WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Fusions, Acquisitions / Private equity / M&A

Fusions, Acquisitions
Private equity / M&A

Quick : un repreneur surprise, le propriétaire de Burger King

La chaîne de restauration rapide, détenue par Qualium Investissement, a finalement été vendue au Groupe Bertrand au détriment des fonds américains. Une consolidation indispensable pour pouvoir rebondir en France.
Burger King
Burger King

C’est un véritable retournement de situation qui vient de se dérouler dans la vente de Quick. Alors que deux fonds américains étaient donnés comme finalistes et que le premier semblait gagnant au vu des dernières rumeurs, c’est un industriel et même un de ses deux grands concurrents, Burger King, qui a finalement emporté le morceau. Sur les conseils de Goldman Sachs et Rothschild, Qualium Investissement, ex- CDC Capital Investissement, est ainsi entré en négociations exclusives avec le Groupe Bertrand , propriétaire de Burger King mais aussi des brasseries Lipp, des salons de thé Angelina etc, pour lui céder ses 94% des restaurants Quick, le reste appartenant au management. Au détriment de deux candidats américains : TDR Capital, déjà actionnaire de Pizza Express en Grande-Bretagne, et Oaktree, que l'on a vu en France chez Vivarte, Partouche et Belvédère. Le prix de cession n’est pas encore connu mais il se pourrait qu’il soit inférieur aux 800 millions d’euros anticipés, en raison des difficultés financières de l’entreprise.

Car la participation a été dès le départ un boulet aux pieds de son actionnaire public. Dès 2009, un ancien actionnaire d’Albert Frère a tenté de démontrer que le milliardaire belge avait survalorisé la participation, vendue 800 millions d’euros trois ans plus tôt, dans le but de monter au capital de Suez et d’orchestrer le rapprochement avec GDF. Si la plainte a finalement été déboutée, elle a pesé sur l’image du groupe, sans compter un décès dans un restaurant à Avignon en 2011. Devant la concurrence exacerbée de Mc Donald’s et Burger King qui est revenu en France fin 2012, le groupe a perdu des parts de marché et ne revendique plus que 18% du marché hexagonal.

Quick pâtit par ailleurs de son montage financier, bouclé au pic de marché juste avant la crise. Echaudé par les déboires judiciaires, Qualium Investissement avait étudié une cession du groupe dès 2010 mais avait dû renoncer car il n’avait pas obtenu le prix de 900 millions d’euros attendu. Après l’appel du pied de Jean-Pierre Jouyet, qui affirme à l’été 2013 que « nous n’avons pas vocation à rester » dans Quick, la société ouvre une nouvelle brèche en avril 2014 en lançant une émission obligataire de 595 millions d’euros à échéance 2019. Et prévoit que la nouvelle structure bilancielle pourra être transférée au prochain propriétaire du groupe dans les deux ans. Mission accomplie donc.

Au plan opérationnel, Quick mène une contre-offensive avec l’ouverture de 15 restaurants cette année et 20 l’année prochaine. De quoi faire progresser le chiffre d’affaires, qui a passé le milliard d’euros l’an passé pour 60 millions d’euros d’Ebitda. Mais la consolidation semble inévitable dans un secteur de plus en plus concurrentiel. Burger King forme une joint-venture avec groupe Bertrand fin 2013 avec pour but d’ouvrir entre 350 et 400 magasins à moyen terme, soit 20% du marché français du hamburger. La chaîne américaine ne détenait encore que 21 restaurants à fin 2014 pour 100 millions d’euros de revenus, avec pour but d’en ouvrir 50 cette année, mais il trouve ici une occasion inespérée de passer à la vitesse supérieure en intégrant les 509 restaurants de Quick sous une même enseigne, le deuxième acteur du pays derrière McDonald’s, à un prix abordable. Pour son propriétaire, le rendement ne sera pas mirobolant mais l’opération lui permettra de se sortir avec les honneurs d’un dossier explosif qu’il traîne depuis près de dix ans.


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article