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Private equity: les gérants européens ont de l'appétit 

Après une bonne année 2014, de grands noms du private equity européen sont en train de lever leurs prochains fonds, à l'instar de LBO France et PAI Partners. Face à des investisseurs plus exigeants, ils doivent multiplier les innovations.
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L'année 2014 aura été un beau millésime en termes de levées de fonds dans le private equity. Selon Preqin, 227 sociétés de gestion ont collecté 103,6 milliards d'euros au 18 décembre dernier, soit un record depuis 2008, lorsque 395 fonds avaient amassé 111,7 milliards d'euros. De quoi nourrir les ambitions des acteurs européens de la classe d'actifs, qu'ils commencent leurs roadshows ou n'aient pas encore bouclé leurs enveloppes. 

Parmi ceux-là figure notamment PAI Partners, qui est un des plus gourmands en Europe puisqu'il vise un véhicule similaire au dernier, d'un montant de 2,7 milliards d'euros. Pour rappel, ce dernier avait été réduit de moitié lorsque le départ des deux dirigeants, Dominique Mégret et Bertrand Meunier, avait entraîné l'activation de la "keyman clause". Mais le fonds emmené par Lionel Zinsou qui a multiplié les réussites depuis, a déjà bouclé un premier closing à 1,4 milliard d'euros il y a un an et poursuit donc sur cette voie.

Autre acteur français d'envergure, LBO France est également sur la route depuis 18 mois maintenant pour lever son prochain fonds White Knight IX dédié au midmarket, et pour lequel il vise un milliard d'euros. Le fonds dirigé par Robert Daussun a certes accusé des revers dans son septième fonds, notamment avec le write-down de 50% de sa mise sur Terreal et les restructurations de Consolis. Mais il a enchaîné les sorties à succès l'an passé, avec les cessions de Medi-Parternaires à Medipole Sud Santé, Poult à Qualium et Bridgepoint, et enfin Labeyrie à PAI Partners. Des retours satisfaisants et des distributions juteuses pour ses Limited Partners, qui seront incités à remettre de l'argent dans le prochain véhicule.

A l'échelle européenne, EQT Partners a vu les choses en grand puisqu'il devrait commencer la commercialisation d'un fonds large cap de 5 milliards d'euros. Montagu Private Equity a également pour ambition de démarrer la levée d'un véhicule de 2,75 milliards d'euros en début d'année.

Par ailleurs, Equistone Partners est de son côté en cours de collecte, et pourrait annoncer un premier closing au premier trimestre, pour un fonds qui pourrait atteindre 1,75 milliard d'euros. Charterhouse Capital Partners est lui aussi en train de discuter avec ses investisseurs pour constituer une enveloppe de 3 milliards d'euros.

Les roadshows de gérants européens sont certes nombreux, mais la demande est là: selon le baromètre Coller Capital, 40% des Limited Partenrs envisagent d'augmenter leur allocation à la classe d'actifs dans les 12 prochains mois. Ces derniers ont néanmoins des besoins plus précis. Certains favorisent la diversification, et s'exposent à la dette alternative ou aux infrastructures, d'autres veulent des véhicules personnalisés ou réclament des co-investissements. De manière générale, ils réclament plus de concessions sur les commissions et cherchent à réduire les relations qu'ils entretiennent avec des gérants afin d'optimiser leurs coûts. Avec cette logique, nul doute que la frontière entre gagnants et perdants dans le private equity européen devrait être encore plus prégnante en 2015.


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