Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Vivendi tente de reprendre la main en Italie
Comme on pouvait s’y attendre, la situation se complique pour Vivendi en Italie. Depuis sa montée éclair au capital de Mediaset, aux mains du très puissant Silvio Berlusconi, le groupe se trouve en effet, confronté à une série de déconvenues. Cela a commencé par la multiplication d’actions judiciaires de la part des actionnaires majoritaires de Mediaset qui en ont également profité pour saisir l’Agcom, l’autorité de tutelle des télécommunications italienne. Cette semaine, plusieurs sociétés de conseils de vote en assemblée générale dont ISS ont également donné de la voix, recommandant aux actionnaires de Telecom Italia de ne pas voter en faveur des candidats présentés par Vivendi au conseil d'administration. Le groupe français, qui détient 24% de Telecom Italia, a placé en tête de liste son président du directoire Arnaud de Puyfontaine, signalant ainsi sa volonté de le voir accéder à la présidence. ISS propose plutôt de soutenir les candidats présentés par l'association Assogestioni, qui sont selon elle "mieux placés pour défendre les intérêts de long terme des actionnaires minoritaires et assurer un contrôle indépendant des actions de la direction." Ce n'est, certes, pas la première fois qu'ISS avance cette liste de candidats, le cabinet de conseils la recommandant chaque année depuis cinq ans.
Hier, on apprenait que l'Agcom avait finalement rendu son avis et qu’elle estimait que Vivendi, au vu de ses participations dans Telecom Italia et Mediaset, était dans l'illégalité. L’autorité a donné un an au Français pour se remettre en conformité en s’allégeant. Ce dernier a immédiatement réagi en affirmant qu'il envisageait "toute action judiciaire appropriée" pour protéger ses intérêts au motif qu’il n’exerce aucune influence dominante sur Mediaset.
Ce vendredi, la société de Vincent Bolloré prend à nouveau la parole, cette fois pour rassurer les marchés mais aussi les autorités italiennes de ses ambitions de long terme au sein de Telecom Italia, histoire de redonner un peu de sérénité au débat. « Vivendi, premier actionnaire de Telecom Italia, réaffirme son engagement sur le long terme avant l’assemblée générale de l’opérateur de télécoms italien le 4 mai 2017 pour laquelle il a proposé une liste d’administrateurs. Le groupe croit en l'importance d'investir de façon continue dans le développement des réseaux mobiles et fixes haut débit de Telecom Italia, pour répondre à la forte demande de services convergents de haute qualité et d’offres multi-play. Avoir la meilleure expérience client dans les services convergents avec le meilleur rapport qualité/prix du marché permettra à Telecom Italia d’accroître ses parts de marché et ses revenus », soutient notamment le Français dans un communiqué.
S’il a de fortes chances d’avoir la majorité des voix lors de l’AG de l’opérateur italien et d’obtenir gain de cause malgré les contestations des « Proxi », la partie s’annonce plus serrée au niveau de Mediaset après la décision de l’Agcom. Le nouveau contentieux devrait, déjà, repousser dans le temps les projets de Bolloré qui a ici la confirmation que les autorités italiennes feront tout pour le botter hors du pays. Ou du moins, réduire au maximum son influence locale. Stéphane Richard, le patron d’Orange l’a d’ailleurs bien compris et vient d’indiquer "que le moment n’était pas adéquat pour aborder l’Italie". Et ce, d’autant plus que Xavier Niel a, lui, au contraire décidé de se lancer à fond sur ce nouveau marché.
Vincent Bolloré à l’art de s’immiscer (parfois de façon brutale) dans certains dossiers et de faire le gros dos assez longtemps lorsque les parties ne sont pas d’avis de lui ouvrir grand les portes. Il obtient bien souvent gain de cause, de guerre lasse, ou bien s’en va en empochant quasiment toujours de coquettes plus-values. Il semble que dans le cas présent il doive s’armer de patience. Mais les Italiens sont tout aussi coriaces et pugnaces. A voir qui aura le dernier mot.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

