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Déficit: Bruxelles moins optimiste qu'Emmanuel Macron
Le commissaire aux affaires économiques Pierre Moscovici a donc dévoilé ce matin les traditionnelles prévisions de croissance de printemps des pays de l'UE, une semaine à peine après l'élection du nouveau Président de la République. Et si la tendance est plutôt rassurante pour la France, dont "la reprise devrait accélérer doucement", soutenue notamment par une hausse du commerce extérieur, la Commission a tout de même révisé son estimation de déficit à la hausse.
Selon elle, celui-ci devrait atteindre 3% cette année, contre 2,9% du PIB dans ses prévisions de février. Principal facteur de cette révision, un chiffre plus mauvais que prévu pour 2016, où le déficit a finalement atteint 3,4% du PIB contre 3,3% initialement prévu. La Commission a par ailleurs estimé que la hausse de l'inflation, qui devrait progresser plus rapidement que les salaires, pourrait peser sur le pouvoir d'achat des ménages et entraîner un léger recul de la consommation. Selon Bruxelles, le repli de la demande intérieure, n'est toutefois pas entièrement négatif pour l'économie française : puisqu'il devrait permettre de rééquilibrer la balance commerciale, au moment où l'accélération de la croissance mondiale soutiendra les exportations françaises, soutenant ainsi la croissance, estimée à 1,4% pour 2017 et 1,7% en 2018.
Sur l'épineux sujet du déficit, Pierre Moscovici avait alerté Emmanuel Macron dès mardi, en déclarant que la France devrait "sortir de la procédure de déficit excessif", et pourrait tout à fait parvenir à passer sous le seuil des 3%, en réalisant ne serait-ce qu'un "effort minime". Rappelons que la France a été placée sous la vigilance renforcée de Bruxelles en 2008 et qu'elle a déjà décalé la sortie de procédure à deux reprises.
Le problème est qu'Emmanuel Macron a déjà annoncé qu'il ne souhaitait pas réviser le budget prévu pour 2017, estimant que cela risquait de lui "faire perdre du temps et du capital politique", et que les 60 milliards d'économies qu'il a prévu de réaliser sur 5 ans devraient suffire à atteindre son objectif de déficit de 1% du PIB en 2022. Et, selon ses propres prévisions, le déficit devrait être ramené à 2,9% dès cette année. Bref, le nouveau Président n'entend visiblement pas céder à Bruxelles, et compte sans doute sur le soutien de l'Allemagne, où il a le crédit de la chancelière et des principaux acteurs politiques, pour aller dans son sens. Le Président doit justement se rendre à Berlin pour son premier déplacement à l'étranger, et devrait discuter des nombreux projets pro-européens de son programme. Il pourrait au passage mentionner le sujet du déficit, sur lequel les Allemands se sont toujours montrés intransigeants.
La Commission a tout de même conclu ses prévisions françaises sur un avertissement : "nos estimations sont compliquées par le timing des élections présidentielles et législatives et ont été fondées sur le principe d'une "politique inchangée". Une façon de mettre en garde contre un nouveau dérapage des finances, en cas d'instabilité politique ou de non respect du budget 2017.
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