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T-Mobile : un partenariat avec un géant tech, le "best-case scenario" pour Iliad

Iliad pourrait faire une surenchère sur le quatrième opérateur américain et crédibiliser son offre en cas d'alliance avec Google ou Microsoft. Le moteur de recherche souhaite un accès direct au réseau, dans la même logique que Vivendi.
Xavier Niel - Iliad - Free
Xavier Niel - Iliad - Free

L’information a été sortie par le New York Post et manquait clairement de précision mais, si elle s’avérait vraie, elle signifierait qu’Iliad avance dans son projet de racheter T-Mobile US. Le média américain avance ainsi que le groupe de Xavier Niel serait en contact avec les deux mastodontes de la technologie, Google et Microsoft, pour nouer un partenariat et faire une meilleure offre sur le quatrième opérateur télécoms américain. Pour rappel, le français avait proposé fin juillet un prix de 33 dollars par action, soit 15 milliards de dollars pour 57% du capital de la cible, que son propriétaire Deutsche Telekom avait rejeté comme insuffisante. Mais depuis, l’autre candidat Sprint a officiellement renoncé à ce rachat, les autorités américaines antitrust étant hostiles à la réduction du nombre d’acteurs.

Fidèle à sa réputation de pugnacité, le trublion des télécoms n’a donc pas renoncé, loin de là, et cherche des partenaires pour améliorer son offre. Le nom de l’opérateur de satellites américain, Dish Network, dont la capitalisation boursière de 29,6 milliards de dollars est tout de même plus de deux fois supérieure à celle d’Iliad, a été évoqué, tout comme ceux des câblo-opérateurs américains Cox Communications et Charter Communications. Mais le français pourrait être à la chasse de plus gros poissons, qui le feraient passer dans la cour des grands et crédibiliseraient son offre aussi bien auprès des autorités que de la maison-mère. Deutsche Telekom souhaite conserver moins de 10% de T-Mobile US et il faudrait ajouter au moins 6 milliards de dollars à l’offre d’Iliad pour que ce critère soit rempli.

Or, hormis les questions financières, les deux géants américains pourraient eux aussi avoir tout intérêt à lorgner sur T-Mobile US. Pour Microsoft, ou même Apple, le but serait de faire pression sur les câblo-opérateurs et d’entretenir la concurrence. De l’avis des analystes, Google serait un candidat encore plus évident car il souhaite remonter la filière et accéder sans restriction aux réseaux. Le groupe a déjà lancé des offres de fibre optique (Google Fiber) et travaille sur des réseaux sans fil par des ballons en haute atmosphère. Mais le meilleur moyen d’y parvenir rapidement serait encore de racheter un actif télécoms.

La stratégie du moteur de recherche se rapproche de celle que semble adopter Vivendi, sous la houlette de Vincent Bolloré. Selon le Figaro, ce dernier ne serait pas si pressé de vendre le brésilien GVT car il ne serait pas partisan d’une sortie complète des télécoms. Il souhaiterait détenir des canaux de distribution de ses contenus médias, et serait ainsi intéressé par une participation au capital de Telefonica. Une logique d’intégration verticale qui est sensée, mais nécessite de lourds investissements. Vivendi a déjà obtenu une confortable enveloppe de 13,5 milliards d’euros pour la cession de SFR et obtiendrait une part dans l’opérateur de télécoms italien s’il vendait GVT. Iliad, qui n’a pas autant de moyens, pourrait de son côté compter sur l’immense trésor de guerre de Google -150 milliards de dollars- pour financer l’essor d’un trouble-fête des télécoms à l’américaine.


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