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Investir en Chine, un parcours du combattant ?
Investir en Chine relève-t-il du parcours du combattant ? « On parle beaucoup des échecs et finalement assez peu des succès. A tort, car le champ des possibles là-bas est véritablement infini », lançait ce matin David Baverez investisseur privé et administrateur de sociétés basées à Hong Kong, d’où il conseille aussi diverses start-up. Invité par l’Association du cercle des administrateurs, David Baverez est un ancien gérant de portefeuille à Londres et Boston où il a travaillé durant 10 ans pour Fidelity. Il vit depuis six ans à Hong Kong et possède ainsi un regard averti sur ce qui se passe dans l’Empire du Milieu. D’où ses remarques plutôt acerbes sur certaines initiatives contre-productives comme celle concoctée par Peugeot et l’Etat Français qui en faisant entrer Dongfeng à hauteur de 15% au capital du constructeur pensaient s’ouvrir ainsi le marché chinois. En réalité, le seul à avoir fait une bonne affaire est Dongfeng puisque depuis sa prise de participation l’action Peugeot s’est envolée tandis que le groupe français a vu ses ventes de voitures en Chine s’effondrer de 30%.
« Avant d’aller s’installer là-bas, il faut se demander pourquoi on veut y aller et ce que l’on peut y apporter que les Chinois n’ont pas. Ce qu’ont fait avec succès bien d’autres entreprises françaises comme SEB, Gucci, JC Decaux ou Sanofi », ajoute David Baverez ajoutant que l’administrateur d’une société française basée en Chine doit également revoir ses schémas habituels. « Il doit tout à la fois bien comprendre l’environnement de la société, inventer une réciprocité avec le partenaire (obligatoire pour pénétrer le marché) et instaurer une surveillance des activités ». Avec cette particularité : en Chine, contrairement au reste de l’Occident, ce sont les jeunes qui ont l’argent et il faut donc travailler à leur rythme. D’où la nécessité d’être très réactif sur la création de nouveaux produits ou services. Ce qui suppose, en corollaire, de détecter très vite si ces nouveautés seront rentables ou non. Auquel cas, les entrepreneurs locaux n’hésitent pas à passer à autre choses tout aussi rapidement.
Et de regretter que l’on n’ait pas bâti en Europe un géant de la tech à l’image de ce qu’ont fait les Etats-Unis avec les GAFA ou les asiatiques avec les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). « Il est ainsi très triste que notre Président Macron, mais aussi Angela Merkel et autres responsables européens aillent visiter séparément le Président chinois. Ce qu’il faudrait c’est qu’ils s’unissent, du moins au minimum la France, l’Allemagne et la Suède pour montrer notre union », estime l’investisseur pour qui il est impératif de créer « une rupture historique avec un leader historique » pour rendre l’Europe plus forte et pouvoir imaginer lui tenir tête au même titre que les Etats-Unis. Et ce, au moment où la Chine est en train de construire un Etat de droit autour de Hong Kong destiné à devenir l’équivalent de la Silicon Valley.
Pour lui, les acquisitions chinoises en France ne sont d’ailleurs pas à redouter puisqu’à ce jour, elles ne représentent que 2% des investissements étrangers sur notre sol. « Ce qui est très peu. Il ne faut donc pas avoir peur de leur présence chez nous. Il faut juste faire attention à bien établir un juste équilibre entre les parties », ajoute David Baverez.
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