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Lyft qui chante, Uber qui pleure
Lyft, le concurrent américain d’Uber qui s’est développé en Californie avec un modèle de covoiturage, pourrait-il un jour rattraper son grand frère ? La société basée à San Francisco et connue pour son logo rose très flashy, enchaîne les succès. Le mois dernier, la société signait un partenariat avec Waymo, la division dédiée aux voitures autonomes d’Alphabet, l’ex-Google, pour développer des prototypes. Tout cela sur fond de guerre judiciaire entre Google et Uber, puisque le premier a accusé le second d’avoir volé des brevets propriétaires sur la conduite autonome. Début juin, nouveau partenariat, cette fois avec Nutonomy, start-up américaine dans le développement de taxis autonomes. Enfin lundi, on a également appris que Lyft, qui a annoncé un tour de table de 600 millions de dollars en avril dernier pour une valorisation de près de 7 milliards de dollars, en avait profité pour faire rentrer Jaguar Land Rover à son capital. Le constructeur a abondé à hauteur de 25 millions de dollars à son capital, et compte lui fournir une flotte de véhicules afin de mettre au point un modèle de voiture autonome.
En parallèle, Uber affronte la plus grave crise identitaire et managériale de son histoire. La start-up privée la mieux valorisée au monde (67 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds) a accepté, à l’unanimité de son conseil, les recommandations établies par Eric Holder. Ce dernier a mené une enquête en profondeur sur la culture d’entreprise d’Uber, après ses accusations de harcèlement, qui a mené au départ de grands dirigeants de l’entreprise et proches du CEO, Travis Kalanick. Dernier en date : Emil Michael, senior vice president of business d’Uber, qui a été poussé vers la sortie pour lutter contre cette réputation de start-up tech arrogante, proche de l’illégalité et machiste.
Le CEO est lui-même protégé car il a eu le bon sens de mettre en place une double classe d’actions lors de ses dernières levées de fonds. Mais il vient de vivre un drame personnel, avec l’accident de bateau de ses parents qui a causé la mort de sa mère et l’hospitalisation de son père. C’est la raison pour laquelle le board étudie la possibilité de lui offrir un congé de trois mois pour régler cette difficile situation personnelle. Ariana Huffington, la célèbre dirigeante du Huffington Post et promotrice des droits des femmes, qui a été nommée comme responsable du comité spécial chargé de l’enquête interne chez Uber, a plusieurs fois répété que le fondateur et homme fort d’Uber devait rester dans ses fonctions. Mais il reste à savoir si une jeune pousse comme Uber, qui a éclos grâce à la pugnacité de son géniteur, saura survivre avec de nouvelles méthodes de management, et de nouveaux hommes-clés à sa tête. Il faudra faire vite, car ses concurrents ne l’attendront pas.
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