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Actualité des sociétés / Macro-économie

Chine : quels seront les secteurs les plus affectés en cas de ralentissement trop brutal ?

Un changement de régime de la croissance chinoise trop important bouleverserait les équilibres actuels dans le reste du monde. En termes micro, les semi-conducteurs, l’automobile ou encore les équipementiers seraient les plus touchés par un changement de régime de l’économie chinoise.
Valeo
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Valéo et Faurecia ont plongé de 5,7% et 6,4% hier contre 2,5% pour le reste du CAC, dans le sillage de l’effondrement de la Bourse de Shanghai. Preuve qu’aux yeux des investisseurs, ces deux équipementiers sont parmi les sociétés de l’Hexagone les plus exposées aux turbulences du marché chinois. Et c’est en effet l’un des secteurs qui devraient le plus souffrir en cas de ralentissement chinois, selon les analystes de Natixis, qui estiment, pourtant, que ce ne seront pas les seules sociétés affectées.

Pour les stratégistes de la banque française, tout confirme la diminution du rythme de croissance de la Chine, qui devrait se poursuivre dans les prochaines années : à court et moyen-terme, le ralentissement proviendra de la perte de compétitivité-coût de l’industrie, de l’épuisement de la relance de la construction comme méthode de soutien de l’activité et de la perte d’efficacité de la politique monétaire expansionniste. Tandis qu’à long terme, il proviendra du recul des gains de productivité, avec l’affaiblissement de l’investissement et le passage vers une économie davantage tournée vers les services, ainsi que du vieillissement démographique.

Ce ralentissement ne pénalisera en revanche pas beaucoup la consommation du pays qui reste très faible et représente à peine 8% de la consommation mondiale (contre 15% pour les Etats-Unis). Il affectera en revanche particulièrement les exportations et l’investissement des entreprises, et surtout ceux en machines et équipements de l’industrie. Si le gouvernement va a priori tout faire pour éviter un ralentissement trop brutal, avec notamment des investissements en infrastructures (projet de « New Silk Road ») et une politique monétaire plus expansionniste, les analystes de Natixis ont cherché à connaître quelles seraient les incidences sur les principales entreprises occidentales en cas de scénario adverse, c’est-à-dire dans le cadre d’une croissance annuelle de 4%.

En termes d’expositions sectorielles, les semi-conducteurs seraient ainsi les plus fortement affectés si ce scénario adverse se réalisait : les analystes citent à ce titre Infineon (société allemande née du spin-off de Siemens AG en 1999), qui réalise 40% de son activité en Chine. Le marché des semi-conducteurs a déjà sensiblement ralenti dans le pays depuis dix ans, passant de 15% à 6% mais devrait se poursuivre via les segments automobiles, celui des industriels et du sans fil. Natixis recommande plutôt d'acheter des sociétés comme ASML (qui possède une position de monopole sur les machines de lithographie) ou Dialog, qui devrait profiter de la croissance des i Phones.  

Les constructeurs automobiles seront également impactés par un ralentissement plus marqué de la croissance chinoise : si le marché automobile a fortement progressé entre 2000 et 2010 en Chine (+24%), l’année 2015 devrait être assez médiocre, de 2,5% environ. Un scénario adverse entraînerait des restrictions au crédit, qui freineraient le soutien apporté par le développement récent du financement automobile, remettant en cause du même coup la perspective d’une croissance de la demande et pourrait conduire à un recul inédit, de l’ordre de 1% par an. A part Renault très peu présent en Chine, tous les constructeurs européens seraient frappés ; BMW et Volkswagen seraient les plus affectés (à hauteur de -13% et -12% sur les bénéfices par action), sachant que la Chine représente 21% des volumes mondiaux de BMW et 36% des volumes de Volkswagen.

Les équipementiers automobiles seront donc les plus gênés par une hausse du PIB chinois de 4% seulement, tandis que les pneumaticiens résisteraient mieux, bénéficiant de la forte croissance du parc automobile passée. Natixis recommande donc de se positionner sur Michelin, au détriment de Valeo ou Plastic Omnium.

Enfin, les pétrolières pourraient être impactées par la détérioration de la conjoncture économique en Chine puisque celle-ci entraînerait un affaiblissement du baril autour de 50 à 60 dollars, tandis que les sociétés de gaz naturel liquéfié seraient également impactées puisque la Chine représente aujourd’hui un peu plus de 8% de la demande mondiale. Mais dans les deux cas cet impact sera limité, parce que les grandes compagnies internationales (Shell Total BP...) sont déjà confrontées à un environnement prix défavorable et ont donc déjà entamé des politiques d’amélioration de la productivité et que le développement de l’usage du gaz en Chine répond à des besoins de diversification énergétiques.

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