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Yves de Kerdrel

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Le fossé est tel entre " le cratos " et le " demos " qu'une dissolution s'impose pour Hollande comme solution de survie.
par Yves de Kerdrel

Les sondages continuent à se dégrader tant en ce qui concerne François Hollande que Jean-Marc Ayrault, le mécontentement fiscal laisse maintenant a place à des mouvements d'incivisme caractérisé, et une réelle violence politique et sociétale prend forme. Si François Hollande veut survivre à cette crise de régime, il ne lui reste plus que l'arme de la dissolution.
17/11/2013 - 08:36 Temps Lecture 11 mn.
C'est du jamais vu. Un sondage publié cette semaine par le site français du Huffington Post montrait que seulement 15 % des français soutiennent encore François Hollande, dix-huit mois exactement après son arrivée à l'Élysée. Dans la même configuration à la fin 2008, Nicolas Sarkozy bénéficiait encore de 44 à 47 % d'opinions favorables selon les instituts de sondage. C'est dire à quel point le Président de la République, qui a annulé de son fait, une intervention devant l'Association des Maires de France, est entré dans une zone rouge. Dans son entourage on relativise ces sondages et l'on explique que François Hollande bénéficie de l'arme du remaniement qu'il n'a toujours pas utilisée. Mais à quoi bon changer de premier ministre quand celui-ci est plus populaire que le locataire de L'Élysée? A quoi bon remplacer Jean-Marc Ayrault à quatre mois des municipales et six mois des européennes ? A quoi bon changer les hommes quand c'est le cap qui est remis en cause par la population de même que la fameuse "boite à outils"? Bien sûr pour accréditer cette éventualité, les proches de François Hollande agitent le sondage réalisé par BVA pour I-Télé. Près de deux Français sur trois s'affirment favorables à un changement de premier ministre (64 %) et un Français sur deux (52 %) est partisan d'une dissolution de l'Assemblée nationale. Il reste que selon cette même étude, une majorité des personnes interrogées pensent pourtant qu'aucune de ces initiatives n'améliorerait la situation en France, marquée par de fortes tensions sociales. AYRAULT N'EST PLUS UN BOUCLIER D'après ce sondage, 63 % des Français sont favorables à ce que François Hollande remplace Jean-Marc Ayrault au poste de premier ministre. Un changement de chef de gouvernement est souhaité y compris parmi les sympathisants du Parti socialiste, à 53 % contre 41 %. De même, 52 % des personnes interrogées sont pour une dissolution de l'Assemblée nationale et des élections législatives anticipées, contre 42 %. Cette hypothèse est en revanche rejetée par les sympathisants socialistes (8 % y sont favorables) en raison de la forte probabilité de défaite de la gauche en cas de scrutin anticipé. En fait, selon les sondeurs, le président de la République et le premier ministre sont aujourd'hui aussi mal aimés l'un que l'autre et c'est ce qui rend la situation du second si précaire : sa fidélité ne le protège plus. Elle est même devenue un handicap. S'il semble résolu à se donner du temps avant d'annoncer une initiative proprement politique, François Hollande a déjà commencé à revoir sa façon de communiquer. Comme souvent chez lui, l'inflexion s'est faite de manière subreptice, sans être nommée clairement, mais elle est réelle : depuis mi-octobre, les déplacements en province sont moins fréquents ; quant aux discours, ils traitent désormais presque exclusivement de sujets permettant de défendre des grands principes : célébration de la libération de la Corse, centenaire de 14-18, 11-Novembre... Ce sera de nouveau le cas demain à la Knesset, le Parlement israélien. Il reste que la seule solution de survie de François Hollande est en fait la dissolution suivie d'un gouvernement de cohabitation. S'il se refuse à l?avouer, Jean-François Copé s'y prépare. Ce qui complique, depuis quelques semaines ses rapports avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, François Fillon étant désormais hors-jeu politiquement, comme en témoigne sa dégringolade dans les sondages et les incohérences de ses dernières déclarations. LE CURIEUX RETOUR DE SARKOZY Plus personne n'en doute à l'UMP : Nicolas Sarkozy entend effectuer un retour dans l'espoir de se présenter à la présidentielle de 2017. Tous ceux qui en parlent avec lui en sont convaincus. Déjà en précampagne, l'ancien président entretient la perspective de son retour en envoyant régulièrement des messages aux électeurs de droite, tout en restant en retrait pour se poser en recours. Après ses déplacements en Savoie et à Nice, en septembre, puis la diffusion d'un documentaire sur D8 il y a peu, dans lequel il met en scène sa vie privée, Nicolas Sarkozy était, ce vendredi, l'invité d'honneur d'un déjeuner à l'Assemblée de l'Association "Chaban aujourd'hui", qui regroupe les amis de Jacques Chaban-Delmas. Beaucoup à droite ont été surpris de la tonalité de son discours vantant notamment l'ouverture à un moment où la société française se droitise. Il reste que le cap le plus difficile à passer dans le climat actuel d'exaspération qui parcourt le pays se joue en ce moment. Invité du diner d'ouverture du colloque Solvency II, Bernard Cazeneuve l'a reconnu implicitement. Car, à rebours de la "pause fiscale" annoncée par François Hollande, c'est un "choc fiscal" de l'ordre de 7 milliards d'euros qui attend les Français en 2014 quand vont prendre effet, à partir du 1er janvier, les nouveaux taux de TVA. Le gouvernement pensait avoir fait le plus dur après avoir fait taire les voix discordantes ou les inquiétudes qui s'exprimaient dans sa majorité. Mais c'est maintenant que la douloureuse va être présentée et, comme le redoutent nombre de parlementaires de gauche, dans le climat actuel explosif, cela risque