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Brexit : un calendrier de plus en plus serré
Le ton est monté d'un cran cette semaine entre le gouvernement de Theresa May et les députés de Westminster qui craignent de ne pas être consultés sur l'accord final sur le Brexit. Des membres du parti conservateur ont même menacé hier de se rebeller contre le gouvernement pour être sûrs d'obtenir un vote contraignant sur le sujet. Si le cabinet de Theresa May a promis que les MPs seraient consultés, il refuse pour autant d'inscrire cet engagement dans une loi, au grand dam des députés. Le gouvernement est de plus en plus isolé au sein de son propre parti et de son pays, alors que des anti Brexiters ont de leur côté annoncé qu'ils poursuivraient la Premier ministre si Westminster n'était pas consulté au moment du vote de l'accord sur le Brexit, avant mars 2019. Rappelons que des opposants au Brexit avaient déjà poursuivi le gouvernement et obtenu gain de cause en janvier dernier, concernant la consultation de Westminster sur le déclenchement de l'article 50 du Traité de Lisbonne. La Premier ministre, qui comptait initialement passer outre l'avis des députés, avait dû faire marche arrière après que la cour suprême britannique a jugé qu'il était inconstitutionnel de ne pas consulter les MPs.
Une fois encore Theresa May préférerait éviter d'avoir à passer par la case Westminster, jugeant sans doute trop risqué de consulter les députés si peu de temps avant la date officielle de sortie et de vote des 27 Etats. Car tout amendement de la part des élus britanniques exigerait d'être ensuite validé par les 27 et le Parlement européen, et pourrait modifier le cours des choses à la dernière minute. Ce qui explique le discours a priori contradictoire du secrétaire d'Etat au Brexit David Davis, auprès des députés : s'il a affirmé hier qu'ils "pourraient se prononcer par vote", il avait déclaré la veille que les négociations risquaient de partir dans le décor si Westminster était consulté peu de temps avant la deadline. Il est de toutes les façons quasiment certain que les équipes à Bruxelles exigeront de leur côté la ratification de l'accord par le Parlement britannique avant de se prononcer, afin d'être sûres de ne pas se faire surprendre post vote par des amendements britanniques qui ne conviendraient pas aux 27.
Cette implication de Westminster dans le processus de négociations explique pourquoi le calendrier est si serré. Le commissaire Michel Barnier a d'ailleurs insisté lors de la dernière rencontre avec les Britanniques, pour qu'un deal soit trouvé d'ici à octobre 2018, soit six mois avant la date officielle de sortie. Car ces six mois seront sans doute nécessaires pour que les députés britanniques étudient, amendent et renvoient le texte à Bruxelles, qui aura également besoin de temps pour examiner les nouvelles requêtes des élus anglais. Il faudra donc que les négociations sur l'avenir commercial de la Grande-Bretagne avec l'UE soient entamées d'ici à la fin du premier trimestre 2018 et que les 27 donnent leur feu vert sur une période de transition d'ici à la fin du deuxième trimestre 2018, pour que les deadlines soient respectées. "Si à la fin du deuxième trimestre 2018, il n'y a toujours aucune clarification concernant le contenu du deal et la période de transition, alors c'est qu'il n'y aura pas d'accord", estime ainsi Mike Amey gérant de portefeuille UK pour Pimco. Car si rien n'a avancé à cette date, les entreprises commenceront à déménager en dehors du pays, selon le gérant. Et si les entreprises déménagent, les tenants d'un Brexit dur soutiendront qu'il n'est plus nécessaire de trouver un accord commercial arrangeant.
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