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Elections françaises : Trump cultive l’ambiguïté avec Le Pen

Le Président américain s’est fendu de deux tweets sur la présidentielle française et a eu des mots flatteurs à l’égard de la candidate d’extrême droite. Mais son chef de cabinet a martelé qu’il travaillerait avec tout vainqueur, car une nouvelle vague populiste est loin d’être gagnée.
Marine Le Pen
Marine Le Pen

Il aura fallu attendre les derniers jours avant le premier tour pour que Donald Trump, comme le reste de l’Amérique, porte son attention sur l’élection présidentielle française. Le Président américain, qui a repris ces derniers jours ses tweets rageurs de bon matin, s’est exprimé par deux fois sur le scrutin de l’Hexagone : vendredi, juste après l’attaque terroriste sur les Champs-Elysées, il a jugé qu’elle aurait « un gros effet sur l’élection présidentielle », et ainsi sous-entendu qu’elle pourrait profiter à Marine Le Pen, qui a fait de la sécurité le cœur de son discours. Et ce dimanche, il a déclaré que « des élections très intéressantes ont lieu en ce moment en France ».

Celui qui était lui-même un «outsider » dans l’élection américaine de novembre dernier attendait sans aucun doute une vague populiste comme elle s’est exprimée aux Etats-Unis. L’accent mis sur le patriotisme, la lutte contre l’immigration de masse et le protectionnisme économique de Marine Le Pen sont des thématiques qui lui sont chères, et lui ont ouvert les portes de la Maison Blanche. Lors d’une interview vendredi dans le Bureau Ovale, il n’avait d’ailleurs pas hésité à affirmer que la candidate du Front National était « la plus forte sur les frontières, et sur ce qui se passe en France ». Et de prédire que « celui qui sera le plus dur sur le terrorisme islamique radical et (…) sur les frontières aura de bons résultats à l‘élection ».

Mais Marine Le Pen, qui était encore en tête des sondages il y a quelques semaines, s’est ensuite essoufflée face à Emmanuel Macron, et son cabinet, qui en est bien conscient, a eu à cœur de ne pas favoriser publiquement un candidat. « Il soutiendra le vainqueur quel qu’il soit », a ainsi affirmé dimanche son chef de cabinet, Reince Priebus. Pourtant, l’annonce selon laquelle Barack Obama a appelé personnellement le leader d’En Marche ! pour lui souhaiter bonne chance jeudi dernier n’a trompé personne : un intellectuel libéral en soutient un autre. Et de l’autre côté, le camp du Président populiste semble aussi évident.

Néanmoins, fidèle à ses contradictions, Donald Trump a envoyé des messages mixtes sur l’enjeu principal de l’élection présidentielle française : l’Europe. S’il a salué le Brexit en son temps et anticipé que d’autres pays prendraient la même décision à sa suite, il a aussi affirmé jeudi dernier, lors d’une conférence de presse : « Une Europe forte est très, très importante pour moi en tant que Président des Etats-Unis ».

En attendant, les résultats du premier tour, et en particulier la première position prise par le leader d’En Marche!, a donné un coup de fouet à l’euro, qui a atteint un plus haut de deux mois et a grimpé de plus de 2%, à plus de 1,09 dollar dimanche, avant de clôturer à 1,088 dollar. « C’est le résultat le plus positif pour le marché », a commenté Vincent Juvyns, stratégiste chez JP Morgan AM. « Un duel Macron-Le Pen au second tour devrait donner une large majorité à Macron ». De l’aveu de certains analystes et investisseurs, une telle issue pourrait redonner de l’appétit pour les actifs européens à court terme.

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