d'être la goutte d'eau de trop. A tel point que certaines voix se font entendre pour y renoncer, l'aménager ou la reporter. Comme le rapporteur général de la commission des finances du Sénat, le socialiste François Marc. Le début de l'année 2014 va donc être marqué par une série de hausses, notamment dans les transports publics. Suivront les factures d'énergie et d'autres encore. Il y a en effet tout à redouter de l'impact que va avoir cet impôt ? que la gauche a toujours dénoncé comme " injuste " ? sur la vie quotidienne des Français. Et cela intervient au moment où gronde la colère des auto-entrepreneurs et celle des artisans. JANET WELLEN RASSURE Sur le plan macro-économique l'événement de la semaine passée a été le grand oral de Janet Yellen, désignée par Barack Obama pour prendre la tête de la Réserve Fédérale devant la commission bancaire du Sénat. Son discours, très attendu par les marchés, n'a laissé planer aucune ambiguïté : sa politique sera dans la droite ligne de celle de Ben Bernanke, son prédécesseur. Mme Yellen a ainsi confirmé qu'elle se montre plus attachée à l'évolution du chômage qu'à celle de l'inflation. Dès le début de son discours, cette spécialiste du marché de l'emploi a insisté sur les ravages du chômage aux États-Unis (7,3 % en octobre). De ce fait, elle estime qu'il est beaucoup trop tôt pour réduire les mesures de soutien de la Fed à l'économie, à savoir les taux bas et les achats de 85 milliards de dollars (63,2 milliards d'euros) d'actifs par mois sur les marchés. L'actuelle vice-présidente de la Fed a tout de même clarifié un point, sans doute pour rassurer les Républicains lui reprochant d'être trop accommodante : elle sera vigilante aux risques de bulles financières engendrés par les taux bas. Sans surprise, sauf pour Bercy, la croissance française au troisième trimestre a enregistré un léger recul de 0,1 %, après être sortie de récession au deuxième trimestre (+ 0,5 %), selon les premiers résultats publiés, jeudi 14 novembre, par l'Insee. Il reste que même avec une croissance nulle au quatrième trimestre, l'objectif de 0,1 % sur l'année serait tenu, compte tenu de l'acquis de croissance sur les neuf premiers mois. Il est plus probable qu'il atteindra 0,2 %. L'épaisseur du trait, mais suffisante pour laisser espérer au gouvernement un rythme de croissance de 1 % en 2014, hypothèse sur laquelle est bâti le projet de budget. La Commission européenne, de son côté, a confirmé, mercredi, qu'elle maintenait la France en phase d'examen approfondi pour ses problèmes de compétitivité. Les clignotants économiques restent donc inquiétants. La consommation des ménages décélère à 0,2 %, es exportations rechutent : - 1,5 % après +1,9 % au deuxième trimestre, tandis que les importations augmentent de 1 %. Enfin, l'investissement connaît, pour le septième trimestre consécutif, un nouveau recul : - 0,6 % après - 0,4 % au deuxième trimestre. AVERTISSEMENT POUR KERING Les nouvelles mitigées en provenance du CAC 40 se multiplient. Kering a publié cette semaine un avertissement sur résultats. Le conseil d'administration qui annoncera?vite le nom du repreneur qu'il a choisi pour La Redoute, a indiqué que cette cession aura un impact significatif sur le résultat net des activités abandonnées, qui sera dès lors fortement négatif. Et ce en raison des besoins de financement liés aux engagements de Kering dans le cadre de la cession. Certaines sources ont évoqué un montant de 300 millions d'euros destinés, notamment, à financer l'accompagnement du plan social que le repreneur devrait probablement effectuer et le besoin en fonds de roulement. Mais, sous couvert de cette annonce le conseil d'administration a également confirmé que?les charges exceptionnelles annoncées par Puma seront de nature à affecter le résultat net part du groupe de Kering. Devant 3 500 cadres du groupe financier public, réunis, vendredi 15 novembre, au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris, Jean-Pierre Jouyet a présenté son plan stratégique pour les prochaines années. Ce plan prévoit d'adapter le modèle économique de la CDC à un environnement économique plus mobile, donc demandeur de nouveaux services, mais aussi plus contraint et plus exigeant. Les marges de man?uvre financières de la Caisse, très sollicitée ces derniers mois, pour toutes sortes d'urgences économiques se sont effet tendues. Son périmètre a aussi changé, avec la création de la Banque publique d'investissement. Concrètement, Jean-Pierre Jouyet veut rénover a partie du groupe qui centralise les missions d'intérêt général et promouvoir un pilotage plus intégré des grands métiers grâce à une meilleure communication entre l'établissement public et les filiales concurrentielles, pour leur part appelées à travailler davantage entre elles, ainsi qu'avec le réseau de directions régionales de la CDC. Par ailleurs, Jean-Pierre Jouyet a profité de cette convention pour rappeler sa vigilance sur l'avenir de l'une des filiales concurrentielles, la CNP, dont le Groupe BPCE, également actionnaire, veut renégocier le pacte commercial d'ici à 2016. DU NOUVEAU EN VUE CHEZ VIVENDI Enfin tout le monde s'attend à du nouveau dans a gouvernance de Vivendi d'ici la mi décembre. Premier point : Vincent Bolloré recherche lui-même le directeur financier appelé à remplacer début janvier Philippe Capron. Deuxième point, l'industriel breton s'est laissé convaincre par Jean-René Fourtou de recruter un patron des opérations, chargé surtout des médias, qui ferait partie du directoire. En contrepartie l'actuel président du conseil de surveillance annoncerait son intention de quitter son poste en avril prochain pour y être remplacé par Vincent Bolloré. L?accord entre les deux hommes tient pour une bonne part au rôle d'entremetteur joué par Claude Bébéar.
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