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Casino délivre comme prévu, mais la Bourse n'achète pas
Comme Carrefour, le résultat net 2017 de Casino s’inscrit en très forte baisse par rapport à l’exercice précédent. Mais comme Carrefour aussi il est à relativiser. Si celui du groupe dirigé par Alexandre Bompard a été impacté par d’importantes charges exceptionnelles, celui de Casino se compare à un exercice 2016 dominé par des plus-values de cession non récurrentes. Conséquence, le profit net, part du groupe de Casino affiche 120 millions d’euros contre 2,6 milliards un an plus tôt.
En termes opérationnels, c’est certes une autre chanson. Le distributeur a vu son résultat opérationnel courant (ROC) progresser de 20% à 1,24 milliard d'euros, conformément à sa prévision revue à la baisse en janvier lors de la publication de son chiffre d'affaires annuel. La marge opérationnelle augmente quant à elle de 40 points de base à 3,3%. En France, le ROC s’élève à 556 millions d’euros, en progression de 9,5 %. Il a bénéficié de la bonne tenue de la rentabilité chez Franprix et Monoprix et d’une meilleure contribution des Supermarchés Casino. La promotion immobilière a de nouveau enregistré un bon résultat de ses activités à 92 millions d’euros. Le taux de marge opérationnelle courante augmente de + 26 bp, à 2,9 %. Le ROC du E-commerce, en revanche, est en recul, à – 27 millions d’euros contre -11 millions en 2016, impacté par les investissements réalisés au premier semestre dans le cadre du plan stratégique de Cdiscount.
Si l’on exclut donc les éléments exceptionnels de 2016, le résultat net normalisé des activités poursuivies, part du groupe s’élève à 372 millions d’euros, en hausse de 9% sur 2016 avec un ratio de dette financière nette sur EBITDA des activités poursuivies globalement stable à 2,1x contre 2,0x un an plus tôt.
Pour 2018, le groupe, par la voix de son président, Jean-Charles Naouri, confirme ses priorités stratégiques : à savoir privilégier la croissance sur les meilleurs formats ; accélérer le développement du digital et de l’omnicanal ; poursuivre les plans d’actions de baisse de coûts et d’amélioration de la supply chain et enfin, accroître la génération de cash et renforcer la structure financière. En France, il vise pour la distribution alimentaire une progression organique du ROC hors immobilier supérieure à 10 %, portée par la croissance des formats les plus rentables. Il anticipe d’ores et déjà pour le groupe une progression organique du ROC d’au moins 10%.
Il dit également envisager une enveloppe d’1 milliard d’euros pour des investissements. Le groupe, comme l’a récemment indiqué WanSquare, est à l’affût pour développer ses différentes enseignes à l’international, via essentiellement la franchise, mais pas uniquement. Et ce, dans un contexte de reprise généralisée, le Brésil ayant, par exemple, démontré de sérieux signes de redressement l’an passé.
Ces perspectives ne réjouissent pas pour autant les investisseurs qui boudent à nouveau le titre, le faisant baisser de près de 6% en ce moment. De fait, ils sont très circonspects depuis de nombreux mois sur la capacité des distributeurs à relever tous les défis qui les attendent.
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