WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie

Macro-économie / Taux
Macro-économie

Brexit : l'OCDE tire la sonnette d'alarme

L'organisation a estimé que le Brexit risquait d'étouffer la croissance du pays et a donc invité le gouvernement à négocier un accord qui maintienne des liens les plus étroits possible avec l'UE. Revenir sur le vote du 23 juin aurait un impact très favorable sur l'économie.
Londres - Angleterre
Londres - Angleterre

L'OCDE a dévoilé ce matin une étude sur la conjoncture britannique, le jour même où l'institut des statistiques du pays publiait les chiffres de l'inflation, qui ont atteint 3% pour le mois de septembre, soit un plus haut depuis cinq ans. Une hausse des prix qui dépasse de très loin l'objectif de 2% visé par la Bank of England, et devrait la conduire à resserrer les taux plus rapidement que prévu. Au-delà de 3%, le gouverneur de la BoE est également tenu de rédiger un courrier officiel auprès du chancelier de l'Echiquier pour justifier la situation.

L'organisation de coopération et de développement économique n'a de son côté pas manqué de souligner l'accélération de l'inflation en Grande-Bretagne, conséquence directe du Brexit et de l'effondrement de la livre, qui a selon elle pesé sur la croissance du pays en 2017, en rognant le revenu et l'épargne des ménages. "Les conséquences économiques de la sortie programmée du pays en mars 2019 ont pesé sur la croissance du pays, qui a atteint au premier semestre 2017 le plus faible taux annualisé de tous les pays du G7", avertit ainsi l'organisation en préambule. Qui prévoit une hausse du PIB anglais de 1% seulement l'an prochain, contre une moyenne de 2,1% pour les 34 pays membres de l'OCDE. "Le Royaume-Uni est entré dans une passe difficile, le Brexit créant de graves incertitudes économiques, qui pourraient étouffer la croissance pour les années à venir", a affirmé  Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE lors de la présentation à Londres ce matin, en compagnie du chancelier de l'Echiquier.

Principal défi pour les autorités du pays: mettre en place un Brexit qui soit "le moins coûteux possible pour l'économie britannique", en garantissant notamment un accord de libre échange avec l'UE. Car 45% des exportations de Grande-Bretagne sont à destination de l'UE, rappelle l'OCDE, qui souligne que le pays bénéficie pour l'instant, en tant qu'Etat membre, de frais de régulation réduits, les standards européens lui permettant de vendre à l'UE sans processus de vérification préalable. "Il sera absolument essentiel de conserver des liens économiques aussi étroits que possible avec l'Union européenne, tant pour les échanges de biens et de services que pour la circulation des travailleurs", a ainsi affirmé le secrétaire général de l'OCDE. Sans accord de libre échange en mars 2019, la Grande-Bretagne se verra appliquer les règles de l'OMC pour ses échanges avec l'UE, ce qui pourrait lui coûter 1,5% de croissance en 2020, avertit l'CDE.

Pour que la Grande-Bretagne puisse maximiser l'impact positif d'un tel arrangement avec l'UE, elle devra d'ici là mettre en place des mesures pour améliorer sa compétitivité et sa productivité, et ainsi booster ses exportations, estime l'OCDE. Car le pays ne cesse de perdre des parts de marché à l'export, rappelle l'organisation, et la baisse de la livre ne devrait paradoxalement pas tellement favoriser ses ventes à l'étranger, celles-ci étant très dépendantes des produits importés pour les fabriquer. Par ailleurs, le niveau de productivité du travail du pays est de 20 à 25% inférieur à celui des Etats-Unis, de la France ou de l'Allemagne. Sachant que le Brexit pourrait encore réduire la productivité des facteurs de production du pays de 3% sur dix ans, selon l'OCDE, en raison d'une moins grande ouverture du marché britannique, d'une diminution de la R&D et d'une main d'oeuvre moins qualifiée. L'immigration en provenance de l'UE a déjà commencé à baisser et les migrants européens au UK ont un degré de qualification plus élevé que dans le reste de l'UE. L'OCDE invite donc le gouvernement à sécuriser le plus vite possible un accord sur le maintien des droits des citoyens de l'UE résidant en Grande-Bretagne.

Si l'organisation appelle le pays à trouver un accord qui maintienne le plus de liens possibles avec l'UE, elle tente tout de même d'ouvrir une brèche : si le Royaume-Uni revenait sur sa décision de sortir de l'UE, "cela aurait un impact positif sur l'économie du pays". Un conseil glissé dans la présentation et qui ne passera sans doute pas inaperçu dans le camp des partisans du "Remain", même si une telle option est de moins en moins probable.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article