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Fusions, Acquisitions / M&A

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Le deal qui rebat les cartes des télécoms en Europe

Vodafone va racheter les réseaux de Liberty Global en Allemagne et en Europe de l’Est pour 18,4 milliards d’euros, et devient ainsi le plus gros câblo-opérateur en Europe. Une opération qui pourrait accélérer la consolidation des télécoms sur le Vieux Continent, si le régulateur n’oppose pas son veto.

Deutsche Telekom, qui est lui-même en pleins pourparlers pour marier Sprint et T-Mobile aux Etats-Unis, s’est pendant ce temps fait doubler sur son marché domestique. Mercredi, le Britannique Vodafone a annoncé qu’il allait racheter les actifs du câblo-opérateur Liberty Global en Allemagne et dans les pays d’Europe de l’Est pour 18,4 milliards d’euros (République Tchèque, Hongrie et Roumanie). De quoi lui permettre de devenir le premier acteur des services de câble et d’accès à haut débit en Europe, avec 54 millions de clients et un réseau touchant 110 millions de foyers. Pour Vittorio Colao, le CEO de Vodafone cette transaction, qui est l’aboutissement d’années de négociations, “va créer le premier champion paneuropéen de la concurrence”, dans un marché qui avait vraiment besoin d’une convergence du secteur. Vodafone, déjà leader du marché en Allemagne, s’offre ainsi le numéro deux du secteur et attend pas moins de 6 milliards d’euros de synergies de coûts et capex de cette opération, ainsi que 1,5 milliard d’euros de revenus.

Liberty Global, le groupe du magnat John Malone, prend de son côté du champ en Allemagne où il a du mal à progresser, mais ne jette pas l’éponge pour autant en Europe et pourrait se concentrer sur les marchés britannique et irlandais, voire accélérer pour atteindre une taille critique. Reste que l’opération doit encore passer les fourches caudines du régulateur allemand et européen, alors que l’UE avait bloqué l’union entre Three et O2 en Grande-Bretagne en 2016, qui devait ramener le marché à trois acteurs. Le deal a lui-même été qualifié d’ « inacceptable » par le CEO de Deutsche Telekom, qui juge qu’il consiste à recréer un monopole dans le pays. Mais Vodafone argue qu’il répond aux exigences d’investissement dans le réseau. “L’UE a toujours exprimé le besoin de concurrents cross-border dans les télécoms. Il s’agit de la première et plus grosse création de ce type, dans le fixe et le mobile ».

Quoi qu’il en soit, ce deal repose la question de la consolidation des télécoms de manière prégnante, alors que Vincent Bolloré vient de perdre le contrôle du board de Telecom Italia et voit se compliquer son ambition de créer un géant intégré des télécoms en Europe, qui réponde à l’essor rapide de l’américain Netflix. Le marché européen reste très éclaté, avec pas moins de 100 opérateurs, mais malgré les rumeurs régulières, les sources d’une consolidation ne s’étaient pas encore matérialisées. Avant même la décision du régulateur, les quatre acteurs français vont devoir réfléchir à leur avenir, et à la manière de continuer à investir dans le haut débit sans brûler tout leur cash. Les alliances semblent inéluctables, à l’échelle européenne pour tenir tête aux mastodontes américains.

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