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Bernard Arnault à la Trump Tower : LVMH promet d'investir
Tout un symbole : le premier Français qu’a choisi de rencontrer Donald Trump n’est pas un homme politique mais Bernard Arnault, le directeur général de LVMH. Ce dernier a fait le déplacement jusqu’à New York lundi et s’est rendu, accompagné de son fils Alexandre, à la Trump Tower où il avait rendez-vous avec le 45ème Président des Etats-Unis, qui prêtera serment dans 10 jours maintenant. La presse américaine s’est focalisée sur la rencontre précédente avec Jack Ma, le président du géant de l’e-commerce chinois Alibaba, qui a promis qu’il aiderait les petites entreprises américaines à créer 1 million d’emplois aux US sur cinq ans. Mais s’il n’a pas été aussi loquace et spécifique sur les chiffres, Bernard Arnault a lui aussi envisagé la possibilité d’ « agrandir » ses usines Louis Vuitton aux Etats-Unis, notamment avec de nouvelles capacités de production « soit en Caroline, soit au Texas ».
Après la salve de tweets condamnant les entreprises américaines qui projettent d’investir à l’étranger (et notamment au Mexique), le prochain Président a déjà démontré qu’il comptait faire de la promotion de l’emploi américain le thème central de sa politique économique, et a déjà réussi à dissuader Ford dans son projet d’investir dans une nouvelle usine au Mexique. Bernard Arnault a semble-t-il cherché à offrir des garanties à son hôte et surtout à préserver sa place dans le deuxième marché du leader mondial du luxe, qui est aussi le moteur de sa croissance organique.
Sur les neuf premiers mois de 2016, les Etats-Unis représentent 26% des ventes totales du groupe (contre 27% pour l’Asie hors Japon), et affichent une hausse de 7%, contre 5% pour l’Europe et 3% pour l’Asie hors Japon. LVMH comptait 732 magasins au pays de l’Oncle Sam fin 2015 et y générait 9,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 46% issus de la distribution sélective (Sephora, duty free). Mais le groupe produit l’essentiel de ses produits hors du territoire américain, d’où la nécessité de préserver de bonnes relations avec le futur locataire de la Maison Blanche, en annonçant de futurs investissements.
Bernard Arnault, qui avait déjà décidé de quitter provisoirement la France pour les Etats-Unis peu après l’élection de François Mitterrand en 1981, a fait le voyage avec le dernier dauphin de la dynastie : Alexandre Arnault, 24 ans, qui vient d’être nommé cogérant du malletier Rimowa peu après son rachat par LVMH, en octobre dernier. Il paraît étonnant qu’il ait fait ce choix plutôt que celui de Delphine Arnault, l’aînée de ses cinq enfants qui dirige Louis Vuitton, la marque la plus réputée et présente aux Etats-Unis. Mais il traduit tout de même la volonté de ce dernier, qui aura bientôt 68 ans, de placer ses enfants sur le devant de la scène.
Ce lundi, la nouvelle série d’entrevues très médiatisées, avec poignée de mains et échanges avec la presse dans le hall de la Trump Tower, démontre l’intérêt de Donald Trump pour les dirigeants de sociétés, à son image. Il en a reçu 50 depuis son élection, et en a nommé huit d’entre eux dans son cabinet. Mais les rencontres avec Jack Ma et Bernard Arnault ont été rapidement éclipsées par de nouveaux débats sur les risques de conflits d’intérêts, lorsque Donald Trump a le même jour nommé son gendre, Jared Kushner (mari de sa fille Ivanka Trump), comme senior advisor. A 36 ans, ce dernier est un proche conseiller du prochain Président et a œuvré à nombre des récentes nominations, mais d'aucuns jugeaient jusqu'à présent que son entrée à la Maison Blanche risquait de se heurter à la loi anti-népotisme américaine, datant de 1967. L’intéressé a indiqué qu’il allait démissionner de ses fonctions chez Kushner Companies et au New York Observer (un journal qu’il détient) et céder certains actifs, mais garder ceux qui sont le moins liquides.
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