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2016, l'année des arbitrages au sein de la Caisse des dépôts
Pierre-René Lemas parviendra-t-il à terminer son mandat dont l’échéance est prévue en 2019 ? Pour l’heure, il n’en est absolument pas assuré puisqu’il vient de fêter ses 66 ans et qu’à ce titre, il est -comme le dit la formule consacrée-, atteint par la limite d’âge. Pour poursuivre deux années encore ce qu’il a commencé voici trois ans, il lui faudra donc le quitus du futur président de la république.
Et tel est bien son souhait, comme il l’a encore stipulé ce matin sur les ondes de Radio Classique : "Je suis un vieux préfet mais pas forcément un vieux directeur général de la Caisse des dépôts, donc je souhaite continuer jusqu'au terme de mon mandat en 2019, après on verra bien ce que décidera le prochain président de la République", ajoutant qu'il n'avait pourtant pas entrepris de démarches en ce sens auprès des candidats à l'élection présidentielle, ceux-ci ayant déjà fort à faire avec une campagne hors norme. En attendant, la CDC a rapidement procédé à l’élection du successeur d’Henri Emmanuelli, décédé la semaine dernière. Et comme prévu c’est Marc Goua, en qualité de président du CECR (Comité d'Examen des Comptes et des Risques) qui a été choisi pour prendre la tête de la Commission de surveillance du bras financier de l’Etat.
Pour faire pencher la balance de son côté, Pierre-René Lemas devrait assurément mettre en avant ses récentes décisions stratégiques. L’an passé, la CDC a ainsi procédé à une longue série d’arbitrages au sein de son portefeuille de participations. "La Caisse des dépôts doit être un groupe et non un simple conglomérat de participations stratégiques, explique Pierre-René Lemas, ajoutant avoir conduit un mouvement de respiration des actifs avec le but de faire gagner le groupe en cohérence avec ses missions de soutien aux politiques publiques ».
Respiration que l’on retrouve dans les résultats annuels de l’entreprise. Elle annonce un bénéfice net part du groupe en hausse d'environ 30% en 2016, comparé à un exercice 2015 largement impacté par des dépréciations d'actifs subies par certaines de ses filiales, comme le groupe immobilier Icade. Le profit s'élève précisément à 1,78 milliard d'euros contre 1,37 milliard en 2015, un résultat "marqué par le niveau de performance élevé des filiales et participations stratégiques dont la contribution au résultat du groupe progresse de 42%", peut-on lire dans le communiqué de la CDC. CNP Assurance, Bpifrance ou encore La Poste ont ainsi contribué positivement au profit global. Hors éléments exceptionnels, le résultat récurrent progresse plus modestement de 3% à 1,56 milliard d'euros.
De fait, l’exercice 2016 a été marqué par de nombreux arbitrages comme la cession d’une participation de 4% dans Veolia et la montée parallèle à 70% au capital de Transdev, mettant ainsi un terme à plusieurs années d’incertitude sur cette participation commune avec Veolia. De même l’institution a-t-elle validé le rachat de 49,9% du capital du gestionnaire du réseau français de transport d'électricité RTE. Plus récemment, elle a vendu ses parts dans la Sanef et le groupe de vacances Belambra.
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