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En avalant WhiteWave, Danone double sa présence aux US et éloigne une OPA inamicale
Il n’y a pas qu’Air Liquide à faire ses emplettes aux Etats-Unis. Vu le contexte géopolitique et les perspectives de croissance des différents continents, le pays de l’Oncle Sam semble, effectivement, un terrain de prédilection pour qui veut étendre ses parts de marchés. Constat que fait Danone, conseillé ici par Lazard, en annonçant l’acquisition pour 12,5 milliards de dollars de WhiteWave.
La réalisation de l'opération, approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux sociétés, est prévue avant la fin de l'année, après obtention notamment de l'autorisation de l'assemblée générale des actionnaires de WhiteWave et des autorités de la concurrence compétentes. Elle permettra surtout au Français de doubler de taille sur le sol américain et de croître significativement sur le segment du bio. WhiteWave, dont le chiffre d'affaires a atteint 4 milliards de dollars en 2015, est présent dans l'alimentation en Europe et en Amérique du Nord sur des catégories en forte croissance telles que les produits laitiers bio, les alternatives végétales au lait et au yaourt, les produits frais et les crèmes pour le café.
Depuis l'introduction en Bourse de la société américaine en 2012, ses ventes ont connu un taux de croissance annuel moyen de 19% et son résultat d'exploitation a doublé avec 5.500 salariés. L’opération, financée par de la dette sera rapidement relutive puisque le groupe anticipe d’ores et déjà une relution de plus de 10% en incluant les synergies attendues, représentant un impact sur le résultat opérationnel d'environ 300 millions de dollars en année pleine à l'horizon 2020.
Ce deal est très intelligent. D’abord parce que vu la faiblesse des taux, il est actuellement coupable de ne pas utiliser le levier de la dette pour saisir des opportunités de croissance externe. D’autant que la cible semble très intéressante stratégiquement pour le Français qui joue à fond la carte du bio, et rentable. Ensuite, le groupe, quoi qu’en disent les professionnels les plus avisés, fait toujours partie des cibles de potentiels raiders étrangers. Or, en grossissant de la sorte, il se met en situation d’être plus « indigeste », puisque plus coûteux. L’action monte d’ailleurs ce matin, ce que recherchaient les promoteurs de l’opération en vue d’accroître la valorisation de l’entreprise. Seule stratégie efficace pour éloigner les importuns puisqu’il serait aventureux de compter sur la bienveillance de la manne publique pour interdire un tel deal.
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