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2015 ou le retour du risque politique sur les marchés européens
Le marché obligataire souverain du sud de l’Europe devrait connaître quelques soubresauts l’an prochain, après plus d’un an d’apaisement. Car, selon les analystes de la Royal Bank of Scotland, la plupart des Etats du Sud seront soumis à des élections politiques en 2015, dont les résultats semblent encore très incertains. Si l’emballement des taux de la Grèce, l’Espagne ou encore l’Italie à l’été 2012 résultait davantage du risque crédit de ces pays que de tourments politiques, le départ surprise de Mario Monti en décembre 2012 et l’instabilité gouvernementale qui s’en était suivie avaient certainement contribué à échauder les marchés. De même, la montée de partis europhobes en Grèce et notamment de l’Aube dorée en octobre 2013 avait suscité l’inquiétude des investisseurs à l’égard du pays.
L’intervention de Mario Draghi à l’été 2012 et sa promesse de faire tout ce qui était en son pouvoir pour éviter un éclatement de la zone euro a certes permis de façon très efficace de faire baisser les taux souverains qui avaient alors atteint des sommets. Ainsi, le rendement des obligations grecques à dix ans se traite désormais autour de 8,2% contre plus de 34% en février 2012, tandis que le taux du dix ans espagnol et italien est actuellement de 4,7% et 2,32%, contre 7,63% et 6,1% en juin 2012. Mais un nouvel emballement n’est pas impossible l’an prochain.
Car la Grèce tiendra des élections présidentielles en février prochain, qui pourraient être mouvementées tandis que les espagnols et portugais devront également se rendre aux urnes plus tard dans l’année. « Les partis antieuropéens commencent à gagner du terrain un peu partout en UE: nous pensons que les élections grecques seront certainement l’événement le plus risqué l’an prochain et qui pourrait avoir des répercussions sur les autres pays du Sud », expliquent les analystes.
En république hellène en effet, le parti d’extrême gauche Syriza pourrait potentiellement remporter la présidentielle. Ce mouvement politique est très actif dans le jeu politique depuis la crise de la dette du pays, et a notamment fait campagne pour abolir le memorandum conclu entre la Grèce et la Troïka, pour renégocier la dette auprès des investisseurs et plaidé pour un nouveau défaut partiel sur la dette du pays. Il a cette année remporté les européennes et a plusieurs fois mis le gouvernement démocrate de Samaras en difficulté. Le Premier ministre Samaras et le président du parti de la coalition PASOK devraient tenter de sortir du plan d’aide européen le plus rapidement possible, afin de couper l’herbe sous le pied des membres de Syriza qui critiquent depuis le début le plan de sauvetage européen. Mais malgré cela, le PASOK et le parti démocrate ne possèderont pas assez de voix pour faire élire un président de leur camp. Si tel est le cas, le Premier ministre sera contrait de tenir des législatives anticipées, au risque de voir le parti d’extrême gauche l’emporter. Ce qui pourrait compliquer la mise en place des réformes structurelles nécessaires au rétablissement du pays. Et peser sur les taux selon RBS.
Les portugais eux, se rendront aux urnes en septembre de l’an prochain. Or, le parti socialiste qui est devenu, depuis les européennes, la principale force politique du pays (40% des intentions de vote) risque fort de détrôner le parti démocrate du Premier ministre actuel Pedro Passos Coehlo. « Une victoire des socialistes pourrait ralentir le programme de réformes et surtout celles destinées à réduire le déficit », expliquent les analystes de RBS. Si le Portugal est sorti de son programme d’aide, la croissance du pays reste anémique. La recapitalisation de Banco Espirito Santo n’a laissé que 3 milliards d’euros disponibles pour les autres banques, ce qui pourrait peser sur les titres souverains, selon RBS.
L’Espagne enfin, tiendra également des élections en décembre 2015 qui pourraient donner la victoire au parti de gauche Podemos ; celui-cii prône notamment le ralentissement des réformes et la fin du diktat de l’Europe du Nord sur le Sud. Quoi qu’il en soit, avec une croissance prévue de 2% l’an prochain, le pays devrait mieux s’en tirer que ses voisins et le marché de la dette rester dans les clous, conclut RBS.
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