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Suez Environnement a su serrer la vis dans le marasme de 2013
Dans
un contexte aussi dégradé qu’a été le marché européen de l’eau et des déchets
en 2013, Suez Environnement peut se targuer d’avoir dégagé des résultats
solides, et surtout une rentabilité en hausse, sur des segments où les volumes
se sont effondrés. Ainsi, alors que le chiffre d’affaires 2013 est en repli de
0,7% à 14,64 milliards d’euros en 2013, le groupe emmené par Jean-Louis
Chaussade réussit le tour de force de faire grimper son résultat brut d’exploitation
de 5%, à 2,52 milliards d’euros. Mieux, alors que l’environnement de marché
européen était particulièrement sombre avec des volumes en baisse de 3,2% pour l’eau
comme pour les déchets, il fait grimper son Ebitda de 1,7% dans l’eau, alors
que les déchets sont toujours un gros point noir (-4,5%). Mais ne nous leurrons
pas, l’essentiel du levier de croissance vient de l’international (+31,4%), qui
ne représente encore que 30% des revenus de Suez Environnement mais constituera une manne d’opportunités à l’avenir, notamment en Asie (surtout en Chine) et en
Afrique. Tout cela lui a permis de dégager un bénéfice net de 352 millions d’euros,
en hausse de 40%, excusez du peu.
Malgré
cela, le groupe ne compte pas délaisser ses terres traditionnelles, loin s’en
faut. « Nous souhaitons nous développer sur nos métiers cœur, là où sont
nos points forts, et cela peut se faire en Europe », plaide Jean-Louis
Chaussade. Le groupe a certes identifié quatre axes de croissance, notamment
dans les métiers innovants : le « smart water », toutes les
formes de comptage intelligent pour optimiser la gestion des réseaux d’eau,
mais aussi la valorisation énergétique et des matières, comme ce contrat sur le
recyclage de déchets ménagers initié récemment en Grande-Bretagne. Troisième
voie de développement : l’international bien sûr. Le groupe vient entre
autres de remporter un contrat important sur le traitement des déchets à
Bombay, pousse également les feux au Maroc où il réalise désormais 60 millions
de chiffre d’affaires annuel, contre 0 il y a à peine cinq ans. L’Asie et l’Afrique,
où la problématique de gestion des déchets est en train d’exploser, sont des
zones prioritaires pour aller chercher la croissance de demain. Enfin, le
groupe se positionne sur la problématique de l’eau industrielle, l’utilisation
de cette ressource pour l’exploration-production ou encore la pétro-chimie.
En
attendant ces nouveaux relais de croissance, Suez Environnement a fait le dos
rond dans un marché européen en berne, dont la baisse des volumes a atteint son
point bas en 2013. « L’année 2013 était celle de la consolidation »,
analyse Jean-Louis Chaussade, et le groupe en a profité pour dégager un free
cash flow d’1 milliard d’euros et réduire sa dette nette de 200 millions d’euros
à 7,24 milliards d’euros, soit un ratio de dette nette/RBE de 2,9 fois.
De
quoi lui donner les moyens de ses ambitions pour 2014, année qui devrait être moins
mauvaise en Europe. La baisse des volumes devrait revenir autour de -1 à -1,2% cette
année, sous réserve qu’une meilleure production industrielle relance -enfin- ce
marché. Pour toutes ces raisons, Suez Environnement reste prudent dans ses
prévisions et envisage une hausse supérieure à 2% de son résultat brut d’exploitation
cette année, contre 5% cette année. Mais ce qui compte est de délivrer les
objectifs émis et, à cet égard, la mission est accomplie pour Suez Environnement, dont
le titre a bondi de 7% à 14 euros ce matin.
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