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Yves de Kerdrel
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La panique s'installe dans les rangs du gouvernement en raison des sondages et de la crainte d'une récession en 2013
par Yves de Kerdrel
Il ne se passe plus de jours sans que l'on assiste à des couacs gouvernementaux. Qu'ils viennent ou pas de la maladresse du Premier Ministre ou des déclarations intempestives de certains ministres. Sans compter l'opposition désormais marquée des communistes et du Front de Gauche. A cela s'ajoutent les craintes de plus en plus vives d'une récession pour les mois à venir.
04/11/2012 - 07:50
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A l'Elysée, dans l'entourage proche du Président de la République, chacun était tétanisé ces derniers jours après les bourdes de Jean-Marc Ayrault, et la fronde des sénateurs communistes. Le Premier Ministre a eu beau s'entourer d'un nouveau professionnel de la communication - qui a conseillé jadis Pierre Bérégovoy - cela ne l'a pas empêché de s'exprimer de manière "impropre" dans le Parisien sur les 35 heures. Ce qui lui a valu - comble de la désorganisation du gouvernement - de se voir corrigé par son Ministre du Travail, Michel Sapin.
François Hollande, qui est toujours complètement absent en termes de décisions, et d'action politique, a toutefois essayé de corriger le tir, à travers un entretien accordé à deux journalistes du Monde. Entretien sur la crise économique, au cours duquel le Président de la République n'exclut pas que la France puisse entrer dans la récession. Même si ce n'est pas,bien sûr, l'option qu'il privilégie.
MOSCOVICI MAL A L'AISE
La semaine dernière, Pierre Moscovici était l'invité d'honneur du dîner de la Revue des Deux Mondes, organisé par Marc de Lacharrière, auquel se pressaient près de 400 invités. C'est peu de dire que le Ministre de l'Economie et des Finances était mal à l'aise pour expliquer que la France respecterait bien l'objectif d'un déficit budgétaire de 3 % en 2013. Il a toutefois concédé que si, l'économie française ne parvenait pas à ce but, ce serait à cause d'une nouvelle grave crise européenne. Si bien que dans ce cas Bruxelles ferait naturellement preuve de mansuétude.
Bruxelles peut-être ? Mais les marchés sans doute moins. De plus en plus les gérants obligataires renoncent à acheter des obligations du Trésor français. C'est le cas de nombreuses institutions qui craignent une remontée des taux hexagonaux au début de l'année prochaine. En même temps que le spread dont souffrent les pays d'Europe du Sud devrait se réduire. Ce qui est déjà largement le cas en Italie où les taux sont désormais nettement inférieurs à 5 %, en net recul par rapport à l'été dernier.
GUERRE DE TRANCHEES A BERCY
En dehors des couacs quotidiens d'un Premier Ministre "usé et fatigué" il y a tout ce dont l'opinion n'a pas connaissance. Comme la guerre de tranchées quotidienne qui se déroule dans le "loft de Bercy" où travaillent pas moins de sept ministres. Et notamment le harcèlement permanent d'Arnaud Montebourg à l'égard de la Direction du Trésor. Une situation qui commence à devenir insupportable pour Ramon Fernandez, le directeur du Trésor, à propos duquel circulent désormais de façon hebdomadaire, des rumeurs de démission ou de révocation.
Autre aberration du moment, les manoeuvres internes au Parti Socialiste pour savoir qui occupera le poste de porte-parole, qui a permis à Benoit Hamon de sortir de l'anonymat pendant le quinquennat précédent. Initialement, Olivier Faure et Karine Berger, deux jeunes députés socialistes, devaient se partager cette tâche. Mais c'était sans compter David Assouline, qui était porte-parole par intérim depuis mai dernier et qui ne voulait pas se voir remplacer. C'était aussi sans compter le clan des "hollandais" qui a souhaité qu'une proche du président occupe aussi ce poste. Et comme Harlem Désir ne sait pas trancher, le Parti Socialiste devrait donc avoir, in fine, quatre porte-parole. Ce qui n'est pas le meilleur moyen d'être entendu.
INCERTITUDE CROISSANTE A L'UMP
Surtout à un moment où les sondages sont de plus en plus mauvais pour le président de la République et son premier ministre. Tous deux sont désormais autour de 35 % d'opinions favorables, après moins de six mois de gouvernement. Ce qui constitue le plus mauvais score observé sous la cinquième République. Pour mémoire, après la même durée d'exercice du pouvoir, Nicolas Sarkozy, affichait encore 53 % d'opinions favorables. Selon la plupart des politologues, cette "descente aux enfers" serait directement liée à l'impact sur la feuille de paie des classes moyennes et poulaires de la refiscalisation des heures supplémentaires. Une mesure qui se traduirait, pour certains, par une perte de pouvoir d'achat de 100 euros par mois.
Tout cela justifie que les appels "à descendre dans la rue" de Jean-François Copé aient rencontré un écho favorable dans l'opinion. Au point de relancer la campagne du Maire de Meaux dans la course à la présidence de l'UMP. Si bien que le résultat de cette élection paraît plus que jamais incertain, en dépit des nombreux ralliements dont bénéficie François Fillon.
LES INCONNUES DU RAPPORT GALLOIS
Dans les milieux d'affaires l'actualité réside dans la publication demain après-midi du fameux rapport Gallois sur la compétitivité, après sa remise au Premier Ministre, le matin même. Un rapport d'autant plus attendu après l'appel des 98 dirigeants d'entreprise, membres de l'Afep, suggérant une réduction de 60 milliards d'euros des dépenses publiques et un transfert de charges sociales financé par une augmentation de la TVA à 21 %. Un appel qui complète les suggestions faites par le Medef avec le fameux schéma de la "double hélice" qui consiste en un même transfert de charges sociales, couplé avec un allègement des charges payées par les salariés de manière à accroître le pouvoir d'achat, tout en réduisant le coût du travail.
Naturellement chacun sera très attentif à ce que l'ancien patron d'EADS va écrire sur le facteur travail, et notamment la durée du travail. D'autant plus que, dés mardi, le gouvernement se réunit en séminaire afin de voir quelles mesures, suggérées par Louis Gallois, il peut mettre en oeuvre rapidement ou au début de l'année 2013. Juste après ce séminaire Jean-Marc Ayrault ira déjeuner en tête-à-tête avec le Président de la République, afin de cadrer le discours de l'éxécutif sur ce sujet de la compétitivité. D'autant plus que le soir même, le Premier Ministre est l'invité du 20 heures de TF1. Tout cela devrait être ensuite largement commenté et repris par François Hollande, lui-même, à l'occasion de sa première conférence de presse, prévue le jeudi 15 novembre prochain.
Sur le plan des fusions et acquisitions, l'activité est toujours aussi réduite. Les mesures fiscales en cours de débat par les parlementaires ont littéralement bloqué toutes les discussions sur les opérations de private equity. Justement, dans ce secteur, l'un des plus gros acteurs, Axa Private Equity, qui cherche toujours à monter un nouveau tour de table, s'apprête à installer à Londres ses principaux managers tout en gardant un bureau à Paris, avec quelques éxécutants. Un mouvement qui devrait être suivi par plusieurs autres fonds.
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