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En pleine tempête électorale, les M&A battent tous les records aux US
Donald Trump a beau répéter à longueur de journée que l’Amérique s’enfonce dans une croissance atone, les statistiques et les opérations en série annoncées par les corporates en ce moment semblent déterminées à le contredire. Vendredi dernier, les chiffres actualisés de la croissance américaine au troisième trimestre ont porté la croissance du PIB à 2,9% en rythme annualisé, contre 1,4% auparavant. Soit la plus forte progression trimestrielle en deux ans. Ces données sur une période courte ne donnent certes pas le rythme exact de la croissance annuelle – elle sera plutôt de l’ordre de 1,7% en 2017 aux Etats-Unis – mais, couplées à un taux de chômage au plus bas à 5%, contrecarrent le slogan du républicain, « make America great again ».
Les dirigeants d’entreprises se sentent eux aussi pousser des ailes, comme en témoignent les chiffres records des M&A au mois d’octobre. Selon Dealogic, octobre a été le sixième mois le plus actif en transactions mondiales, avec 491,7 milliards de dollars de deals. Cela a surtout été le fait du marché américain : Dealogic a dénombré 593 opérations visant des corporates américains (hormis des opérations de spin-off) pour un total de 316,3 milliards de dollars, le mois le plus actif jamais enregistré par le pays ! Dans les télécoms, la consolidation se poursuit puisqu’AT&T et Time Warner ont annoncé une fusion géante de 85 milliards de dollars. Qui doit certes passer d’abord par les fourches caudines du régulateur, de plus en plus attentif à la naissance de ce type de géant et ce qu’elle signifie pour les consommateurs. Côté puces, Qualcomm a offert 38,5 milliards de dollars pour reprendre le fabricant de semi-conducteurs NXP et se développer dans l’industrie des objets connectés, en pleine expansion.
Mais alors que le week-end a été explosif avec la révélation d’une nouvelle enquête du FBI sur les emails d’Hillary Clinton, deux autres transactions majeures ont été officialisées ce lundi. General Electric a annoncé qu’il allait fusionner ses activités pétrolières avec Baker Hughes afin de créer un mastodonte fort de 34 milliards de dollars, capable de concurrencer Schlumberger dans les équipements et services pétroliers. Cette alliance est certes à but défensif : le profit opérationnel de GE dans cette activité devrait baisser de 30% cette année, et le groupe s’est engagé à réduire ses coûts de 1 milliard de dollars sur deux ans. Ce qu’il compte réaliser notamment grâce aux synergies issues de cette fusion. Encore faut-il à nouveau que le régulateur, qui a retoqué le deal entre Baker Hughes et Halliburton pour 35 milliards de dollars en avril dernier, consente à cette opération. Le même jour, à nouveau dans les télécoms, CenturyLink a lancé une offre de 25 milliards de dollars sur Level 3 et attend 1 milliard de dollars d’économies de coûts afin de perdurer dans un secteur très concurrentiel. Enfin, le private equity n’est pas en reste puisque Blackstone a mis la main sur le prestataire de santé TeamHealth pour une valorisation de 6,1 milliards de dollars.
Le mois d’octobre établit donc une performance d’autant plus inhabituelle qu’elle se situe juste avant les élections présidentielles américaines. Certains CEO pourraient certes avoir été rassurés par l’avance prise par Hillary Clinton ces dernières semaines, avant que l’affaire de ses emails ne soit réactivée vendredi dernier par le FBI. Mais ce soudain appétit de deals est plutôt lié au timing : les opérations en titres visent à tirer parti de valorisations attractives, et celles en cash sont financées par une dette abondante et très peu coûteuse, alors que la Fed devrait probablement remonter ses taux à la fin de l’année. Et à moyen terme, la multiplication de ces deals stratégiques et transformants montre surtout que les décideurs ont toute confiance en la croissance de l’économie américaine.
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