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Fusions, Acquisitions / M&A

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Private equity : les fonds plus gourmands que jamais

KKR vient de signer deux LBO à 8,5 et 9,9 milliards de dollars à quelques jours d’écart. Les fonds de private equity, qui ont les poches pleines, sont prêts à participer au renouveau des M&A, après le feu vert entre AT&T et Time Warner.
Private equity gouffre
Private equity gouffre

Affamés, les fonds de private equity ? Si l’on en juge par l’activité récente de KKR, il semblerait que l’on soit revenus aux meilleurs jours de l’avant-crise. Le fonds américain, qui a nommé Joe Bay et Scott Nuttall comme co-président et co-COO pour prendre la suite des emblématiques fondateurs à l’été dernier, est en tout cas sur tous les fronts. Après avoir officialisé son intention de se transformer en société cotée afin de tirer parti de la réforme fiscale le mois dernier, il vient d’annoncer deux deals de très grande ampleur.

Tout d’abord, le plus gros LBO orchestré sur un éditeur de logiciels depuis 2008, BMC Software, qu’il rachète à un consortium composé de Bain Capital et Golden Gate Capital, pour 8,5 milliards de dollars. Puis, moins de deux semaines plus tard, il a jeté son dévolu sur un fournisseur de services médiaux pour les hôpitaux coté en Bourse, Envision Healthcare, avec une offre en cash à 5,57 milliards de dollars, soit 9,9 milliards en incluant la dette.

Et il n’est pas le seul à multiplier les deals et viser des cibles de plus en plus larges. Depuis le début de l’année, le volume des LBO a progressé de 44% sur un an, à 156 milliards de dollars selon Dealogic, soit un record depuis 2007, l’âge d’or de la classe d’actifs avant la chute de Lehman Brothers. Les fonds de private equity, qui sont assis sur des réserves de « poudre sèche » - l’argent levé mais pas encore investi - de plus de 1.000 milliards de dollars et ont encore collecté plus de 500 milliards de dollars dans les 12 derniers mois, n’ont pas d’autre choix que de viser grand pour mettre rapidement l’argent au travail.

Les acteurs qui s’étaient brûlés les ailes sur certains deals de très grande ampleur, comme l’énergéticien TXU ou encore les casinos Caesars, ont semble-t-il la mémoire courte et assurent ne plus allouer les mêmes niveaux asphyxiants de dette sur leurs cibles. Pourtant, les démons reviennent : selon Thomson Reuters, le niveau moyen de leverage est de 6,36 fois l’Ebitda sur les deals conclus en 2018, soit un plus haut depuis 2007, où ils ont culminé à 6,49 fois. Tout cela sur des prix historiquement hauts, en raison de la concurrence et des niveaux des marchés.

Pour certains, la résurgence des M&A globales à l’heure actuelle – elles ont grimpé de 56% depuis le début de l’année et pourraient à ce rythme dépasser le record de 2007 – est due à des effets d’aubaine, notamment aux Etats-Unis après le passage de la réforme fiscale en fin d’année dernière. Mais un autre événement devrait relancer le big-bang des opérations : le feu vert à la fusion géante entre AT&T et Times Warner prononcé par le juge fédéral mardi, et qui représente un sérieux revers pour l’administration Trump. Comcast a dégainé et fait une offre à 65 milliards de dollars sur 21st Century Fox, qui est déjà convoité par Disney.

Mais les médias sont loin d’être les seuls à être concernés par une consolidation inévitable pour contrer les Google, Amazon, Netflix, Facebook etc. Si bien que les grandes opérations transformantes, qui ne sont désormais plus menacées par le spectre politique, devraient continuer à éclore dans les prochains mois et donner lieu à des cessions d’actifs périphériques, pour le plus grand plaisir des fonds LBO.


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