éditorial
Une rentrée sous le signe du budget davantage que sous celui des retraites
par Yves de Kerdrel
Ce sont les préoccupations budgétaires qui vont dominer l'actualité au cours des semaines qui viennent au point de reléguer le débat parlementaire sur les retraites. La dramatisation des finances publiques a démarré à Brégancon.
22/08/2010 - 08:29

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Même le fidèle Claude Guéant n'a pas assisté à l'entretien qui s'est tenu entre le Président de la République et le Premier Ministre à l'issue de la réunion sur la croissance et les déficits. Cette rencontre-là était pourtant essentielle. Selon les informations obtenues par WanSquare, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont préparé presque jour par jour l'agenda de la rentrée. Et ils se sont mis d'accord pour que le remaniement n'ait pas lieu avant la mi-octobre.
Le Président de la République, relancé par le débat sécuritaire, remis en selle par la réunion de Brégancon et fort d'une communication beaucoup plus distante, ne voit plus l'intérêt qu'il y aurait aujourd'hui à précipiter l'agenda politique. Certes, Bernard Kouchner l'énerve. Mais Alain Juppé n'est pas encore prêt pour revenir au Quai d'Orsay. Certes, Rama Yade l'exaspère, mais il ne va pas faire un remaniement pour elle. Certes Hervé Morin est partant, mais c'est le président qui choisira le moment de son départ.
QUEL VERDICT DES AGENCES DE NOTATION ?
Le Premier Ministre et le Président partagent les mêmes vues sur le sens à donner à ce remaniement. Quant au changement de locataire à Matignon, rien n'est décidé. Jean-Louis Borloo est décidément trop brouillon pour le Chef de l'Etat. Et Michèle Alliot-Marie, trop raide et trop insipide. En fait plus les jours passent, plus Nicolas Sarkozy se convaint que son Premier Ministre ne peut être que François Fillon, voire Claude Guéant. Mais il n'ignore rien de la crainte que son Secrétaire Général fait règner auprès des ministres. Tout dépendra donc des circonstances après l'adoption de la réforme des retraites et après l'accueil réservé au projet de loi de finances.
Le projet de budget pour 2011 va éclipser le débat parlementaire sur la réforme des retraites. Toute la question sera de savoir si les agences de notation accepteront primo les chiffres de réduction du déficit et secundo les perspectives de croissance. Si, à l'Elysée comme à Matignon, on est bien décidé, à ne laisser aucune marge de manoeuvre aux parlementaires sur les niches fiscales, le problème risque de se situer surtout au niveau des 2 % de croissance attendus pour 2011. A l'heure actuelle peu d'économistes sont en phase avec cette projection optimiste. Et c'est bien là où les agences de notation risquent de tousser. La question principale étant : comment faire mieux en 2011 qu'en 2010, avec le plan de relance en moins ?
L'ASSURANCE-VIE DANS LE VISEUR
Du côté des niches fiscales qui restent menacées, c'est l'assurance-vie qui est dans le viseur, notamment les contrats multi-supports. Surtout après le rapport de l'Inspection Générale des Finances sorti opportunément dans la Presse en début de semaine dernière. Ce rapport n'est pas du goût de Bercy, affirme-t-on du côté des assureurs. Il n'empêche que l'essentiel de ses préconisations devraient être suivies, au grand dam de ceux qui considèrent encore l'assurance-vie comme une oasis fiscale.
Les conseillers du Prince s'activent en cette rentrée. Alain Minc, qui a été tenu à l'écart de toutes les initiatives présidentielles en matière de sécurité, essaye de reprendre contact avec les patrons du CAC 40, mais aussi avec les responsables du comité d'investissement du FSI. Car c'est entre l'APE et le FSI que vont se passer les principaux mouvements structurels concernant l'industrie française. De son côté Raymond Soubie commence à faire ses cartons, de manière à quitter l'Elysée une fois votée la réforme des retraites, et à reprendre ses activités de conseil, Rue de l'Université. Reste Henri Guaino, qui entend bien rester à l'Elysée jusqu'à la campagne de 2012.
UNE IMMENSE BULLE OBLIGATAIRE
Du côté du climat économique, l'inquiétude monte aux Etats-Unis où les chiffres du chômage sont de plus en plus inquiétants, et où tant Obama, que Bernanke semblent perdre pied. Rarement l'opposition à un patron de la Fed n' a été aussi forte au sein de son propre comité. Pour l'heure chacun des deux fait la politique de l'autruche en regardant baisser le taux de rendement des emprunts d'état. Ce qui a amené l'économiste Paul Krugman a écrire la semaine passée que les Etats-Unis pouvaient encore s'endetter.
En fait il semble bien que l'on soit face à une immense bulle obligataire gonflée par l'aversion au risque. Une bulle prête à éclater, au moindre changement de ton d'une des trois agences de notation. C'est l'un des principaux risques que les investiseurs surveillent. C'est bien la raison pour laquelle, chez Carmignac, on n'est pas très inquiet de la sous-performance affichée par le fonds Carmignac Patrimoine au cours du mois de juillet. Ce fonds, le plus gros d'Europe, a tout de même, vu son encours progresser de plus de 3 milliards d'euros au cours du mois de juillet. Et sa forte pondération en or en fait une formidable parade en cas d'éclatement de la bulle obligataire.
DU NOUVEAU CHEZ SANOFI-AVENTIS ?
L'indice CAC 40, pour sa part, devrait rester orienté à la baisse, surtout après sa très mauvaise séance de vendredi dernier. Seuls des mouvements spéculatifs pourraient le faire repartir de l'avant. Mais pour l'instant les OPA se déroulent à l'étranger et pas en France. Le seul fait nouveau pourrait venir dans les prochains jours de Sanofi-Aventis. Selon les informations de WanSquare, plusieurs dirigeants du groupe français font le déplacement cette semaine aux Etats-Unis, afin de discuter plus précisément d'un rapprochement avec Genzyme. Une opération à laquelle semble croire le milliardaire américain Warren Buffett, puisqu'il vient, à nouveau, de se renforcer en titres du laboratoire pharmaceutique.
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