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La majorité consulte les intermédiaires financiers sur l'épargne des Français

Les intermédiaires financiers ont reçu aujourd'hui un questionnaire sur la façon dont ils comptent saisir les opportunités créées par la réforme fiscale, pour mieux orienter l'épargne des Français vers le financement de l'économie réelle.
euros - argent - épargne - cochon
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"Réformer l'impôt c'est bien, mais pour que les choses changent sur le terrain, il faut que les professionnels du métier s'en saisissent pleinement", a déclaré à l'Agefi TV la députée LREM Amélie de Montchalin, au sujet de l'initiative de la majorité destinée à davantage orienter l'épargne des Français vers les entreprises. L'ensemble des intermédiaires financiers a donc reçu aujourd'hui un questionnaire diffusé par les députés LREM de la Commission des finances, dans lequel il sont interrogés sur les moyens qu'ils comptent mettre en oeuvre l'an prochain, pour mieux flécher les économies des citoyens vers les entreprises. "Quels sont à votre avis le ou les produits d'épargne existant(s) le(s) plus adapté(s) et à mettre en oeuvre pour flécher l'épargne des français vers le financement en fonds propres des entreprises", ou encore "quels sont les objectifs que vous vous fixez en tant qu'entreprise ou secteur dans cette démarche, à quel horizon et y avez-vous assorti des indicateurs de performance", peut on lire dans le formulaire envoyé. 

Les professionnels du secteur (banquiers, gérants, conseils en patrimoine ou assureurs) se réuniront ensuite le 22 janvier prochain à l'Assemblée Nationale, à l'invitation des députés, afin de faire le point sur le sujet et présenter devant les élus les mesures mises en place pour saisir les opportunités ouvertes par les changements fiscaux. Une forme de "suivi des réformes fiscales", selon la députée de l'Essonne, qui pilote le projet, afin de permettre aux élus de "passer le relais" à ceux dont le métier est de placer l'épargne des Français. L'élue souhaite ainsi que la fin de l'impôt sur la fortune et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital aient un impact positif pour le financement de l'économie, et que les capitaux dégagés par la réforme soient utilisés à bon escient. 

Le travail à accomplir est énorme et c'est toute la culture de l'épargnant qu'il faudra changer, pour que les Français acceptent de placer leurs économies vers des produits plus risqués. Car, selon une étude publiée par la Banque de France le mois dernier, si les bas de laine des Français sont pleins, ces réserves bénéficient encore très peu aux entreprises pour leur financement de long terme. Le taux d'épargne de l'Hexagone est ainsi parmi les plus élevés d'Europe, à hauteur de 14,5% et le patrimoine des Français a triplé en 20 ans, atteignant plus de 12.000 milliards d'euros fin 2016. Las, ce stock d'épargne est pour le moment majoritairement constitué d'actifs immobiliers (à 55%) et les actifs financiers ne représentent que 38% de la tirelire des ménages, contre 47% à la fin des années 1990. Sachant que ce patrimoine financier, qui atteignait 4.765 milliards d'euros fin 2016, est essentiellement constitué de contrats d'assurance-vie (à 40%) et de placements bancaires (à 30%). Moins de 12% des ménages détenaient directement des placements en actions en 2015, selon les données de Banque de France.

"Les Français ont encore une vision trop normée de l'épargne, où la seule chose qu'ils connaissent sont les produits réglementés", a ainsi affirmé Amélie de Montchalin sur l'Agefi TV. Selon l'élue, non seulement les intermédiaires financiers devront davantage proposer de produits d'épargne intégrant l'investissement en actions, mais ils devront également changer la façon de présenter les options de placements aux Français. "On s'arrête trop souvent à l'idée de produits, on ne parle pas de la répartition de l'épargne pour avoir du rendement à long terme. L'idée est d'avoir un nouveau discours autour de l'épargne", explique l'élue, pour que 5% à 10% au moins des économies des ménages aillent vers les PME.

De son côté, la Banque de France reconnaît que l'éducation des épargnants permettrait de réorienter une partie de l'épargne vers le financement de l'économie réelle, mais estime que là n'est pas la seule raison de la faiblesse de l'investissement en actions des particuliers. Selon l'institution, qui cite une étude de Le Bris, la rentabilité totale réelle du placement en actions reste très faible (1,08% par an en moyenne), contre 6,7% pour les actions américaines, alors que la volatilité des actions française est supérieure à celles  des américaines. "Un conseil financier de bonne qualité" est donc d'autant plus important pour orienter la composition des portefeuilles des Français vers les actions, affirme la Banque de France. A ce titre, l'audition du 22 janvier sera certainement riche en enseignements sur la façon dont les intermédiaires financiers envisagent de repenser leur façon de parler de l'investissement à nos concitoyens. 

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