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Hausse des prix du pétrole, une bonne nouvelle pour la croissance
Le président Poutine a donc annoncé hier soir qu'il gèlerait lui aussi sa production de pétrole, si les membres de l'OPEP devaient parvenir à se mettre d'accord sur un plafond lors de leur prochaine réunion fin novembre, comme ils s'y sont engagés fin septembre à Alger. L'annonce d'une possible entente il y a quelques semaines a naturellement fait grimper les prix du Brent, qui est passé de 46 dollars à 50 dollars environ. Les déclarations du président russe hier ont finalement permis au baril d'atteindre un plus haut annuel, à près de 53 dollars. Si le marché devrait rester très volatile à court terme d'ici à la réunion de Vienne et varier au gré des nouvelles et déclarations, les investisseurs parient tout de même sur le succès de la rencontre. "Il y a de fortes chances pour que les pays producteurs parviennent à un accord. Les positions longues ont augmenté de façon très rapide sur le marché à terme depuis le sommet d'Alger, ce qui traduit l'espoir des marchés d'une entente", explique ainsi Erasmo Rodriguez, analyste actions, spécialiste des secteurs Energie et Utilities de l’UBP.
Pourtant, même si les pays producteurs parviennent à se mettre d'accord, le prix du baril ne devrait pas non plus flamber. Certes, le pétrole ne retournera a priori pas sous les 40 dollars, soit le niveau que l'Arabie Saoudite cherchait à ne plus dépasser, selon Alexandre Andlauer, directeur de la recherche pétrole et matières premières chez Alpha Value. Sauf si la réunion de Vienne se solde finalement par un échec comme celui de Doha au printemps, estime pour sa part Erasmo Rodriguez. Mais, "d'un point de vue fondamental, le baril ne devrait pas tellement remonter d'ici à la fin de l'année. Notre objectif de 60 dollars est pour fin 2017 seulement", poursuit Alexandre Andlauer.
Plusieurs facteurs devraient en effet empêcher un emballement des prix : des niveaux d'inventaires encore très élevés tout d'abord, situés autour de 3,1 millions de barils et qui ont progressé autour de 400 000 barils par jour depuis 4 mois. Or, selon Erasmo Rodriguez, l'absorption des inventaires n'aura pas lieu avant le second semestre 2017. "La condition sine qua non pour que le niveau d'inventaires diminue (et que les prix remontent) est que la croissance de la production progresse moins vite que la demande", explique ainsi l'analyste d'UBP. Rien n'est moins sûr : car même si l'OPEP diminue effectivement sa production de un million de barils par jour comme annoncé, l'offre du Nigeria, de l'Iran et de la Libye tous trois exemptés de l'accord pourrait compenser la baisse des autres pays du Golfe, s'ils parviennent à régler les problèmes politiques qui entravent actuellement leur production. Ainsi, l'Iran, qui produit actuellement 3, 6 millions b/j possède une capacité de 4 millions b/j, tandis que le Nigeria pourrait augmenter la sienne de 400 000 b/j et la Libye de 500 000 b/j.
Par ailleurs, l'appréciation récente du prix du baril a permis de créer un appel d'air pour les producteurs américains, et devrait leur permettre de ré-augmenter leur production : celle-ci pourrait se stabiliser dans les prochaines semaines et croître de 0,3 million de barils par jour à partir de l'an prochain, selon les prévisions d'Alpha Value.
Quoi qu'il en soit la fin de l'effondrement des prix du baril est une bonne nouvelle pour l'économie mondiale, estiment les équipes de Capital Economics. Car, si le baril se maintient entre 45 et 60 dollars, il sera encore suffisamment bas pour soutenir la consommation de biens et services mondiale et suffisamment haut pour redonner un peu d'air aux principaux pays émergents producteurs, estiment les analystes. Les investissements dans le secteur devraient par ailleurs progressivement repartir.
Seul bémol de la reprise des cours, l'impact sur l'inflation: alors que la contribution du coût du baril a pesé à hauteur de -0,5% sur les prix jusqu'à présent, elle devrait au contraire représenter 1% de l'indice l'an prochain. "Ce qui sera plus difficile à encaisser pour la zone euro (qui ne possède pas de secteur pétrolier très développé et ne devrait donc pas bénéficier par ailleurs d'une hausse des cours) et pour la Grande-Bretagne, dont les prix sont en hausse depuis le Brexit", concluent les équipes de Capital Economics. L'impact sur l'inflation ne sera cependant que transitoire selon les experts, puisque les banques centrales vont maintenir leur politique accommodante.
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