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Chômage : l'Allemagne surclasse la France

L’écart entre la France et Allemagne ne cesse de croître sur l’emploi. Les allemands ont un taux de chômage de 6,4% en contraste avec les 26 000 nouveaux demandeurs d’emploi sur l’Hexagone. Les divergences sont loin d’être résolues.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Ces chiffres vont faire pâlir d’envie le gouvernement français. Le taux de chômage en Allemagne s'est maintenu à 6,4% en mai, son niveau le plus bas depuis la réunification du pays en 1990. Le nombre de personnes sans emploi a reculé de 6.000 à 2,79 millions contre un record enregistré dans le sens inverse pour la France avec 3,53 millions de chômeurs hier soir. La mise en place des contrats aidés et les allègements de charges pour amener les entreprises à embaucher n’apportent pour le moment aucun signe positif au sein de l’Hexagone.

Cette divergence entre les deux premières économies de la zone euro provient toujours des mêmes raisons, selon les analystes. Tout d’abord un écart important du taux emploi des jeunes : fin 2014, en France, le chômage des moins de 25 ans a atteint 24,1% contre 7,7% en Allemagne. La formation des jeunes à l’emploi est privilégiée en Allemagne, comme l’a souligné Jean Pisany-Ferry dans sa comparaison des deux pays fin 2014 : parmi tous les étudiants du deuxième cycle de l’enseignement secondaire en Allemagne, 48,3 % étaient engagés dans des formations professionnelles, dont 42 % dans le système d’apprentissage dit « dual ». En France, seulement 12 % des étudiants à ce niveau d’étude étaient formés dans le cadre de l’apprentissage.

Le marché du travail allemand est aussi plus flexible comparé au marché français et le coût du travail y est moindre : 44 nouvelles taxes ont été créées entre 2010 et 2014 en France, contre 2 en Allemagne. L’OCDE a également fait le même constat en soulignant que le code du travail complexe, des procédures judiciaires trop longues et de nombreuses réglementations contraignent la flexibilité dans les secteurs privé et public. En dépit de mesures récentes du gouvernement français, telles que le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et le Pacte de responsabilité et de solidarité, le coin fiscalo-social est toujours parmi les plus élevés des pays de l’OCDE.

Johannes Gareis, économiste chez Natixis, relève également de son côté la solidité du marché du travail allemand : « Le marché du travail en Allemagne est solide comme un roc. Les indicateurs récents pointent en direction d'un boom prolongé du marché du travail allemand en 2015, soutenu par une hausse solide de la production ». Les entreprises françaises étant toujours en retard par rapport à leurs concurrentes allemandes en termes de compétitivité, le coût de la main d’œuvre pour les premières s’élève à 34,6 euros contre 31,4 pour leurs concurrentes, selon les données d’Eurostat.

Une explication importante vient également du salaire minimum. Outre-Rhin, il s’élève à 8,50 euros depuis son application début janvier contre 9,61 euros en France. Mais les inégalités ne cessent de croître en Allemagne, ainsi que la pauvreté des chômeurs allemands : 35% des chômeurs français sont sous le seuil de pauvreté contre 60% en Allemagne selon les données de l’institut Destadis, un point positif pour les français.

Selon Oxford Economics, une des causes de cette différence de taux d’emploi entre les deux premières économies européennes tient aussi au fait que les ETM (Entreprises de Taille Moyenne) créent beaucoup plus d’emplois que les ETM françaises. En Allemagne, 11 920 ETM emploient 4,7 millions de salariés contre 9 290 ETM françaises et leurs 2,7 millions de salariés en France. Une différence de 2 millions d’emplois! Les perspectives de croissance pour 2015 sont également différentes et jouent sur le moral des entreprises et des consommateurs : 1,8% pour les allemands contre 1% pour les français sont portés par la baisse de l’euro et des prix du pétrole et, selon les économistes, une croissance moyenne annuelle de 1,5% minimum est nécessaire pour que le chômage reflue. Le chemin semble encore long à l'ouest du Rhin.

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