Private Equity / Private equity
Private Equity
Private equity
La correction des actions cotées, coup de pub pour le private equity
Le profit warning de l'allemand SAP, suivi par les résultats décevants d'BM à l'ouverture de Wall Street, auront réussi à faire à nouveau chuter les Bourses mondiales, après une légère reprise de confiance vendredi. Les investisseurs craignent un essoufflement de la croissance mondiale, comme en témoignent les contre-temps subis par les valeurs cycliques et le sous-investissement des entreprises.
Dans cet environnement peu amène, les institutionnels ne doivent pas oublier la clé d'une gestion réussie: la diversification. Et à cet égard, le rapport annuel sur le rendement à long terme du private equity, publié en milieu de semaine dernière par le Private Equity Growth Capital Council, donne du grain à moudre aux supporters du non coté. Ainsi, le private equity a représenté la classe d'actifs la plus rémunératrice sur la dernière décennie. Son rendement médian est de 12,3%, contre 7,9% pour les marchés boursiers, 7,4% pour l'immobilier et 5,6% pour le fixed income. Au final, un dollar investi dans le non coté a ainsi rapporté 3,2 dollars sur dix ans, contre 2,1 dollars sur les marchés.
Ces données, qui viennent conforter une idée de plus en plus établie selon laquelle le private equity surperforme l'equity coté sur le long terme, sont d'autant plus importantes au moment où la volatilité refait surface sur les Bourses mondiales. Certes, la baisse des marchés cotés impacte aussi les valorisations des participations des fonds, basées en partie sur des multiples de leurs comparables boursiers. Par ailleurs, les sorties en Bourse sont une voie de monétisation des actifs du private equity, mais le retour de l'aversion au risque oblige à remettre à plus tard les projets d'IPO, comme a dû s'y résoudre Virgin Money, la filiale du groupe de Richard Branson, vendredi.
Mais pour les grands mastodontes institutionnels, la capacité à générer du rendement sur le long terme est encore plus clé dans cet environnement, et le private equity a toutes les chances d'en bénéficier. De plus en plus de fonds de pension décident de repenser leurs relations avec les hedge funds, accusés d'être trop complexes et coûteux, à l'instar du fonds de pension des fonctionnaires de Californie qui a décidé de couper cette ligne représentant 15% de son allocation. D'autres acteurs sont aujourd'hui en train de lui emboîter le pas.
Dans cette grande rotation des actifs, le régulateur joue également un rôle important. Dans sa dernière position sur Solvency 2 ce mois-ci, la Commission Européenne a jugé que les assureurs devraient allouer 39% de leur capital au private equity, pour faire face à un éventuel choc des marchés. La classe d'actifs est ainsi traitée de la même manière que les fonds d'infrastructure ou les actifs cotés dans les marchés de l'OCDE. Pour les hedge funds, le coté hors OCDE et les autres actifs alternatifs, le collatéral doit représenter 49% des capitaux investis. Une décision essentielle pour le private equity, dont les assureurs apportent 11% des actifs sous gestion, soit 5,7 milliards d'euros pour la seule année passée, selon l'EVCA (European Private Equity and Venture and Capital Association). Pour la communauté des hedge funds, ce traitement est davantage politique et ne reflète pas l'illiquidité du non coté, et de mettre en avant que les assureurs pourront utiliser leurs propres modèles.
Quoi qu'il en soit, dans une configuration de marchés instables et volatils, les institutionnels n'ayant pas de contrainte de liquidité auront tout intérêt à favoriser la classe d'actifs la plus rentable sur le long terme, surtout si elle est bien traitée au plan réglementaire. Reste à savoir si les fonds, déjà assis sur plus de 1000 milliards de dollars de "dry powder", sauront continuer à en faire bon usage.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

