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Crédit Agricole démarre l’année sur les chapeaux de roue

La banque verte a quasiment doublé son résultat net au premier trimestre grâce à la bonne dynamique des crédits et à la performance d’Amundi, qui a financé avec succès le rachat de Pioneer Investment. Elle profite à plein des fruits de son plan de transformation Eureka.
Crédit Agricole - nouveau siège
Crédit Agricole - nouveau siège

Après les périodes de vache maigre, celles des conquêtes. Pour ses résultats du premier trimestre, Crédit Agricole montre que les années se suivent mais ne se ressemblent pas : alors que l’année 2016 avait commencé en berne en raison des inquiétudes sur la Chine mais aussi de l’atteinte à son image sur l’affaire des Panama Papers, 2017 commence de très bon augure. La banque dirigée par Philippe Brassac a ainsi publié un résultat net qui a quasiment doublé sur un an, à 1,6 milliard d’euros, pour un PNB en hausse de 15,2% à 8,25 milliards d’euros. « Il s’agit de très bons résultats sur toutes nos activités », a fait valoir Philippe Brassac, directeur général du groupe, lors de la conférence téléphonique aux analystes, en mettant l’accent sur la performance de LCL (avec un résultat net en augmentation de 64%) et du Groupe Crédit Agricole en Italie (hausse de 14,7% par rapport à un exercice 2016 déjà record).

La banque a ainsi profité en ce début d’année de l’embellie économique en France, mais aussi de l’euphorie des marchés, malgré l’arrivée de Trump à la Maison Blanche et l’échéance électorale en France. Du côté de la banque de détail, Philippe Brassac souligne l’excellente croissance des volumes de crédits, chiffres à l‘appui : chez LCL, le crédit à l’habitat a ainsi progressé de 7,7% sur les trois premiers mois de l’année, le 11,2% pour les crédits aux entreprises et de 9% dans le crédit à la consommation. Signe que les ménages comme les corporates sont décidés à tirer parti des taux bas pour investir.

De son côté, CASA a également pulvérisé les chiffres de 2016, avec un résultat net sous-jacent de 895 millions d’euros, « soit 2,5 fois plus que le résultat net généré il y a un an », fait valoir Philippe Brassac, pour un PNB publié en hausse de 23,7%, à 4,7 milliards d’euros. Le groupe bénéficie maintenant à plein de sa réorganisation et de l’exécution du plan Eureka. Surtout, cette optimisation des coûts s’est traduite dans les charges d’exploitation, en baisse de plus de 8 points sur un an (avec un ratio de 62,7%).

Le groupe Crédit Agricole fait également figure de bon élève de la classe concernant la situation de ses capitaux : son ratio Common Tier One culmine à 14,5%, soit 500 pb au-dessus des ratios réclamés par la BCE d’ici à 2019, et l’acquisition de Pioneer Investment par Amundi ne le fera reculer que de 35pb. Au niveau de CASA, l’impact négatif sera de 60pb mais le Core Tier One de 11,9% est déjà supérieur de 340 pb à l’objectif réglementaire.

De ce point de vue, l’acquisition à 3,5 milliards d’euros est sur le point d'aboutir pour Amundi, la branche de gestion d’actifs de Crédit Agricole qui a collecté 32 milliards d’euros au premier trimestre, grâce à la bonne orientation des marchés et au rebond du trading obligataire. Elle a réalisé avec succès son augmentation de capital de 1,4 milliard d’euros, tandis que sa maison-mère a elle aussi profité de conditions optimales et bouclé près de 70% de ses besoins de financements annuels dans les trois premiers mois. Car si la période est extrêmement favorable pour les émetteurs, nul n’est à l’abri d’un retournement de conjoncture et de marchés, qui ferme momentanément le robinet du crédit.


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