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Régulation / Concurrence / Actualité des sociétés / Du côté des décideurs / Régulation

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Actualité des sociétés / Du côté des décideurs / Régulation

Féminisation des conseils d'administration : les bons et les mauvais élèves

Selon une étude du cabinet Eric Salmon & Partners, seules 33% des 60 premières entreprises françaises respectaient le seuil des 40% de femmes au sein de leur conseil d'administration au 31 décembre 2015. Le document dresse le palmarès des bons et mauvais élèves, mais constate que les AG 2016 ont fait monter les scores.
parité - hommes - femmes - illustration
parité - hommes - femmes - illustration

Il reste un peu moins d'un an aux sociétés cotées et à celles de plus de 500 salariés pour respecter le seuil minimal des 40% de femmes au sein de leur conseil d'administration. En vertu de la loi Copé-Zimmermann de janvier 2011 en effet, au 1er janvier 2017, les entreprises qui ne respecteront pas ce quota se verront sanctionnées : les nominations non conformes à l'objectif de parité seront annulées et le versement des jetons de présence sera suspendu.

Une perspective qui n'a pour l'instant pas l'air d'inquiéter les sociétés outre mesure puisque, selon une étude du cabinet de recrutement Eric Salmon & Partners, au 31 décembre 2015, seules 33% des 60 premières sociétés de l'Hexagone (CAC 40 + CAC Next 20) respectaient cette obligation légale. 45% d'entre elles ne sont plus très loin du but tout de même, puisqu'elles possédaient entre 30% et 40% de femmes au sein de leur conseils mais 22% d'entre elles sont encore en dessous du seuil des 30%. Les sociétés étatiques, bancaires ou du secteur de la communication sont en tête de peloton, à l'image d'EDF, qui possédait en fin d'année dernière 62,5% de femmes au sein de son conseil, suivi par Engie (57,89%), Publicis (54,55%), Société Générale, Axa ou encore BNP Paribas dont les femmes représentaient toutes 50% du CA. Eutelsat, et Gecina font également partie des bons élèves (50% de femmes) de même que Michelin (44,44%) et Vivendi (42,86%). L'industrie lourde est en revanche en retard, Lafarge ne comptant seulement que 7,14% de femmes au sein de son conseil, suivi par Airbus (16%), ou encore Safran, Arcelor ou Renault, dont les conseils possèdent respectivement 23,53%, 25% et 26,32% de femmes. Une bancaire n'est pas très en avance, Crédit Agricole avec seulement 24% de femmes dans son CA, Essilor, Casino, Carrefour et Bolloré figurant également dans ce peloton. 

Les auteurs de l'étude ont tout de même tenu à nuancer ces résultats puisque plusieurs sociétés ont nommé des femmes au sein de leur CA lors de leurs AG 2016, dont l'Oréal, LVMH ou Kering : "une majorité des sociétés vont accélérer la féminisation de leur conseil d'administration dans les mois à venir. (...) Les nominations en cours dans les AG laissent donc penser qu'un grand nombre d'entreprises atteindront l'objectif de 40% de femmes dans leur board", tempère ainsi Eric Aubert, Managing Partner d'Eric Salmon & Partner Paris.

Le cabinet dresse ensuite le portrait robot de l'administratrice française : celle-ci est ainsi âgée de 55 ans en moyenne (sur les 239 administratrices que comptaient les 60 plus grosses entreprises de l'Hexagone au 31 décembre), la doyenne étant Nicole Dassault  (nous tairons son âge !) et la plus jeune Marie Bolloré, de 28 ans. L'administratrice type est française, dans 64% des cas, même si les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne sont notamment représentés au sein des CA des sociétés françaises (10% d'entre elles sont originaires du continent américain et 22% du continent européen). A noter également que 21 Françaises ont été choisies comme administratrices de 38 sociétés étrangères.

Les entreprises françaises favorisent les grosses têtes au sein de leur CA, puisque 82% des administratrices sont multi-diplômées, une majorité d'entre elles possédant un master ou doctorat d'une université étrangère (pour 30,08%), 19% étant diplômées d'une école de commerce et 11% de l'IEP ou l'ENA. Sans surprise, les femmes ingénieurs sont assez peu représentées, à hauteur de 8% seulement. Il est également intéressant de constater que ces femmes ont d'importantes responsabilités, puisque presque 39% d'entre elles sont DG, CEO ou présidente de société. Un rapport publié début février par le Haut Conseil de l'Egalité entre les hommes et les femmes soulignait cependant que très peu de femmes présidaient les conseils d'administration, à 95% dirigés par des hommes. Preuve selon le rapport remis à la ministre chargée des droits des femmes Marisol Touraine, que si le partage des sièges progresse, celui des pouvoirs est encore très inégalitaire !

Du point de vue de leur parcours professionnel enfin, les auteurs de l'étude sont parvenus à classifier les administratrices en 5 grandes familles : elles sont "financières" pour 40% d'entre elles (on peut ainsi citer Virginie Morgon chez Vivendi ou Patricia Barbizet chez Total), "corporate" pour 40% d'entre elles (Valérie Bernis chez Atos et Suez ou Mouna Sepheri chez Danone, Nexans et Orange) ou "héritières" pour 5% d'entre elles (telles que Françoise Bettencourt ou Delphine Arnault). Seules 10% sont des "outsiders" (définies par le cabinet comme des personnalités dont le parcours incarne une forme de modernité et d'innovation, amenant une expertise différente) et 5% des personnalités (Laurence Parisot ou Cherie Blair)

La loi de 2011 a tout de même permis des progrès significatifs puisque 60,7% des administratrices ont été nommées entre 2011 et 2016. Nombre d'entre elles cumulent plusieurs mandats, à 73,64%, ce qui souligne encore la difficulté des entreprises à sélectionner de nouvelles têtes féminines au sein de leurs CA. Sachant que lorsqu'elles cumulent des sièges, c'est au sein de 4 boards en moyenne! Là encore, le rapport dévoilé début février a apporté des recommandations judicieuses en la matière, et suggérait de mieux accompagner les entreprises dans la recherche de leurs administratrices, ce qui permettrait de diversifier les femmes choisies par les sociétés. 

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