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Qualium Investissement pourrait enfin vendre Quick
Qualium Investissement se met à la diète. L’ex-CDC Capital investissement, qui avait repris la chaîne fast-food Quick à Albert Frère et l’avait retiré de la cote belge en 2006, serait en discussions pour la vendre à des candidats américains, selon le journal belge l’Echo. Quatre ou cinq groupes US seraient sur les rangs et seraient en train d’étudier les livres de comptes. Le journal indique également que Goldman Sachs, épaulé par Rothschild, mène les enchères, pour un prix de vente d’environ 800 millions d’euros. Cela représente huit fois l’Ebitda, mais reste à peine supérieur à la valorisation de 730 millions d’euros retenue neuf ans plus tôt.
Le dossier Quick a provoqué beaucoup de remous dans la sphère politico-financière. Dès l’été 2009, Jean-Marie Kuhn, ancien actionnaire d’Albert Frère, porte plainte en Belgique pour dénoncer les conditions de cession du groupe trois ans plus tôt. Il considère que la holding du milliardaire belge a utilisé des manœuvres fiscales pour nettement survaloriser les actifs de Quick et gonfler le prix de vente de l’actif, qui était estimé par son P-dg à 300 millions d’euros deux ans plus tôt. Cette fraude, dans laquelle l'ex-président Nicolas Sarkozy aurait été personnellement impliqué, aurait permis à Albert Frère d’utiliser ce cash pour monter au capital de Suez et favoriser la fusion avec GDF. Mais la plainte n'a finalement jamais eu de suite en France et a été déboutée en première instance puis en appel, l'an passé.
Outre cette déconvenue, la participation s’avère être rapidement un boulet au pied de la filiale de la Caisse des Dépôts, rebaptisée Qualium Investissement en 2010. La même année, l’actionnaire mandate déjà Rothschild pour étudier une cession, une IPO ou un refinancement de la dette. Mais dans un marché difficile, une sortie au prix attendu de 900 millions d’euros est rapidement exclue et il décide faire le dos rond en attendant des jours meilleurs. Peine perdue: en pleine crise économique, la mort d’un adolescent après un repas à Avignon provoque une chute de 6% des revenus en 2011. A l’été 2013, Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la CDC, ouvre une nouvelle porte en déclarant devant l’Assemblée que « nous n’avons pas vocation à rester » chez Quick.
Pour ce faire, l’entreprise trop endettée doit se refinancer. Elle tire donc parti du marché obligataire pour lancer la plus grosse émission obligataire à taux variable, et lève 595 millions d’euros à échéance 2019. De quoi finaliser son plan de rénovation des restaurants et le programme d’ouverture de 15 restaurants en France en 2015, et vingt en 2016, et surtout inclure l’option de changement de propriétaire dans les deux ans. L’activité opérationnelle rebondit également, et Quick passe la barre du milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an passé, pour 60 millions d’euros de résultat d’exploitation. La troisième chaîne de fast-food en Europe, qui emploie 19 000 personnes, a ouvert des restaurants en Tunisie et en Turquie, et doit bientôt se positionner au Maroc afin de contrer la concurrence de Burger King dans ses marchés traditionnels. Qualium Investissement, qui détient encore 94% de sa participation, aura en tout cas à cœur de montrer le redressement et les projets à l’international aux repreneurs potentiels. Afin de sortir, bon an mal an, correctement de ce boulet, acquis trop cher avant la crise comme tant d’autres actifs du private equity.
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