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Actualité des sociétés
Que va devenir Vivendi?
On est dorénavant un peu plus fixés sur les sommes que va récupérer Vivendi de la vente de SFR, sans
pour autant connaître les chiffres précis compte tenu d’une série d’incertitudes
non encore levées: 13,5 milliards d’euros de cash, un montant non défini de la
possible cession de ses 20% dans le nouvel ensemble Numericable/SFR et un éventuel
complément de 750 millions d’euros. Si l’on y ajoute le montant de la cession
dans Maroc Télécom, dont le closing est attendu fin mai et celui de la moitié
de la participation dans Activision (le solde doit être versé en février 2015),
cela fait quand même pas moins de 10 milliards d’euros que le groupe de
Jean-René Fourtou est susceptible de reverser à ses actionnaires. Sachant que
cette somme est retraitée de l’essentiel de la dette de l’entreprise qui se
montait à 11,2 milliards d’euros à fin 2013.
10 milliards d’euros représentent 7,40 euros par
action, comme l’ont calculé les analystes d’Exane BNP Paribas. Total qui ne
prend pas en compte la cession des actions de la « newco » -il n’est
pas certain aujourd’hui que Vivendi se précipite pour vendre cette participation
finalement jugée stratégique-, ni le complément de 750 millions d’euros
envisagé par Patrick Drahi et reposant sur la réalisation d’un certain montant
de résultat de la nouvelle entité, ni le solde de la vente des actions
Activision. Soit un total d’environ 3,7 milliards d’euros supplémentaires.
De quoi effectivement récompenser les actionnaires fidèles. Mais pas seulement, peut-on espérer. Le Vivendi nouvelle formule, bientôt dirigé par Vincent Bolloré, a très certainement plusieurs projets dans sa besace. Ceux-ci vont tourner autour de la musique, de la télévision et des contenus. De nombreux noms circulent déjà, mais une chose est sûre : le temps que le dossier SFR se décante concrètement, il va se passer de nombreux mois.
Certains se plaisent pourtant déjà à échafauder de nouveaux mécanos, à l’heure
où les opérations de fusions-acquisitions reprennent de plus belle : celui
d’un rapprochement entre Vivendi et Havas sous la houlette de Vincent Bolloré,
actionnaire à hauteur de 36% du groupe de communication, est tout
particulièrement évoqué ces derniers jours. Dès que la société de contenus et
de médias aura récupéré tout ce cash, elle devra toutefois faire vite car vu la
configuration très éclatée de son capital, elle fera figure d’une cible
particulièrement alléchante pour tout raider susceptible de mettre rapidement sur
la table plusieurs milliards d’euros. « C’est d’ailleurs ce qu’aurait dû
faire Bouygues pour emporter SFR. Il lançait une OPA sur Vivendi et recédait
dans la foulée la partie médias, réduisant ainsi son exposition finale tout en
emportant le morceau au nez et à la barbe de Numericable », lance un
proche du dossier. On ne refait pas l’histoire.
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