de flexibilité de 150 millions d'euros, permettant de réduire la dette à 750 millions en cas de difficultés liées par exemple aux évolutions de marché ou à une détérioration des conditions macroéconomiques. La Saur bénéficiera également de lignes de crédits nouvelles pour 200 millions d'euros. Enfin, elle sera dotée d'un conseil de surveillance présidé par Jean-Pierre Rodier, ex-PDG du groupe d'aluminium Pechiney. La finalisation de cet accord préliminaire est attendue fin septembre. Enfin le principal événement de la semaine a été l'annonce, vendredi matin par Vivendi du début de sa réorganisation avec la cession du contrôle de l'éditeur de jeux vidéos Activision Blizzard pour 8,2 milliards de dollars. Le conglomérat français, qui cherche à réduire sa dette et se recentrer sur les médias, a dans le même temps indiqué qu'il étudiait la faisabilité d'une séparation de ses activités médias et télécoms, avec la possibilité d'une scission de sa filiale mobile SFR. Deux jours plus tôt Vivendi avait annoncé être en négociations exclusives avec Etisalat pour la vente de 53 % de Maroc Telecom selon un montant de 4,2 milliards d'euros. Selon les informations de WanSquare, l'accord est en fait déjà trouvé entre Etisalat et Vivendi. En revanche le royaume chérifien, qui détient 30 % de Maroc Télécom, discute avec Etisalat que ce dernier rétrocède à un consortium marocain une part de 15 % du capital, qui serait largement reprise par la Caisse des Dépôts du Maroc. Aujourd'hui, deux des plus importantes sociétés de publicité au monde, Publicis et Omnicom pourraient annoncer une transaction qui prendrait la forme d'une fusion entre égaux. Les deux groupes, Publicis basé à Paris et Omnicom à New York, formeraient ainsi la plus importante société de publicité au monde, dépassant l'actuel leader WPP. Un tel rapprochement créerait une entité d'une valeur boursière de 30 milliards de dollars. Publicis, Omnicom et le britannique WPP ont tous les trois participé à un vaste mouvement de consolidation ces dernières années et rivalisent les uns avec les autres. Une éventuelle fusion s'attirerait par ailleurs un examen approfondi des autorités de la concurrence européennes et américaines compte tenu du chevauchement de certaines de leurs activités. Selon les calculs effectués parcertains, ensemble Omnicom et Publicis ont dépensé un total de 3,34 milliards de dollars dans des placements médias pour le compte de leurs clients l'année dernière, soit 41% des dépenses des dix plus grosses agences médias mondiales.
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