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Donald Trump va-t-il entamer une guerre commerciale mondiale s'il est élu ?
Les marchés financiers et acteurs politiques mondiaux sont de plus en plus inquiets d'une potentielle victoire de Donald Trump, alors que le tout premier débat présidentiel entre les deux candidats devrait réunir ce soir plus de 100 millions de personnes sur CNN. Ce matin, la banque Citi revoyait ainsi ses anticipations vis-à-vis des deux candidats, estimant désormais à 40% la probabilité que Donald Trump soit élu, contre 35% de chance de victoire pour Hillary Cliton. La banque a affirmé dans le même temps que la volatilité sur le marché des changes et de l'or devrait sensiblement augmenter dans les jours qui précéderont le vote et si Trump l'emporte : "nous estimons qu'une victoire de Trump augmenterait les turbulences sur ces deux marchés et accroîtrait les volumes de métaux précieux échangés", déclarait la banque dans une note.
Mais si le milliardaire américain est effectivement élu, c'est surtout l'ensemble des relations commerciales du pays avec l'international qui pourrait être affecté. Le représentant des républicains a effectivement affiché des positions extrêmes de retour au protectionnisme lors de la campagne, annonçant vouloir mettre fin au traité de libre-échange avec l'Amérique du Sud et construire une frontière physique tout le long de la limite Sud du pays avec le Mexique. Selon les experts de Capital Economics cependant, il est possible que le potentiel président atténue ses positions une fois arrivé à la présidence. Et même s'il mettait en place les mesures annoncées depuis des mois, elles seraient sans doute moins pénalisantes que ce que de nombreux hommes d'Etat et analystes économique redoutent.
Une chose est certaine cependant, si le candidat l'emporte, le traité transatlantique ne sera pas ratifié ou ne progressera pas, estiment les équipes de Capital Economics. "Les chances qu'un accord commercial majeur soit ratifié pendant la présidence Trump sont infimes", expliquent ainsi les experts. Si le président a de nombreuses fois lors de discours de campagne, annoncé qu'il imposerait des taxes douanières de 35% à 45% sur les importations chinoises et mexicaines, son site officiel n'y fait en revanche pas référence. Ce dernier précise simplement sur ces sujets commerciaux que Trump ne ratifierait pas le TTIP, qu'il considérerait les chinois comme des "manipulateurs de devises" et qu'il pourrait appliquer des taxes supplémentaires aux "pays tricheurs". Mais il s'est récemment rétracté lorsqu'on lui demandait quel type de barrière il pourrait imposer aux biens et services étrangers et dans quelles proportions.
Certaines de ces menaces sont plus sérieuses que d'autres, estiment les analystes de Capital Economics. Si les autorités chinoises sont accusées de manipuler leurs devises par exemple, cela n'aura pas d'impact concret majeur et devrait seulement entraîner des années de discussions entre les deux pays. De même, si les tarifs douaniers avec le Mexique et la Chine venaient à augmenter, l'inflation américaine grimperait mais l'impact final ne serait pas énorme sachant que les importations combinées des deux pays ne représentent que 4% du PIB américain. Les conséquences seraient cependant plus douloureuses pour le Mexique que pour la Chine, puisque les exportations mexicaines vers les Etats-Unis représentent 27% du PIB du pays, lorsque celles de la Chine n'atteignent que 3,7% du PIB du pays. Ce qui explique l'effondrement récent du peso mexicain (il a chuté de 9% en un mois), les investisseurs craignant que le pays ne soit plombé par l'arrivée de Trump au pouvoir.
"Tout dépendra en réalité de la façon dont les pays répondront aux attaques commerciales de Trump", estiment les analystes. La Chine pourrait par exemple arrêter d'intervenir sur le marché des changes et laisser sa devise se déprécier, ce qui compenserait du même coup la hausse des taxes décidées par les Etats-Unis. Le Mexique aurait en revanche plus de difficultés à répliquer. Le potentiel président républicain pourrait surtout utiliser ces menaces de retour au protectionnisme comme outil de négociations commerciales plutôt que de les mettre réellement en pratique. Une pratique que Richard Nixon avait mise en oeuvre dans les années 1970. L'ancien président avait ainsi augmenté de 10% les tarifs douaniers sur les produits allemandes et japonais en 1971 afin de les inciter à laisser leurs monnaies s'apprécier contre le dollars et avait mis fin à cette surtaxe quelques mois plus tard, une fois que les deux pays avaient accepté de laisser leurs devises respectives s'apprécier.
Il ne faut donc pas craindre un retour de la période protectionnistes des années 1930, et le candidat républicain devrait abandonner une partie de ses idées s'il est élu ou seulement s'en servir comme moyen de pression lors de négociations commerciales, conclut Capital Economics.
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