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La Chine et le Moyen Orient principaux investisseurs en France
La France se porte de mieux en mieux, et devrait attirer de plus en plus d'investissements étrangers, au gré de l'amélioration de sa santé économique et de celle de ses entreprises. Ce matin encore, l'INSEE a publié un indice du climat des affaires en hausse de 2 points pour le mois de novembre, atteignant un record de près de 10 ans, à 111, et les analystes commencent à réviser à la hausse leurs perspectives de croissance, estimant qu'elle pourrait finalement dépasser les 1,7% cette année. C'est dans ce contexte d'accélération de la croissance, entamé en milieu d'année passée, que le pays est parvenu à attirer un flux d'investissements étrangers de 26 milliards d'euros, selon une étude de la Banque de France parue aujourd'hui.
Sur les dix dernières années, les IDE (investissements directs étrangers) en France se sont ainsi élevés à 256 milliards d'euros, soit un peu plus de 1% du PIB généré sur la période, mais les pays investisseurs ont évolué. Ainsi, en 2016, les investissements étrangers sont principalement provenu de la zone euro, tandis que les Etats-Unis ont procédé à des désinvestissements nets pour la seconde année consécutive (de 7 milliards en 2015 et en 2016). Les deux premiers pays investisseurs l'an passé ont été la Finlande (à hauteur de 12 milliards), à la suite de la fusion-acquisition de Nokia avec Alcatel-Lucent, et le Luxembourg (à hauteur de 11 milliards). Selon la BdF, le flux en provenance du Duché illustre en réalité un mécanisme de financement des acquisitions, par lequel le Luxembourg est un lieu d'accueil de structures destinées à prendre en charge l'acquisition d'entreprises dans d'autres pays. Ainsi, le rachat du groupe de prêt-à-porter SMCP par le chinois Shandong Ruyi a été opéré via le Luxembourg.
Mais une analyse des opérations financières entre l'étranger et la France en fonction du pays de contrôle, permet en réalité de souligner que c'est la Chine et Hong Kong d'une part et le Moyen-Orient d'autre part, qui ont été les investisseurs le plus actifs en France l'an dernier. Ainsi, sur la seule année 2016, les flux nets d'investissement en provenance de ces zones ont dépassé les 4 milliards d'euros et le stock en capital qu'ils détiennent en France est estimé à plus de 22 milliards fin 2016, selon la BdF. L'an dernier, la Chine a donc acquis le groupe Sandro Maje Claudie Pierlot, tandis que le groupe de Hong Kong JinJiang a acquis des titres d'AccorHotels, lequel ayant par ailleurs bénéficié d'une augmentation de capital réservée du fonds souverain du Qatar.
Côté sectoriel, les investissements des non résidents ont principalement concerné l'industrie manufacturière, à hauteur de 11 milliards, soit un retour aux niveaux des années 2007 et 2008, et alors que les flux vers l'industrie étaient négatifs depuis lors. Autre élément instructif de cette étude, le fait que les non résidents ont également participé à des levées de fonds importantes vers des "jeunes pousses" : ainsi l'an dernier, les étrangers ont investi à hauteur de 1 milliard dans 14 start up françaises du secteur des nouvelles technologies notamment, nouvelle preuve du dynamisme de la FrenchTech. A titre d'exemple, le fonds américain Access Industries a pris le contrôle du site de streaming musical Deezer, le site de billets de train sur Internet Capitaine Train a été racheté par son homologue Trainline (pour un montant proche de 200 millions d'euros), ou encore la start-up française spécialisée dans les objets connectés Withings a été reprise par Nokia (pour 170 millions d'euros). Et la tendance semble se poursuivre en 2017 puisque l'américain Snapchat a racheté le réseau social géolocalisé Zenly (pour environ 300 millions). Enfin, si les nouvelles technologies françaises ont la cote auprès des étrangers, les financières ont moins le vent en poupe : les non résidents ont procédé à des désinvestissements nets dans les financières l'an passé, à hauteur de 9 milliards d'euros.
De leur côté, les entreprises françaises ont également été très dynamiques du point de vue de leurs investissements à l'étranger l'an dernier, puisque ceux-ci ont atteint 52 milliards d'euros, soit trois fois plus que le point bas de 15 milliards de 2013, et portant à 531 milliards d'euros cumulé les opérations d'investissements directs entre la France et le reste du monde depuis 2006. A noter que ces flux français vers l'étranger ont principalement porté sur l'industrie (pour 16 milliards) et pour deux tiers vers des pays de la zone euro. Et preuve que le Brexit pénalise l'attractivité du pays à l'égard des investisseurs étrangers, la France a désinvesti de la Grande-Bretagne, pour la première fois depuis 2008 (-4 milliards d'euros).
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