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Brexit : le scénario du pire

Difficile d’anticiper la décision des Britanniques lors du referendum du 23 juin prochain. Mais le risque d’un Brexit est bien réel, et dès lors, mieux vaut être averti de ses conséquences immédiates. Croissance affaiblie, inflation à la hausse, « credit crunch »… Royaume-Uni et UE n’échapperont pas aux turbulences, explique Natixis.
David Cameron
David Cameron

D’ici au 23 juin prochain, les pronostics contradictoires ne manqueront pas de se succéder, avec leur lot d’incertitude et de volatilité. Le week-end dernier, un sondage Opinium annonçait une victoire du Brexit (43%) avec une part d’indécis de… 18%.

Dès lors, autant explorer toute les hypothèses, y compris les pires. C’est le travail qu’a effectué l’équipe de recherche de Natixis, pour qui les principaux risques seront le choc de confiance et la période d’incertitude qui suivra à court terme, voire à moyen terme.

Car un Brexit amènera le Royaume-Uni à renégocier son accès au marché unique, avec des tractations qui pourraient durer au moins 2 ans. Sans compter la redéfinition des accords de libre-échange avec environ 50 Etats, pour ajouter à l’incertitude.

Le secteur des services financiers britanniques serait le plus touché, puisque le marché unique représente 40% de ses exportations. La remise en cause de leur « passeport » d’accès mènerait notamment à de nombreuses relocalisations en Europe, au détriment de la City. Le ralentissement de l’activité s’accompagnerait d’un « credit crunch », soit des difficultés de financement pour les ménages et les entreprises.

Natixis prévoit ainsi une baisse de la croissance britannique à 0,5% en 2017. Le taux de change, déjà sous pression, pourrait quant à lui perdre 15% contre le dollar (à 1,20) en cas de Brexit, et 6% contre l’euro (à 0,85). Ce qui pousserait mécaniquement l’inflation à 1% en 2016, puis 2% en 2017.

De telles conséquences ne laisseront pas les autorités indifférentes. La BoE devrait essayer de calmer le stress financier en abaissant son taux directeur autour de zéro, et en relançant les achats d’actifs. Le gouvernement pourrait renoncer à ses engagements budgétaires, pour amorcer un vaste programme de relance, de quoi creuser le déficit public à 5% du PIB d’ici à 2017.

Si la Zone euro est déjà préservée de l’activité britannique, l’UE subirait un double choc. D’abord, le choc de confiance évoqué ferait tomber son inflation de 0,1 point en 2016 et 2017, tandis que sa croissance perdrait successivement 0,3 et 0,1 point. Mais elle souffrirait surtout d’un choc de crédibilité auprès des investisseurs : sans le Royaume-Uni, l’Union serait moins influente au niveau international, moins libérale économiquement, et moins regardante sur son budget.

Dans un tel contexte, l’impact serait inégal mais sévère sur le marché actions. Les banques britanniques seraient les premières touchées, notamment les plus présentes sur les activités de détail et le secteur immobilier (RBS, Lloyds, Barclays…), actuellement en pleine bulle spéculative. Globalement, Natixis anticipe une baisse de 6% des marchés actions européens, avec un choc à mi-chemin entre la crise de la Zone euro de 2011 et la crise grecque de 2015.

Les banques devraient également souffrir dans le secteur du crédit. Le soutien de la BoE serait en effet inefficace, puisque les établissements bancaires devront se préparer à la mise en place de nouveaux ratios (TLAC/MREL).

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