WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Icade : les dessous du différend entre la CDC et le Crédit Agricole

L'AG d'Icade approche. La Caisse va-t-elle accéder aux voeux de la banque verte d'obtenir 2 postes d'administrateurs supplémentaires ? Il semble que dans ce dossier, Predica n'ait pas apprécié le schéma finalement retenu par Eric Lombard pour sa foncière, malgré le poids accru de la filiale d'assurance. Cette dernière totalise à ce jour près de 5 milliards d'euros d'investissement au sein de toutes les foncières françaises cotées.
Eric Lombard
Eric Lombard

La Caisse des Dépôts et le Crédit Agricole vont-ils signer une paix des braves d’ici à l’assemblée générale d’Icade mercredi prochain ? Pour l’heure, aucune fumée blanche n’est apparue et l’on ne sait toujours pas si la Caisse va accéder aux demandes de la banque verte concernant l’attribution de deux membres supplémentaires au conseil et la nomination d’un administrateur « indépendant » choisi par elle.

Une fois n’est pas coutume, le Crédit Agricole, par la voix de sa filiale d’assurance présente dans toutes les foncières cotées françaises, Predica, a opté pour un mode « musclé » pour se faire entendre. Il faut dire que c’est sans doute la première fois que la division dirigée par Frédéric Thomas ne réussit pas à s’entendre avec le management et les actionnaires de référence de sa participation. Selon des sources très au fait du dossier, le différend serait intervenu au moment de l’arrivée d’Eric Lombard aux manettes de la Caisse, période qui a correspondu au renforcement de Predica au sein d’Icade (qui a repris la participation de Groupama) pour en obtenir 18,5%. A son arrivée, le nouveau patron de la Caisse s’interrogeait sur la position à prendre vis-à-vis de sa foncière. Devait-il la conserver en l’état ou la céder, au besoin en apportant ses différentes composantes à plusieurs acteurs du secteur. C’est cette dernière option qu’aurait préférée la banque banque verte, l’idée de base étant de céder la branche foncière à Foncière des Régions et la promotion à Altarea Cogedim, sociétés dans lesquelles Predica est aussi présente.

Mais après mûre réflexion, le nouvel homme fort de la CDC a finalement préféré garder sa foncière intacte de manière à bien intégrer ses activités. Et c’est là où le Crédit Agricole s’est sans doute senti peu écouté en dépit de sa nouvelle participation.

Pour autant, si l’on regarde précisément le poids de la banque verte au sein de toutes ses participations dans les foncières cotées, on remarque que Predica et le Crédit Agricole ont, tous deux, entre un et deux administrateurs au sein des différents boards, sans que cela n’ait jamais posé problème. La banque dirigée par Philippe Brassac est tout sauf un investisseur activiste. C’est au contraire un actionnaire de très long terme et qui accompagne toujours, ou presque, les projets de développement de ses participations.

Celui-ci aurait-il donc décidé de revoir sa politique au regard d’un poids non négligeable au sein de ces foncières cotées ? Predica totalise en effet près de 5 milliards d’euros d’investissement. A ce tarif, on comprend en effet qu’il ait envie d’avoir son mot à dire, même si c’était quasiment toujours le cas jusqu’à présent.

Bien que la Caisse des Dépôts ait les coudées franches du haut de ses 40% au sein d’Icade, on peut imaginer que sera proposé à Predica un second poste d’administrateur, mais pas plus, l’institution de la rue de Lille paraissant décidée à ne pas lâcher plus. Reste l’image que renvoie ce différend sur le mode de gouvernance de grands groupes cotés. Les organes de conseils en vote (ISS, Glass Lewis et Proxinvest) ont déjà donné leurs conclusions. S’ils sont unanimes pour rejeter les propositions de nomination des membres proposés par la CDC, ils sont plus mitigés sur celles avancées par le Crédit Agricole, chacune des trois personnalités obtenant deux votes contre et un favorable. Pour des raisons diverses, comme la non indépendance de Pierre Marlier qui a très longuement travaillé au sein de la banque verte. A voir maintenant comment chacun va réussir à se sortir par le haut de cette affaire. En attendant, le parcours de l’action Icade sur un an est plutôt flatteur (+15%), pour le plus grand bonheur de tous ses actionnaires.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article