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Fusions, Acquisitions / M&A

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M&A: les US font grimper les multiples d’Ebitda à un plus haut historique

Les deals signés depuis le début de l’année dans le monde font apparaître un multiple moyen de 12,4 fois l’Ebitda, porté par le niveau record des Etats-Unis. La disponibilité de la dette contribue à cette surchauffe, mais cela est-il tenable?
graph hausse bonhommes
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L’annonce faite par Nokia la semaine dernière selon laquelle il mettait la main sur Alcatel-Lucent pour 16 milliards de dollars, soit près de 28 fois l’Ebitda de la cible, traduit l’emballement actuel sur le marché des M&A en matière de valorisation. A tel point que les multiples de résultat opérationnel atteignent de nouveaux records dans le monde, et plus particulièrement aux Etats-Unis. Selon les donnés de Dealogic, le multiple moyen d’Ebitda des fusions-acquisitions mondiales atteint 12,4 fois depuis le début de l’année, soit un record historique qui dépasse les 12,1 fois de l’an passé.

Mais si les rapprochements se portent bien dans toutes les régions du monde, les Etats-Unis sont clairement en tête du côté des primes de contrôle. Le multiple des opérations atteint 16,5 fois l’Ebitda cette année, bien au-dessus des 13,3 fois de 2014, un niveau qui a clairement influencé les données mondiales étant donné le poids du pays dans le marché des M&A. En Europe, les deals se bouclent en moyenne à 12,1 fois l’Ebitda selon Dealogic, ce qui reste moins élevé que l’an passé (12,3 fois) et surtout au pic de marché, en 2007 (12,6 fois).

Aux Etats-Unis, certains méga deals signés en 2015 ont en particulier donné lieu à des multiples particulièrement généreux, afin de participer à la consolidation du secteur. L’alliance de plus de 45 milliards de dollars entre Kraft Foods et Heinz pour créer le cinquième groupe alimentaire mondial s’est ainsi bouclée sur un multiple de 22,3 fois l’Ebitda, selon Dealogic. La santé, deuxième secteur le plus onéreux après l’immobilier, à 15,5 fois l’Ebitda en moyenne, a aussi été portée par de très grosses opérations comme le rachat de Perrigo par le laboratoire néerlandais Mylan pour 30 milliards de dollars (38,7 fois l’Ebitda) ou encore celui d’Hospira par Pfizer pour 17 milliards de dollars (36,6 fois). Les télécoms sont ensuite le secteur le mieux valorisé (15,3 fois l’Ebita en moyenne), comme cela s’est caractérisé dans la reprise de Freescale par NXP Semiconductors pour plus de 16 milliards de dollars, sur un multiple de 21,4 fois l’Ebitda.

Les acquéreurs ne rechignent pas à la dépense pour formuler leurs offres de reprise : la prime moyenne est de 24% sur le cours de la dernière semaine, toujours selon Dealogic. De l’avis de nombreux spécialistes de marché, cela est lié à la disponibilité du financement grâce à des taux encore au plus bas et au quantitative easing de la BCE. Ces conditions optimales permettent de faire baisser le point mort de rentabilité des deals et de renforcer les estimations de relution.

Ces niveaux de valorisation peuvent-ils durer ou sommes-nous à l’orée d’une nouvelle crise de financement ? Les marchés actions sont globalement supérieurs à leurs moyennes de long terme et aux Etats-Unis, les acteurs profitent sans aucun doute de ce contexte pour boucler leurs opérations transformantes avant la première hausse des taux de la Fed, en juin ou en septembre. En Europe, le spectre de la Grèce ressurgit et pourrait être une nouvelle cause exogène de perturbation des marchés, et donc des M&A. Enfin, la Chine se mobilise pour booster une croissance qui s’essouffle, ce qui pourrait inquiéter les acteurs globaux sur le véritable potentiel de la reprise mondiale.


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