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Les "marchés frontières", nouveau dada des investisseurs
Si les
investisseurs ont largement retiré leurs billes des marchés émergents cet été
suite aux annonces de Ben Bernanke sur la fin du tapering, ils sont déjà à la
recherche des prochains Etats à forte croissance, où replacer leurs billes. Ils
pourraient avoir trouvé leur bonheur dans les « marchés frontières »,
ces Etats émergents ayant une place financière bien établie mais dont la
capitalisation boursière et la liquidité restent encore faibles. A la
différence des pays émergents vers lesquels les fonds s’étaient rués au milieu
des années 2000, ces Etats possèdent des fondamentaux économiques plus sains (peu
d’endettement public et forte consommation intérieure) et offrent donc des perspectives
de croissance sur les places boursières plus importantes, avec des valorisations
plus intéressantes. Le Vietnam, le Qatar ou encore le Kenya font partie des
nouvelles coqueluches des investisseurs.
Ainsi, le
fonds BlackRock Inc spécialisé dans ces marchés frontières a vu ses actifs sous
gestion augmenter de plus de 9 fois, à hauteur de 581 millions de dollars sur un an, après
avoir connu des rentrées de l’ordre de 458 millions de dollars et connu un
rendement de 22% sur l’année 2013. Par contraste, les retraits du fonds
BlackRock investi dans le pays émergents ont atteint 26 milliards sur la même
période. Le « fonds frontière » du gérant américain est
principalement investi au Moyen Orient, le Qatar et le Koweït représentant ses
plus fortes participations mais est également présent sur le marché kényan, nigérian,
et vietnamien. HSBC, qui gère près de
560 millions de dollars sur ces marchés est également surpondéré au
Moyen-Orient et investi au Vietnam et au Pakistan.
Quelles sont
les opportunités de ces marchés ? Leurs fortes perspectives de croissance
tout d’abord, censées booster leurs places financières : le PIB du Vietnam
devrait augmenter de 5,6% cette année et 5,8% en 2015 d’après les prévisions du
FMI, après une hausse de 5,3% en 2013. Ceux du Qatar et du Kenya ont progressé de
5,1% et 5,9% l’an dernier et poursuivront sur le même rythme en 2014 selon les estimations des économistes. Ces niveaux de croissance relativement élevés ont donc boosté les indices : celui de la bourse
d’Ho Chi Minh a progressé de 17% sur 2013, tandis que celle du Qatar est en hausse de 33% depuis mars
2013. Du coup, l’indice MSCI Frontières a augmenté de 3,8% en février contre une chute de
3,6% pour l’indice des pays émergents.
Autre
avantage selon les gérants de fonds frontières, ces Etats sont beaucoup moins
dépendants de leurs exportations que les principaux émergents, et sont donc
moins sensibles aux fluctuations des places boursières développées. L’indice MSCI
Frontières a un coefficient de corrélation à cinq ans de 0,63 par rapport à l’indice
pays développés, contre 0,76 pour l’indice pays émergents, selon les calculs de
Bloomberg. Selon les analystes, ce type de marché permet de se couvrir
contre les mouvements à la baisse des autres places boursières émergentes et
développées.
Il convient
de rester prudent cependant vis-à-vis de ces marchés, encore naissants et donc
très peu liquides. Car ces Etats frontières représentent 21,6% de la population mondiale, 6% du PIB
mondial mais seulement 3,1% de la capitalisation boursière internationale rappelle le CFA Institute Research Foundation. Du coup, en cas de chute de ces marchés,
il sera plus difficile aux investisseurs de revendre leurs participations. Mais
les fonds investis dans ces pays ont plutôt l’air confiants dans la croissance
de ces places boursières. Tout est une question de répartition des risques disent-ils.
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