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L'image de la France s'améliore auprès des investisseurs étrangers

La France redevient attractive auprès des étrangers avec une hausse des IDE de 30%, selon un baromètre Ernst and Young. De profondes réformes notamment en terme de fiscalité et de simplification devront cependant être réalisées afin de révéler le potentiel de l'Hexagone.
Arc de Triomphe -Paris - France
Arc de Triomphe -Paris - France

Un temps délaissée par les investisseurs étrangers en raison de son retard en matière de compétitivité par rapport aux autres pays de l'UE, la France a de nouveau la cote. Selon le baromètre annuel d'Ernst and Young sur l'attractivité de l'Hexagone, le pays a ainsi accueilli 779 projets étrangers l'an dernier, soit une hausse de 30% du nombre d'IDE (investissements directs étrangers) par rapport à 2015 et la plus forte progression parmi les trois principaux pays européens en tête de la course pour les investissements. La France reste tout de même en troisième position en termes de nombre de projets, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne, qui ont respectivement emporté 1.144 et 1.063 projets l'an passé. "Les chiffres français s'inscrivent dans un effet de rattrapage après quelques années très difficiles entre 2011 et 2015, où 'l'offre France' ne correspondait plus à ce que voulaient les investisseurs étrangers", explique ainsi Marc Lhermitte, associé chez EY.

Mais selon lui, l'image de l'Hexagone est revenue à la normale expliquant le surcroit de projets l'an passé, notamment grâce à l'initiation de plusieurs réformes, dont la loi Travail, et un effet "sympathie" auprès de la France, touchée par les attentats. Autre facteur important, le pacte de compétitivité qui a rassuré les investisseurs étrangers sur la capacité de la France à se réformer. "Les dirigeants ont réagi assez rapidement à l'encouragement représenté par le CICE, décidé en 2014 mais dont la mise en oeuvre a commencé en 2016", poursuit l'associé. Du coup, 80% des investisseurs interrogés se sont déclarés très satisfaits ou plutôt satisfaits "du site France", alors que ce niveau était tombé à 64% et 62% en 2013 et 2014. 

L'image de l'Hexagone s'est également améliorée grâce à une stratégie de promotion plus efficace de la part des autorités et organes chargés de vanter les mérites du pays à l'étranger. "Le marketing de la France s'est organisé et a été fait de manière beaucoup plus professionnelle", souligne Marc Lhermitte, les entrepreneurs ayant par ailleurs pris conscience que le "french bashing" n'était pas efficace, selon lui. 61% des dirigeants non implantés en France ont ainsi répondu que la France mettait en oeuvre une politique de promotion de ses atouts efficace à l'international, contre 48% d'entre eux seulement l'année précédente.

Mais l'amélioration de l'attractivité française n'a pas seulement résulté d'une meilleure "stratégie de vente" du pays de la part de ses représentants. Le baromètre souligne ainsi un ensemble de domaines en forte progression, où la France est à la pointe. C'est le cas notamment du secteur de la logistique ou encore des fonctions tertiaires et commerciales. Le nombre de projets logistiques a ainsi grimpé de 31% en 2016 avec parmi les investissements phares, deux projets d'implantation d'UPS à Lyon et Evry  ou encore 7 plans d'investissements de la part d'Amazon. Côté commercial, le baromètre cite notamment le groupe allemand de fabrication de matériel agricole Krone qui s'est doté d'une entité de distribution en France

L'enquête souligne également que l'Hexagone est désormais reconnu pour sa R&D, citée en premier lieu par les investisseurs parmi les atouts du pays, qui  a accueilli 51 projets de centres de R&D l'an passé. Autre facteur qui a permis de booster l'image du pays de Voltaire, le paysage des French Tech : ainsi, la France a concentré 20% des montants levés en Europe en 2016, contre 13% en 2015 et 58% des dirigeants internationaux interrogés ont reconnu l'efficacité des politiques de soutien en faveur des start-ups menées par le pays. Soit une progression de 14 points par rapport à 2015. 

Il reste que la France a encore du pain sur la planche, si elle veut pouvoir doubler ou simplement atteindre le nombre d'IDE de ses voisines allemande et britannique. "Les dirigeants interrogés ont reconnu que la France était dans une bonne dynamique, tout en estimant que des efforts de simplification étaient encore nécessaires", commente ainsi Marc Lhermitte. Le critère le plus important et cité par 55% des décideurs étrangers pour renforcer l'attractivité du pays est ainsi "l'amélioration de la compétitivité fiscale", suivi par "la simplification administrative pour les entreprises" (pour 46% des investisseurs). 

Sans surprise, la réforme du droit du travail et la réduction du coût du travail sont enfin les deux autres facteurs qui permettraient à la France d'attirer encore davantage de projets : le baromètre montre ainsi que la création d'emplois par les IDE est bien moins importante que dans les autres pays, notamment par rapport à ses concurrents à plus bas coût. Ainsi, les IDE n'ont permis de créer que 22 emplois par projet, contre 38 au Royaume-Uni ou 86 en Pologne. Certes, ce ratio est un peu plus faible en Allemagne, où il n'atteint que 19 postes par projet, mais la France reste en dessous de la moyenne européenne, située à 44 emplois. 

L'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, qui a promis de nombreuses réformes en faveur des entreprises, et notamment la fameuse réforme du droit du travail, a certainement contribué à rassurer les investisseurs, interrogés en pleine campagne présidentielle. Mais il faudra désormais concrétiser ces annonces dans des lois, pour convaincre les investisseurs étrangers de poser leurs valises dans l'Hexagone. Car s'ils se sont montrés plutôt optimistes selon le baromètre EY,  leurs intentions d'investissements ont toutefois légèrement fléchi : 89% des dirigeants qui ne sont pas encore implantés en France ont répondu qu'ils n'envisageaient pas d'y installer des activités. La tâche du nouveau président est donc immense pour parvenir à inverser la vapeur et attirer dans l'Hexagone toujours plus de projets étrangers. 

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