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Idinvest Partners rend le private equity liquide et accessible
Le private equity a jusqu'à présent la réputation d'être certes une classe d'actifs rentable, mais principalement ouverte à de grands institutionnels type assureurs, family offices ou fonds souverains qui peuvent signer de gros chèques d'entrée, et totalement illiquides pendant 5 à 10 ans. Ce sont ces deux limites qu'Idinvest Partners souhaite adresser avec le lancement d'un nouveau fonds ouvert à l'assurance-vie et au compte titres, et qui sera "semi-liquide". Le fonds de private equity, qui est entré dans le giron d'Eurazeo en février dernier, avait déjà monté un fonds de secondaire en 2016, Idinvest Strategic Opportunities, et qui avait suscité l'intérêt des assureurs (60 millions d'euros levés en unités de compte auprès de quatre assureurs). Après avoir dû manoeuvrer pour combiner les intérêts de ces clients avec ceux de ses investisseurs traditionnels, Idinvest Partners a donc franchi le pas en leur construisant un fonds dédié, plus ouvert et liquide.
Ce véhicule, intitulé Idinvest Private Value Europe 3, est un FCPR qui dispose d'un avantage fiscal sur les plus-values après 5 ans de détention et sera distribué par des assureurs - dont les noms ne sont pas encore connus - soit via une assurance-vie soit via des comptes titres. Surtout, ce fonds aura deux cibles particulières : il investira à 60% dans la dette privée, soit la dette unitranche ou mezzanine levée par des PME européennes, et à 40% en private equity, soit dans le secondaire, en co-investissements ou des engagements primaires. Dans ces deux cas de figure, l'objectif est de financer des PME européennes, dont la valorisation est comprise entre 20 et 500 millions d'euros et qui souhaitent avoir les moyens de leurs stratégies de build-up, afin d'atteindre une place de leader de marché en Europe.
Autre innovation : le fonds a une durée de vie illimitée (99 ans), ouvert à l'entrée à tout moment, et sera semi-liquide, si bien que les investisseurs auront la possibilité de racheter leurs parts tous les trimestres à partir de la cinquième année de la vie du fonds, et dans la limite de 5% de la valeur liquidative du fonds à cette date. Sans compter les cas de force majeure (décès, invalidité, licenciement), qui ouvrent droit à un rachat immédiat comme toute assurance-vie. Il se détache ainsi d'une autre offre lancée par Ardian et CNP assurances en 2016, qui offrait cette liquidité mais était fermée dès le départ.
Idinvest Partners ambitionne de lever 300 à 400 millions d'euros pour ce fonds, une belle enveloppe qui viendra renforcer ses 8 milliards d'euros d'actifs sous gestion, répartis entre capital-risque et croissance (2,4 milliards d'euros), les mandats et fonds dédiés (2,5 milliards d'euros) et la dette privée (3 milliards d'euros). Surtout, la maison emmenée par Christophe Bavière et Benoist Grossmann peut désormais s'appuyer sur une plate-forme mondiale grâce Eurazeo, qui gère au total 15 milliards d'euros et finance des sociétés à tous les stades de leur développement. Mais bénéficie aussi d'une présence mondiale en Chine, au Brésil mais aussi aux Etats-Unis, où les opportunités pourraient être immenses pour bâtir des leaders mondiaux depuis l'Europe.
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