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Yves de Kerdrel
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Comment Hollande va tenter de relancer son quinquennat
par Yves de Kerdrel
Le Président de la République tient une conférence de presse, mardi après-midi, au cours de laquelle il va tenter de mettre en perspective les différentes mesures économiques prises depuis son arrivée. Mais cela suffira-t-il à effacer la grande erreur qu'il a faite en sous-estimant l'ampleur de la crise économique ? Rien n'est moins sûr.
11/11/2012 - 08:46
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C'est la première conférence de presse de François Hollande, en tant que Président de la République. Elle aura lieu ce mardi 13 novembre à 17 heures, à l'Elysée, soit quasiment six mois, jour pour jour, après son entrée en fonction. Et alors que les sondages sont au plus bas, tant en ce qui concerne son action, que celle de son gouvernement. En principe il ne s'agit pas pour le locataire de l'Elysée de procéder à des annonces spectaculaires, à l'occasion de ce rendez-vous avec la presse. Mais plutôt de remettre en perspective tout ce qui a été fait sur le plan économique et social depuis la fin de l'été.
Le discours du Chef de l'Etat sera donc articulé, primo sur les efforts faits afin de stabiliser la zone euro, condition essentielle pour la confiance et la croissance, secundo, sur les mesures prises afin de réduire le désendettement, et d'améliorer les comptes publics, enfin tertio sur tout ce qui a été annoncé cette semaine en matière de compétitivité. François Hollande voudrait installer auprès des leaders d'opinion cette notion, qui lui est chère, d'un "désendettement compétitif", et montrer que le tournant pris ces derniers jours pour répondre aux souhaits des entreprises est équivalent à celui de 1983.
DOUTES SUR LA COURBE DU CHOMAGE
Bien sûr, dans l'entourage de François Hollande, qui passe tout ce week-end à lui préparer cette confrontation avec la presse, on s'attend à des questions sur les dernières perspectives économiques tracées par la Banque de France, avec la crainte désormais bien réelle d'une récession pour 2013. Et dés lors sur la difficulté à atteindre l'objectif d'un déficit budgétaire de 3 % à la fin de l'année prochaine, comme Bruxelles l'a souligné cette semaine. A cela, le Président de la République devrait répondre qu'il ne changera pas de feuille de route, et que si ce rendez-vous des 3 % devait être manqué, ce sera uniquement parce qu'il y aura eu une crise européenne grave. Une manière de mettre Bruxelles face à ses responsabilités et de montrer que la France n'est pas un cas isolé.
Il n'empêche qu'un autre reproche devrait être fait au Président de la République sur le caractère tardif de la prise de conscience de la crise qui affecte le Pays. Sur ce point François Hollande sera, sûrement, moins à l'aise. Comme sur sa promesse d'inverser la courbe du chômage en un an. Pierre Moscovici et Jean-Marc Ayrault ont eu beau déclarer cette semaine, que les mesures prises en faveur de la compétitivité, allaient créer 300.000 emplois. Au sein du patronat, on estime que dans le meilleur des cas, le dispositif pourrait seulement sinon, stopper, du moins ralentir, les destructions actuelles d'emplois qui s'inscrivent sur un rythme annuel de 200.000.
ECLAIRCIE FRANCO-ALLEMANDE
Beaucoup de dirigeants d'entreprise ont été surpris par l'accueil positif réservé par le Medef aux mesures annoncées à la suite de la publication du rapport Gallois. Mais tant du côté de Laurence Parisot, que de celui de l'Afep, on tient à souligner que l'ampleur du geste (20 milliards d'euros) même s'il est soumis à un tas de conditions complexes, est au moins aussi fort que ce qu'aurait produit la TVA sociale voulue par Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, pour financer ce pacte, les finances publiques vont être largement mises à contribution (10 milliards d'euros). Ce qui devrait impacter à la fois les collectivités locales et la politique d'intervention. De quoi satisfaire un peu plus le patronat. Ce que Laurence Parisot aura l'occasion de redire demain à l'occasion de l'ouverture de la conférence nationale des entrepreneurs.
A droite, les critiques ont été vives sur ce qui ressemble effectivement à une "usine à gaz". Mais elles n'ont pas réussi à "imprimer" l'opinion. La vraie question que l'on se pose actuellement dans l'opposition réside dans la fragilité du lien franco-allemand, qui donnait le sentiment de se distendre depuis la fin de l'été. Dans l'entourage de François Hollande on souligne qu'il n'en est rien et que la nouvelle feuille de route franco-allemande, qui devrait voir le jour début décembre, notamment sur les questions de supervision bancaire, devrait faire la preuve d'une relation apaisée.
VERS UNE BAISSE GENERALE DES PROFITS
C'est maintenant, dans une semaine exactement, que l'on connaitra le nom du nouveau Président de l'UMP. En dépit de ses problèmes de santé (un calcul rénal), François Fillon n'a rien perdu de sa combativité. Il reconnait que le résultat dépendra en grande partie de la participation. Mais, cela ne constitue pas un motif d'inquiétude, pour le Premier Ministre qui est convaincu, que dans l'état actuel du pays, les adhérents de l'UMP, se mobiliseront en masse le 18 novembre. En attendant, c'est ce mercredi 14 novembre que Nathalie Kosciusko-Morizet devrait lancer son mouvement "la France droite". Devant la forte participation à ce dîner de lancement, la députée de l'Essonne a dû changer de lieu "in extremis" pour avoir une salle bien plus grande. Autour d'elle figurent de nombreuses personnalités de la société civile comme Michel Cicurel, Jean-François Cirelli ou Bruno Angles.
Dans le milieu économique, on continue de surveiller avec attention l'évolution de la conjoncture. Si l'on ajoute les effets de la récession à ceux des mesures fiscales prévues pour 2013, de très nombreux grands groupes devraient afficher en 2013 un recul de leur profitabilité. Le taux de croissance des bénéfices par action, calculé chaque jour par Alphavalue a atteint, la semaine dernière, son niveau le plus bas depuis des années à 1,9 %, alors qu'il y a quelques semaines, il était encore de plus de 5 %.
UN GESTE DE PLUS POUR LES "PIGEONS"
La seule éclaircie qui devrait apparaître dans le ciel fiscal au cours des prochains jours, concerne un aménagement du fameux article VI de la loi de finances qui alourdit la fiscalité sur les plus-values de cessions des parts de sociétés cotées ou non-cotées. Après la révolte "des pigeons", le gouvernement avait institué un seuil de détention d'au moins 10 % du capital, au-delà duquel les investisseurs ne seraient pas touchés par cette mesure. Mais comme cela ne concerne pas les actionnaires salariés, ou les cadres "incentivés", un amendement devrait voir le jour très prochainement, selon les informations de WanSquare, afin de ramener à 2 % ce seuil allégeant la fiscalité.
Par ailleurs la semaine à venir devrait être marquée par un nouveau conseil de surveillance de BPCE, qui a donné lieu, au cours des jours passés à de nombreuses discussions entre les rouges "issus du réseau Caisse d'Epargne" et les bleus "réseau Banque Populaire". La fronde qui s'était manifestée il y a un mois empêchant François Pérol d'obtenir dés maintenant une prolongation de son mandat, semble s'être apaisée. Même qi les "rouges" continuent de faire preuve d'une certaine turbulence. Il restera ensuite à l'ancien secrétaire général de l'Elysée à présenter un plan stratégique qui reçoive l'adhésion de son conseil de surveillance. Plan dont l'élaboration est confiée à Marguerite Bérard, ancienne conseillère technique auprès de Raymond Soubie avant de devenir directrice de cabinet de Xavier Bertrand.
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