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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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La "droite la plus bête du monde" se révèle dans toute sa splendeur, sans que la gauche en tire un profit immédiat
par Yves de Kerdrel

Les élections internes à l'UMP ont viré au cauchemar. Désormais deux solutions s'ouvrent au principal parti d'opposition : faire revoter ses militants ou se résoudre à une fausse scission avec la création d'un groupe filloniste à l'Assemblée qui plongerait l'UMP dans un terrible embarras financier. D'ici à ce soir, il est encore possible que Jean-François Copé comprenne qu'il a tout à perdre à refuser la médiation Juppé.
25/11/2012 - 07:53 Temps Lecture 7 mn.
Ce qui s'est passé dimanche dernier n'a été, pour certains hiérarques de l'UMP, qu'une demi-surprise. Avant le scrutin tout le monde évoquait l'importance de la triche tout en espérant que les bourrages d'urnes d'un côté neutraliseraient les désorganisations du vote de l'autre côté. Mais l'étroitesse du score revendiqué, par Jean-François Copé, la manière dont il s'est prononcé vainqueur sans respecter les statuts de l'UMP - qu'il revendique pourtant à tort et à travers -, et la légèreté de la Commission de Contrôle du vote ont fini de discréditer ce premier exercice de démocratie au sein de l'UMP. En ce dimanche matin, plusieurs solutions sont encore possibles pour éviter un éclatement du premier parti d'opposition. La plus optimiste verrait Jean-François Copé rentrer dans le rang et accepter l'ensemble des conditions posées par Alain Juppé dans le cadre de sa tentative de médiation. Hier soir certains ténors de l'UMP restaient persuadés que le Maire de Meaux avait plus à perdre qu'à gagner à ne pas se ranger derrière l'ancien ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy. Et cela même si la Comminssion Nationale des Recours, qui lui est dévouée, doit tenir sa première réunion dés ce dimanche à l'aube. D'autant que sa cote de popularité a perdu 22 points au cours de la seule semaine passée. VERS UN NOUVEAU VOTE ? Dans ce cas Alain Juppé a prévu de constituer une commission de cinq membres dont lui, avec Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, comme représentants indépendants - même si Bruno Le Maire énerve Alain Juppé qui souhaitait le remplacer par Gilles Carrez - et deux personnalités de l'UMP qui ont déclaré leur flamme chacun pour un candidat différent : Jean-Pierre Raffarin et Bernard Accoyer. Cette commission travaillerait pendant quinze jours avec l'appui de la Commission de Contrôle et de la Commission des recours. Et soit elle est capable de faire le clair dans les résultats du vote, alors elle prononcera un vainqueur. Soit, elle n'en est pas capable, et elle demandera la tenue d'un nouveau vote, qui constitue aujourd'hui l'hypothèse la plus vraissemblable. En tous cas, la solution qui est plébiscitée par les militants. Il reste que Jean-François Copé a encore toute cette journée de dimanche pour faire échouer la médiation Juppé, même si le Maire de Bordeaux va profiter de son passage sur Europe 1 et à I-Télé pour lui mettre la pression et le ramener à la raison. Et s'il persiste dans sa démarche jusqu'au-boutiste, François Fillon a d'ores et déjà prévenu ses troupes qu'il créerait un groupe parlementaire comptant environ la centaine de députés qui le suivent. Les règles en vigueur lui laissent jusqu'au 30 novembre pour cela. Ce qui plongerait l'UMP, dans un marasme financier terrible alors que le parti doit déjà faire face à une situtation financière exsangue. Il faut savoir que chaque député affilié au groupe UMP "rapporte" 42.228 euros de financements publics ! DE L'OXYGENE POUR AYRAULT Pour l'heure, les grands perdants de cette terrible semaine de déchirures au sein de l'UMP sont Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse. Et bien sûr François Fillon, dont la stratégie de non-droitisation du