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Les entreprises françaises se réendettent
Mis à part les chiffres du chômage, la France connaît en ce moment une assez belle éclaircie, avec une amélioration des principaux indicateurs de confiance (PMI, enquête INSEE...), qui sont tous orientés à la hausse, et une situation budgétaire qui se rééquilibre progressivement. Ce contexte plutôt favorable bénéficie aux entreprises qui ont repris le chemin du crédit : selon une note publiée par Natixis en effet, l'endettement des entreprises de l'Hexagone a progressé de 5% depuis un an, contre une hausse beaucoup plus lente outre Rhin, de moins de 2% et toujours négative en Espagne et en Italie.
Si les sociétés françaises bénéficient comme les autres pays de taux d'intérêt au plus bas, elles jouissent aussi de la situation de bilan très saine des banques de l'Hexagone qui, à la différence de celles de l'Italie par exemple, ne possèdent pas de créances douteuses. Côté offre pourtant, les chiffres du crédit en zone euro révélés hier par la BCE soulignent que celui-ci est en train de repartir, avec une hausse de 1,6% en février, après 1,4% en janvier. Un rythme qui n'avait plus été enregistré depuis le mois d'octobre 2011, tiré à la fois par les crédits hypothécaires et à la consommation. Avec la mise en place des mesures de nouvelles opérations de prêts ciblés, la progression pourrait même atteindre 2%.
Mais cette progression plus sensible du niveau de crédit des entreprises françaises prouve non seulement la bonne santé des banques du pays mais également qu'elles en ont l'utilité : quelle est leur particularité par rapport aux autres sociétés de la zone euro qui permettrait d'expliquer cette croissance de leur endettement plus rapide sur un an ? A priori ce n'est pas le manque d'autofinancement ou de profits puisque ces deux indicateurs ont progressé au moment où le crédit augmentait. En revanche, on constate une reprise de l'investissement des entreprises en France depuis la fin 2015, ce que corroborent les enquêtes de confiance les plus récentes. Ainsi, les industriels interrogés par l'INSEE en janvier dernier prévoyaient une hausse de leurs dépenses en investissements de 7% sur l'année 2016, soit une révision de 4 points de plus par rapport à leurs anticipations d'octobre 2015 pour 2016. Autre élément qui explique la progression de l'endettement des sociétés françaises, une forte accumulation de stocks, contrairement à l'Allemagne où ils s'effondrent, ou l'Espagne et l'Italie où il sont également en recul. L'absence d'accélération des salaires et le recul du poids des dividendes soulignent en tous cas que la hausse du crédit des entreprises ne sert pas à financer ces deux postes là. La progression des réserves de cash des sociétés de l'Hexagone permet en revanche d'expliquer une partie de la hausse de l'endettement des entreprises.
"La reprise du crédit aux entreprises françaises doit donc essentiellement être attribuée à la reprise de l'investissement, ce qui est une bonne nouvelle, et à l'accumulation de stocks et de réserves en cash, ce qui n'est pas une bonne nouvelle", conclut la note de Natixis. Une situation qui n'inquiète pas tellement les experts de la Commission européenne, qui dans le rapport de février sur l'économie française, ont souligné que l'évolution récente de la rentabilité des sociétés de l'Hexagone devrait renforcer leur capacité à assurer le service de leur dette. "Le redressement de la rentabilité des sociétés non financières en 2015, conséquence des mesures dont elles bénéficient, telles que le CICE ou le pacte de compétitivité, laisse entrevoir une diminution des fragilités potentielles si cette évolution se poursuivait", avait alors écrit Bruxelles.
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