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Casino : S&P dégrade bel et bien sa note financière
Jean-Charles Naouri avait dit souhaiter rester en investment grade, Standard & Poor’s en a bel et bien décidé autrement. Après avoir émis l’hypothèse d’un abaissement en mettant sous surveillance négative la note financière du distributeur en janvier dernier, peu de temps après les allégations très négatives du fonds activiste Muddy Waters, l’agence de notation a dégainé ce matin en plaçant Casino en catégorie spéculative. Motifs principaux, la situation du distributeur au Brésil, qui ne cesse de se détériorer et son endettement, toujours préoccupant.
Ce à quoi, Casino a déjà répondu en indiquant qu’il confirmait sa guidance d’EBITDA France de 900 millions d’euros en 2016 et la poursuite rapide de l’exécution de son plan de désendettement. La réalisation de la cession de la participation du Groupe dans Big C Thaïlande pour 3,1 millions d’euros est imminente, tandis que le processus de cession des activités au Vietnam progresse par ailleurs de façon prometteuse (il pourrait lui rapporter plus de 1 milliard d’euros).
Et de chiffrer précisément l’abaissement de la notation de crédit du groupe qui devrait se traduire par « une légère augmentation du coût de la dette financière obligataire (impact estimé à moins de 20 millions d’euros avant impôt en 2016 hors futurs rachats obligataires déjà mentionnés). Avant prise en compte du plan de désendettement, Casino disposait à fin 2015 d’une position de trésorerie brute de 1,7 milliard d’euros et de 3,9 milliards d’euros de lignes de crédit confirmées non tirées, dont la disponibilité est totalement indépendante de la notation de S&P ». Le distributeur est également noté par Fitch Ratings qui a confirmé sa notation BBB-/Perspective Stable dans une note parue le 8 février dernier.
Le hedge fund américain maintient plus que jamais la pression sur le groupe français ne ménageant pas ses efforts pour critiquer la situation financière de l’entreprise. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, ce fonds a lui-même pris langue avec S&P pour lui donner son avis sur les éléments à prendre en considération pour noter le groupe. Des méthodes vraiment surprenantes qui ont finalement fait mouche puisque l’agence de notation a fini par se ranger aux idées de l’activiste.
En Bourse, l’annonce de cet abaissement n’a pas d’impact, pour le moment, l’action Casino étant même en léger progrès en cette fin de matinée, après avoir progressé de 3% sur la semaine et de 16% depuis le début de l’année. Au grand dam, très certainement, des short sellers qui comptaient sur cette annonce pour engranger de nouvelles plus-values. Les explications données dans la foulée par la direction du distributeur sont sans doute pour une bonne part à l’origine de cette résistance. A noter d’ailleurs que la semaine passé, la dégradation de la notre de BNP Paribas n’avait pas, non plus, eu un impact négatif immédiat sur l’action de la banque française.
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