parti a été refusée par les électeurs. Quant à Nicolas Sarkozy, il ne se considère pas comme le gagnant de cette situation. Il a parlé avec tout le monde. Y compris encore, pendant toute la journée d'hier, en tentant de jouer le jeu de la médiation Juppé. Mais sans jamais prendre parti pour l'un ou pour l'autre. A gauche, on s'est bien gardé d'exploiter les malheurs de la droite. En revanche, le brouhaha fait autour de cette élection interne a permis à Jean-Marc Ayrault d'essayer de reprendre la main sur l'affaire de Notre-Dame des Landes qui peut devenir une pierre d'achoppement pénible avec les Verts et avec le Front de Gauche. En envoyant les CRS, le Premier Ministre a fait preuve d'une fermeté inattendue, même si la mèche de cette affaire est encore loin d'être éteinte. D'autant plus que les manifestants sur place bénéficient de relais dans toute la mouvance libertaire. MONTEBOURG INVITE DE L'AFEP Sur le plan économique, le principal évènement a été l'échec des discussions budgétaires à l'occasion du sommet européen. Ce qui n'a pas constitué une réelle surprise. En revanche la déception est venue du désaccord profond entre les positions françaises et allemandes. Et lorsque le couple franco-allemand bat de l'aile, plus rien n'est désormais possible en Europe. Par ailleurs Le ministre du redressement productif s'est à nouveau illustré par ses propos anachroniques sur une pseudo-nationalisation de Florange. Des propos immédiatement corrigés par Michel Sapin. Mais cela montre qu'après six mois d'expérience ministérielle, Arnaud Montebourg n'a pas encore pris le pli des limites de la parole d'un représentant officiel de Bercy. Ce mardi, il sera l'hôte de l'Afep à l'occasion d'un traditionnel dîner-débat organisé par Pierre Pringuet pour le compte des adhérents de cette organisation patronale. Selon les informations de WanSquare, les participants à ce dîner seront plus nombreux qu'à l'occasion de la même séance qui s'était déroulée avec Pierre Moscovici, il y a bientôt deux mois. La veille, Jérôme Cahuzac, le Ministre du Budget aura planché devant le public très sélect de la Revue des Deux Mondes, à l'instigation de Marc de Lacharrière. RUMEURS SUR SANOFI Du côté des affaires, les dirigeants d'entreprises en sont toujours soit à préparer des plans de départs volontaires, soit à attendre les derniers amendements de la loi de finances pour savoir ce que vont leur coûter les mesures fiscales prévues sur 2012 comme sur 2013. De toutes manières, elles risquent d'atténuer, dans un grand nombre de cas, les effets positifs liés à la croissance organique. A cela s'ajoutent les impacts sur la fiscalité personnelle des dirigeants d'entreprise. Un cas de figure qui semble étudié de très près, actuellement, chez Sanofi. D'autant plus que la structure duale adoptée pour la gouvernance permet facilement au président (Serge Weinberg) de rester parisien et au directeur général de prendre éventuellement la direction des Etats-Unis. Surtout après le rachat de Genzyme. Les soubresauts sont désormais terminés au sein du groupe BPCE où François Perol a vu son mandat reconduit de manière anticipée cette semaine, avec de surcroit la composition d'un nouveau directoire, qui fait la part belle à Daniel Karyotis, le talentueux patron de la Banque Palatine. Mais la nature de la relation entre la gouvernance de BPCE et les réseaux a été modifiée, dans la mesure où les principales caisses devraient désormais garder la maitrise de la gestion de leur allocation passif-actif. Ce qui était un point-clé de la discussion, surtout au sein du réseau des Caisses d'Epargne. A noter enfin que la dernière promotion de l'ordre national du mérite consacre le rôle de Gervais Pelissier, numéro deux de France Telecom, promu officier, comme de Jean-Michel Aulas, P-dg de Cegid ou d'Henri de Pracomtal, descendant Hennessy et propriétaire de la tonnellerie Tarensaud (nommé chevalier).
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