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Carlyle lève 3,75 milliards d’euros dans un marché européen très bullish

Le fonds européen a mis près de trois ans pour boucler le closing final de Carlyle Europe Partners IV, qui investira dans l’upper mid-market. Dans un marché particulièrement liquide où les prix montent, le private equity cherche à innover.
Carlyle
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Carlyle dispose d’une nouvelle force de frappe en Europe, puisqu’il vient d’annoncer le closing de son quatrième véhicule européen, Carlyle Europe Partners IV, à 3,75 milliards d’euros contre un objectif initial de 3 milliards. Le fonds américain a passé près de trois ans sur la route et avait levé 1,4 milliard d’euros en août dernier, avant d’accélérer les sorties (Moncler, Numericable etc) et d'obtenir le satisfecit de ses investisseurs. Il a pu accélérer sa levée de fonds et d’obtenir l’engagement de 140 Limited Partners venant de 30 pays pour son closing final. Certes d’une taille inférieure à son précédent véhicule de 5,4 milliards d’euros levé en 2006, le fonds a vocation à boucler des LBO dans l’upper mid-market, soit des tickets compris entre 100 millions et 1 milliard d’euros. Il a déjà signé quatre deals dont deux en France : CST, la filiale de Schneider Electric, et le groupe de camping et mobil-homes Homair Vacances.

Cette annonce intervient dans un marché du private equity très liquide en Europe, comme dans le monde. Selon le Centre for Management Buyout Research (CMBOR) et Equistone Partners, le montant des deals a atteint 37 milliards d’euros au premier semestre, soit un record depuis 2008 même si le nombre d’opérations a diminué, tandis que les sorties continuent de battre leur plein: elles ont touché un niveau record de 72,9 milliards d’euros, soit encore davantage que les 68,7 milliards enregistrés début 2007. Dans ce contexte, les prix grimpent et les meilleurs actifs partent à des valorisations très élevées. Les multiples d’acquisition des LBO européens ont de ce point de vue explosé tous les records l’an passé, à 13,7 fois l’Ebitda, contre 12,9 fois en 2007, et 12,9 fois depuis le début de l’année.

Mais tous les fonds ne se précipitent pas sur ces pépites très chères, d’autant qu’avec la taille de leurs enveloppes, cela ne suffit pas pour allouer tous les capitaux à disposition. Le private equity doit donc aller plus loin que les cibles les plus évidentes, et construire des stratégies originales pour se différencier et créer de la valeur. Une première voie est celle des build-up, qui ont eux aussi affolé les compteurs à 43,3 milliards de dollars l’an passé, contre 4,9 milliards en 2013, certes portés par la reprise par Altice et Cinven de SFR pour 23 milliards de dollars. Le nombre de ces opérations a lui aussi grimpé de 25% l’an dernier.

Autre innovation dans le private equity européen: les club deals. Les reprises impliquant deux ou plusieurs acteurs ont grimpé de près de 80% à 18,7 milliards de dollars l’an passé selon Thomson Reuters. Cela reflète aussi l’engagement des Limited Partners, qui réclament de plus en plus de boucler des deals aux côtés de leurs gérants. D’autres vont même plus loin et intègrent leurs propres équipes à l’image du fonds de pension canadien, Canada Pension Plan Board, qui a repris l’activité private equity de GE pour 12 milliards de dollars en juin, laquelle comprend aussi une activité de prêts bancaires. Enfin, les fonds n’hésitent plus à se positionner sur des reprises en minoritaire, qui ont grimpé de 6,5 à 11,4 milliards de dollars l’an passé. Ou encore sur des cibles plus petites, où la concurrence faisait moins rage même si c’est de moins en moins le cas.

Une chose est sûre : Carlyle sera bientôt rejoint par d’autres grands noms du private equity, qui finalisent la levée de leur fonds européen. KKR cherche à collecter 3,5 milliards d’euros pour son quatrième véhicule européen, Charterhouse cherche 3 milliards d’euros tandis que Montagu Private Equity serait sur le point de boucler son fonds à son hard cap, soit 2,75 milliards d’euros.


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