Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Casino : la meilleure défense, c'est l'attaque !
La nouvelle en dit long sur les tractations actuelles des uns et des autres en vue de remporter la bataille de l’omnicanal, de la livraison express et de sa suprématie concurrentielle : Casino vient de transgresser un tabou que d’autres sont sûrement également en train de préparer en s’alliant avec le « diable », à savoir Amazon. Le deal prévoit que l’enseigne phare (et la plus dynamique du moment en concentrant tous les accords récemment annoncés), Monoprix, soit disponible sur l’offre Amazon Prime Now pour la livraison express de ses 10.000 références. Offre aujourd’hui limitée à Paris et la région parisienne.
Aux échecs, il est bien connu que la meilleure façon de se défendre est d’attaquer. C’est ce qu’a donc décidé de faire Jean-Charles Naouri en prenant langue avec le concurrent le plus dangereux pour tous les groupes de distribution mondiaux. En limitant cet accord à Paris et sa couronne, l’homme fort du groupe français se donne, certes, les moyens de tester cette décision et de voir si celle-ci ne risque pas de cannibaliser le volume d’affaires de ses autres sites marchands et de ses magasins qui font déjà de gros efforts pour livrer rapidement la clientèle. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que Monoprix s’est parallèlement rapproché du Britannique Ocado pour bâtir un centre de logistique ultra moderne en vue de développer ses services de livraison. Bâtiment qui ne devrait pas être opérationnel avant deux ans et prévu pour proposer des livraisons en J+1. « Ce qui viendra compléter notre offre avec Amazon », précise Régis Schultz, président de Monoprix. Lequel reconnaît qu’après avoir vu l’Américain d’un mauvais oeil, il apprécie d’avoir trouvé un point d’entente. « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. »
Mais Casino ne fait-il pas entrer là le loup dans la bergerie ? Certaines rumeurs évoquaient récemment une possible entrée d’Amazon au capital de l’un des distributeurs français, dont Casino et Carrefour. En signant un tel partenariat, l’Américain entre donc plutôt de façon soft sur le marché français. Tout en se laissant probablement la liberté de faire affaire avec d’autres groupes, Frédéric Duval, le country manager d’Amazon.fr, n’ayant pas voulu préciser ce matin lors d’une conference call si cet accord était exclusif ou non. Il se dit d’ailleurs que Système U serait également en pourparlers avec l’Américain pour signer un accord similaire.
L’essentiel sera de voir si de tels partenariats ne sont pas susceptibles d’affaiblir la stratégie de digitalisation omnicanal bâtie en parallèle par tous les distributeurs, au premier rang desquels Leclerc qui a annoncé le mois dernier être en train de préparer lui aussi une offre de livraison express à Paris. En attendant, les investisseurs et analystes semblent apprécier la décision de Casino, le titre s’adjugeant près de 4% après avoir ouvert sur un bond de plus de 5%. Une belle bouffée d'oxygène après une longue période de turbulences.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

